
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a affirmé, lundi dernier, que le projet du nouveau code de la route, présenté dimanche dernier en Conseil des ministres, s’inscrivait pleinement dans la feuille de route tracée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dont l’objectif majeur est de réduire de manière durable les accidents de la route et de renforcer la discipline au volant.
Invité du Forum de la Radio nationale, M. Boudjemaa a précisé que le texte en question prévoit « une série de mesures rigoureuses, conformément à la feuille de route tracée par le président de la République, l’objectif étant de réduire les accidents de la route ». Selon lui, cette révision du code ne vise pas uniquement à durcir les sanctions, mais aussi à instaurer une approche globale reposant sur la prévention, la responsabilité civique et la modernisation du contrôle routier, notamment par le biais de la numérisation et de la coordination entre les institutions concernées. Le ministre a par ailleurs évoqué « l’arsenal juridique rigoureux de lutte contre les bandes de quartier », soulignant que cette bataille ne saurait être gagnée sans « l’adhésion de la société à cette démarche, en accompagnant les services de sécurité et de la Gendarmerie nationale, par le signalement ». L’implication citoyenne, a-t-il insisté, demeure la clé de la stabilité et de la protection des espaces publics face aux comportements déviants qui menacent la cohésion sociale.
Un renforcement du pouvoir judiciaire
Abordant la réforme du statut de la magistrature, Lotfi Boudjemaa a insisté sur le fait que ce texte « renforcera le pouvoir judiciaire, en définissant les droits et les devoirs, et consacrera la sécurité matérielle et juridique du magistrat, afin qu’il puisse accomplir sa mission conformément à la loi et être à l’abri de tout soupçon ».
Cette réforme structurelle vise à moderniser le corps judiciaire, en renforçant son indépendance et en le mettant à l’abri de toute interférence. Le ministre a également annoncé qu’il sera procédé prochainement à la révision du système des pôles judiciaires, afin « d’adopter un modèle conforme aux exigences du système judiciaire ». Cette refonte permettra une meilleure répartition des compétences et une gestion plus efficace des dossiers complexes, notamment ceux liés à la corruption, à la criminalité économique et à la cybercriminalité.
Dans le même sillage, M. Boudjemaa a évoqué les avancées de la numérisation du secteur de la justice, un chantier stratégique lancé depuis plusieurs années. Il a souligné que le ministère s’attelait à parachever ce processus, destiné à fluidifier les procédures, à garantir la transparence et à réduire les délais de traitement des affaires.
L’introduction de plateformes numériques permettra notamment une meilleure traçabilité des décisions judiciaires, un accès plus rapide aux données juridiques et une simplification des démarches pour les citoyens et les avocats.
La récupération des fonds détournés
Interrogé sur la question de la récupération des fonds détournés, le ministre a rappelé que cette mission restait « l’une des priorités du président de la République, du gouvernement et de la justice », réaffirmant que l’Algérie « poursuivra ses démarches judiciaires et diplomatiques pour récupérer ces fonds et n’y renoncera pas ».
Selon M. Boudjemaa, « les efforts consentis dans ce cadre ont permis de récupérer la totalité des fonds et biens se trouvant à l’intérieur du pays », précisant que « les usines et les infrastructures inaugurées récemment étaient le fruit de tous ces efforts ». En ce qui concerne les avoirs transférés à l’étranger, il a indiqué que l’Algérie « a recouru à tous les moyens judiciaires, notamment les commissions rogatoires et les demandes d’entraide judiciaire, ce qui a permis d’obtenir de bons résultats grâce à la coopération de plusieurs pays », tout en reconnaissant que « la différence entre notre système judiciaire et les autres systèmes judiciaires est l’une des principales raisons ayant entravé le processus ».
D’ailleurs, le ministre a tenu à saluer les efforts considérables du Pôle pénal économique et financier dans le traitement des dossiers liés à la corruption, estimant que cette institution avait désormais « acquis une grande expérience » dans la gestion de ces affaires sensibles et complexes.
Il a ajouté que le nouveau code de procédure pénale a introduit des dispositions innovantes qui « consacrent la sécurité juridique, ainsi que la protection des entreprises économiques et des gestionnaires et ce, en s’appuyant sur des mécanismes alternatifs permettant de préserver les outils de production et les postes d’emploi à travers le règlement des créances en contrepartie du report des poursuites judiciaires ».
Cette approche équilibrée, a-t-il souligné, traduit la volonté de l’État de combattre la corruption sans fragiliser l’économie nationale, tout en préservant la confiance des investisseurs et la stabilité des institutions économiques.
À travers ces différentes réformes — qu’il s’agisse du nouveau code de la route, de la consolidation du pouvoir judiciaire ou de la récupération des fonds détournés — le ministre de la Justice inscrit l’action de son département dans une vision cohérente et intégrée de la réforme de l’État.
L’objectif est clair : instaurer un système judiciaire solide, transparent et moderne, capable de garantir la justice sociale, la sécurité juridique et la responsabilité à tous les niveaux.
G. Salah Eddine
