Alger 2030 : Une capitale en renaissance

Les quatre piliers de la «nouvelle capitale » esquissent aujourd’hui l’un des projets les plus structurants de la décennie pour l’Algérie. Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présenté un plan d’ensemble d’une rare ambition, décrivant une transformation urbaine et institutionnelle sans précédent pour Alger, appelée à devenir non seulement le cœur politique et administratif du pays, mais également le miroir de sa modernité, de son civisme et de sa durabilité.

Cette métamorphose, a-t-il souligné, repose sur une vision intégrée où les institutions locales, les citoyens et les infrastructures s’unissent pour bâtir une capitale à la fois performante, propre, fluide et sécurisée — quatre dimensions qui incarnent les nouveaux fondements d’une gouvernance urbaine éclairée.

Le premier pilier, celui de la gouvernance locale et de la réforme administrative, constitue le socle de cette mutation. Le ministre a insisté sur la nécessité d’un fonctionnement plus agile des administrations locales, d’une simplification des procédures et d’une présence accrue sur le terrain, rompant avec les pratiques de gestion centralisées et lourdes qui ont longtemps freiné la réactivité des institutions. Alger, a-t-il rappelé, doit devenir un modèle d’administration moderne, capable d’anticiper les besoins de ses citoyens, d’agir en temps réel et de faire de la proximité un principe cardinal de l’action publique.
Cette refonte vise à rapprocher le citoyen de l’État, à restaurer la confiance dans les institutions locales et à faire de la capitale un laboratoire d’innovation administrative et de gestion intelligente.

Le deuxième pilier, celui du civisme et de la propreté urbaine, illustre le changement culturel et symbolique qu’incarne la « nouvelle capitale ». Pour Sayoud, la propreté n’est pas un simple enjeu d’entretien : elle est devenue une valeur citoyenne, un indicateur du niveau de vie et un marqueur d’identité urbaine. Alger a été décrite comme un « modèle réussi de mobilisation collective et d’incarnation de la conscience écologique », fruit d’un effort concerté entre institutions, associations et habitants.
La wilaya d’Alger s’impose aujourd’hui comme un terrain d’expérimentation pour ancrer la culture de la propreté comme une pratique quotidienne et partagée, où chaque geste d’entretien devient un acte civique. L’objectif est d’inscrire durablement la notion de « citoyenneté écologique » dans le comportement collectif, en reliant la propreté des rues à la dignité des habitants et à l’image d’une capitale moderne, civilisée et ouverte sur le monde.

Le troisième pilier repose sur la sécurité et la stabilité, valeurs cardinales de la cohésion nationale. Sayoud a rappelé que la wilaya d’Alger, de par sa position géographique et politique, demeure une «priorité nationale » pour la sécurité et la stabilité du pays. Il a salué les efforts constants de l’Armée nationale populaire et des différents corps de sécurité dans la protection des citoyens, des biens et des infrastructures stratégiques.
Le ministre a également mis en lumière la contribution du civisme à cette stabilité, insistant sur la « prise de conscience » croissante des citoyens face à leur rôle dans la préservation de la paix sociale et dans la consolidation d’un climat propice à l’investissement, au tourisme et à la vie urbaine. La sécurité n’est plus perçue comme une simple responsabilité de l’État, mais comme un pacte partagé entre institutions et société civile.

Le quatrième pilier, enfin, est celui de la mobilité et des grands projets structurants. Le ministre a réaffirmé que la fluidité des déplacements constitue la pierre angulaire de la qualité de vie dans la capitale.
Le vaste programme de modernisation du réseau de transport vise à remodeler en profondeur le visage d’Alger à travers l’extension du métro, la mise en service de nouvelles stations, la réalisation de tunnels et d’ouvrages souterrains pour désengorger les grands axes et l’amélioration du maillage entre les communes périphériques et le centre-ville. Cette vision s’inscrit dans un cadre plus large, celui des plans blanc, jaune, bleu et vert, symbolisant la complémentarité entre les dimensions urbaine, environnementale, culturelle et économique du développement de la capitale.
Le ministre a particulièrement insisté sur la revitalisation de la façade maritime d’Alger, un projet emblématique qui ambitionne de reconnecter la ville à sa mer par la création de promenades, d’espaces de détente et de zones culturelles, faisant du littoral un pôle d’attractivité et de vie sociale. À cela s’ajoute la revalorisation du site de Riadh El Feth, qui retrouvera sa vocation de cœur culturel et touristique d’Alger, un espace rénové, vivant et animé, capable d’attirer visiteurs, artistes et investisseurs.
Parmi les projets les plus symboliques figure également la transformation du parc zoologique et botanique de Ben Aknoun, appelé à devenir un modèle de parc moderne conjuguant nature, divertissement et apprentissage. Ce projet prévoit la création d’un « parc safari » unique en Afrique du Nord, avec treize enclos pour les espèces animales, un tunnel vitré immersif, le grand bassin « Aquabird » pour les oiseaux aquatiques, un centre équestre, ainsi que la réhabilitation des hôtels Moncada et Le Mouflon d’Or, qui seront intégrés dans une nouvelle dynamique de tourisme vert. La mobilité interne du parc sera assurée par une voie ferrée de six kilomètres et des aménagements accessibles à tous, confirmant la vocation inclusive de la «nouvelle capitale ».
Le ministre a également évoqué la relance du projet Dounia Parc, qui s’inscrit dans ce même mouvement de reconquête des espaces urbains, de réhabilitation du patrimoine naturel et de valorisation des loisirs citoyens. Tous ces chantiers, a-t-il rappelé, s’inscrivent dans une stratégie à long terme, inscrite dans les horizons 2030 et 2040, où Alger doit devenir un modèle régional de ville durable, intelligente et résiliente.
Le discours de Saïd Sayoud marque un tournant décisif dans la conception même de la capitale. Alger n’est plus pensée comme une simple métropole administrative, mais comme un organisme vivant, en constante évolution, où la propreté, la sécurité, la mobilité et la qualité des services ne sont pas des domaines isolés, mais les quatre piliers d’un même projet global. Cette vision, résolument moderne et tournée vers l’avenir, fait de la capitale un symbole de la renaissance urbaine et du renouveau national, une ville qui incarne la fierté, la stabilité et l’intelligence collective d’une nation en mouvement.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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