
La sécurité alimentaire s’impose de plus en plus comme un facteur déterminant de la stabilité politique et sociale en Afrique. Dans ce contexte, une réunion consultative du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, présidée par la République arabe d’Égypte, s’est tenue mardi dernier, réunissant les États membres de l’organisation continentale, ainsi que des représentants d’agences onusiennes basées à Rome, notamment l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Programme alimentaire mondial et le Fonds international de développement agricole. Cette rencontre stratégique s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des pressions sur les systèmes alimentaires africains. Au cours de cette réunion, les Etats membres ont mis l’accent sur les défis croissants auxquels l’Afrique est confrontée et qui ont un impact direct sur la sécurité alimentaire, y compris les conflits armés, le changement climatique, la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, ainsi que l’instabilité géopolitique. Face à ces enjeux multidimensionnels, les discussions ont mis en évidence la nécessité d’une réponse coordonnée et durable. La réunion a été également l’occasion d’explorer les moyens de renforcer la coordination et la coopération entre les agences des Nations unies et l’UA afin de contribuer à la consolidation de la résilience des systèmes de production alimentaire, d’intégrer les indicateurs de la sécurité alimentaire dans les mécanismes d’alerte précoce et la diplomatie préventive, de soutenir les sociétés touchées par les conflits et la sécheresse, de promouvoir l’agriculture durable et résiliente face au changement du climat et de protéger les catégories vulnérables contre l’impact de la hausse des prix. Dans ce contexte, l’ambassadeur d’Algérie et son représentant permanent auprès de l’Union africaine, Mohamed Khaled, a souligné, dans une allocution, que la sécurité alimentaire constitue un pilier fondamental pour l’instauration de la stabilité et de la paix dans le continent africain, saluant les efforts déployés par les autorités algériennes pour garantir la sécurité alimentaire nationale, tout en insistant sur la nécessité de renforcer la souveraineté africaine et de soutenir une agriculture durable et résiliente au climat. Le diplomate algérien a également mis l’accent sur la priorité accordée au renforcement de la coopération entre l’UA et les agences des Nations unies basées à Rome, à travers l’organisation de réunions consultatives semestrielles et l’élaboration d’un plan d’action visant à consolider la coopération institutionnelle pour l’édification de systèmes alimentaires inclusifs et résilients, au service de la paix et de la sécurité dans le continent.
Cette réunion consultative a été sanctionnée par une série de recommandations qui seront incluses dans le communiqué que le Conseil publiera à ce sujet. Elle confirme la montée en puissance de la sécurité alimentaire comme levier stratégique majeur, non seulement pour garantir la stabilité sociale, mais aussi pour renforcer la souveraineté et l’autonomie du continent africain face aux mutations globales.
G. S. E.
