
La Faculté des sciences de l’information et de la communication de l’Université d’Alger 3 (ITFC), en collaboration avec l’agence Algérie Presse Service (APS), a organisé lundi dernier à Alger un forum intitulé « La cyberculture dans les médias algériens : vers une sensibilisation cybernétique durable ». L’événement a réuni universitaires, experts et professionnels de l’information autour d’un enjeu désormais central : la sécurisation du contenu médiatique à l’ère numérique..
Intervenant à cette occasion, le responsable de la sécurité des systèmes d’information, M. Ahmed Boumaraf, a souligné « l’importance d’établir une culture de cybersécurité comme fondement essentiel pour assurer la pérennité du message médiatique et maintenir sa crédibilité dans le contexte d’une transformation numérique accélérée ». Il a insisté sur un point qui devrait, en théorie, sembler évident, mais qui ne l’est visiblement pas encore partout : «L’intégration de cette culture dans les organisations médiatiques n’est plus une question de choix, mais un instrument indispensable pour combattre la désinformation et le fléau grandissant des fausses informations.» Et de rappeler que «l’excellence professionnelle des médias ne peut être dissociée de leur sûreté numérique », la cyberculture s’imposant désormais comme « une exigence inévitable pour assurer un panorama médiatique national digne de confiance et protégé ». De son côté, la doyenne de l’ITFC, Malika Atoui, a inscrit cette rencontre dans une logique de rapprochement concret entre le monde académique et les institutions médiatiques. Elle a précisé que ce forum s’inscrit dans le cadre du « partenariat scientifique entre la Faculté des sciences de l’information et de la communication et l’APS, visant à renforcer le lien entre l’université et les institutions médiatiques », contribuant ainsi à « la construction d’un système médiatique capable de s’adapter aux évolutions numériques et de servir le bien public». Dans une intervention plus critique, le Dr Hassan Derrar, de l’École nationale supérieure de management, a rappelé une réalité souvent ignorée : « Les algorithmes des réseaux sociaux et des plateformes ont principalement été élaborés pour générer des profits et accroître les recettes publicitaires et non pas forcément pour véhiculer une information correcte ou favoriser le débat démocratique .» Traduction : l’information n’est pas toujours la priorité… l’engagement, oui.
Sur le terrain des risques concrets, le porte-parole de la DGSN, le commissaire Amine Belkhiri, a tiré la sonnette d’alarme face à «l’augmentation incessante des cas d’arnaques en ligne », appelant les citoyens à « faire preuve d’une grande prudence lors de l’utilisation des divers réseaux sociaux ».
Enfin, le forum s’est prolongé par un atelier pratique consacré à « la validation des informations et l’intelligence artificielle », animé par le journaliste de l’APS Samir Azzoug et supervisé par Dr Dalila Aoufi. Des démonstrations ont permis d’exposer des méthodes concrètes de vérification de l’information à l’aide d’outils d’IA, preuve que la technologie peut aussi servir à corriger ses propres dérives.
En tout cas, visiblement, le secteur médiatique commence à comprendre que, sans cybersécurité, même la vérité peut devenir vulnérable.
Amira Benhizia
