
La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présidé jeudi soir l’ouverture de la 12e édition du Festival international du Samaa soufi au Théâtre régional Moudjahid Belkacem-Fantazi dans une atmosphère mêlant spiritualité, art et célébration culturelle, en présence des autorités locales, ainsi que de nombreux invités nationaux et étrangers.
Dans son allocution d’ouverture, la ministre a affirmé que cette manifestation culturelle et spirituelle représente « une opportunité d’élever les âmes à des niveaux spirituels », mettant en avant la richesse du patrimoine algérien lié au soufisme et aux zaouïas, profondément enracinés dans l’histoire nationale. Selon Malika Bendouda, le Samaa soufi constitue un espace où se rencontrent l’art raffiné, la pureté spirituelle et les nobles valeurs humaines. Elle a souligné que cet art contribue au rapprochement entre les peuples et au renforcement des valeurs de communication humaine à travers les échanges entre mounchids et artistes venus de différentes régions du monde.
La ministre a également évoqué une nouvelle approche engagée par le ministère pour réorganiser les festivals culturels, en leur donnant une dimension économique complémentaire à leur vocation artistique et culturelle. Cette orientation vise à renforcer l’efficacité et la complémentarité des différentes manifestations culturelles organisées à travers le pays. Elle a précisé que cette démarche s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République visant à valoriser l’action culturelle, préserver le patrimoine national et intégrer les ressources culturelles dans la dynamique économique. A cette occasion, la ministre a salué les efforts du wali de Laghouat, Mohamed Benmalek, ainsi que ceux des organisateurs du festival. Elle a également mis en avant le choix du martyr Cheikh Sidi-Moussa Ben El-Hassen El-Derkaoui comme personnalité de cette édition, le présentant comme un symbole conciliant les valeurs du savoir et les exigences du djihad. De son côté, le commissaire du festival, Ahmed Benseghir, a indiqué que cette édition, qui se poursuivra jusqu’au 18 mai, accueille Egypte comme invitée d’honneur, en hommage aux liens historiques et spirituels unissant les deux pays. Le thème choisi cette année est : « Le Samaa soufi… mélodies du goût et de la gratitude, et significations de la sublimité et de la foi ». Le responsable a également expliqué que le logo officiel du festival s’inspire du patrimoine de la région de Laghouat. Il intègre notamment l’image du cheikh Sidi Moussa Benhassan, le symbole de la « Khamsa » représentant la paix et les cinq piliers de l’islam, ainsi qu’un minaret du Caire datant de l’époque mamelouke, en référence au pays invité d’honneur. Les activités du festival se déroulent dans plusieurs espaces culturels de la wilaya, notamment au Théâtre régional Moudjahid Belkacem-Fantazi, à la Maison de la culture Tekhi-Abdallah- Benkeriou, au Centre de recherche en sciences islamiques et civilisations, ainsi qu’à l’Institut régional de formation musicale. Le programme comprend des soirées artistiques, des colloques scientifiques, des ateliers de formation, des expositions d’artisanat traditionnel, ainsi que des circuits touristiques vers Aïn Madhi et les ksour du M’Zab. Selon les organisateurs, près de 350 participants prennent part à cette édition, dont 105 invités étrangers représentant 21 pays, parmi lesquels la Libye, la Tunisie, la Palestine, la Turquie, l’Albanie, l’Espagne, l’Italie et l’Estonie. Plus de 15.000 visiteurs sont attendus durant cette manifestation spirituelle et culturelle.
Au-delà des chants et des rencontres artistiques, cette édition du Samaa soufi confirme surtout la place grandissante de la culture spirituelle dans le rayonnement culturel de l’Algérie, en transformant Laghouat en un véritable carrefour où patrimoine, dialogue entre peuples et ouverture internationale se rejoignent le temps d’un festival.
Cheklat Meriem
