
Les manuscrits algériens constituent un patrimoine d’une valeur scientifique et historique exceptionnelle, reflétant la profondeur civilisationnelle de l’Algérie, ainsi que sa contribution au développement des sciences et du savoir dans les mondes arabe et musulman. C’est ce qu’ont souligné, lundi dernier à Alger, les participants au Colloque international sur le patrimoine manuscrit, organisé sous le thème « Les routes de l’encre en Algérie : civilisation et patrimoine ».
Accueillie au Centre international des conférences (CIC) Abdelatif-Rahal sous le haut patronage du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, cette rencontre a réuni des chercheurs et spécialistes venus de plusieurs pays arabes pour débattre de l’importance de la préservation, de l’étude et de la valorisation du patrimoine manuscrit algérien.
Dans son intervention, le chercheur égyptien Madian Hamed Abdelhadi a mis en avant l’immense richesse culturelle de l’Algérie, estimant que le pays possède un patrimoine humain considérable englobant aussi bien les sciences islamiques que les sciences expérimentales. Il a salué les efforts déployés par les institutions algériennes, notamment la Bibliothèque nationale, dans les domaines de la restauration, de la conservation et de la protection des manuscrits, considérés comme une composante essentielle de l’identité arabo-musulmane. Le chercheur a également mis en exergue le rôle joué par l’Algérie dans la promotion des études consacrées aux manuscrits à travers l’organisation régulière de colloques internationaux spécialisés permettant aux chercheurs d’échanger leurs expériences et leurs travaux.
De son côté, l’universitaire tunisien Ali Alaimi s’est intéressé aux manuscrits algériens conservés en Tunisie. Selon lui, plus d’un millier de manuscrits rares y sont préservés, couvrant des domaines variés tels que l’astronomie, la médecine et les sciences islamiques. Ces documents témoignent, a-t-il affirmé, de la richesse intellectuelle des oulémas algériens et de leur apport majeur à la production scientifique dans la région.
Il a rappelé que ces manuscrits ont longtemps constitué une source de référence et d’étude au sein de la Mosquée Zitouna, ainsi que dans plusieurs zaouïas tunisiennes. Cette présence illustre l’influence du savoir algérien bien au-delà des frontières nationales, s’étendant à l’ensemble du Maghreb et à d’autres espaces du monde musulman.
Pour sa part, le chercheur palestinien Ibrahim Bajis Abdelmadjid Al-Maqdisi a évoqué les manuscrits scientifiques rédigés par des savants algériens et conservés aujourd’hui dans des bibliothèques et centres religieux à travers le monde, notamment à La Mecque et à Al-Qods. Auteur de l’ouvrage Histoire des Algériens à Al-Qods et en Palestine, il a souligné que les oulémas algériens ont largement contribué à la diffusion du savoir dans les pays arabes, laissant derrière eux un héritage intellectuel et civilisationnel de grande importance.
Le chercheur a appelé à intensifier les efforts d’inventaire, de documentation et de numérisation de ce patrimoine afin de faciliter son accès aux universitaires et aux chercheurs, tout en garantissant sa transmission aux générations futures.
Dans le même contexte, le chercheur égyptien Hassan Abid a insisté sur l’importance de cette rencontre scientifique pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine manuscrit. Il a particulièrement souligné la nécessité d’approfondir les recherches sur les manuscrits scientifiques traitant de disciplines telles que la physique, la chimie et l’astronomie, estimant qu’ils renferment un immense potentiel de connaissances encore insuffisamment exploré.
Le programme a prévu également des séances consacrées à l’histoire de la production manuscrite en Algérie et à l’inventaire des collections conservées dans les bibliothèques, avec pour objectif de renforcer les mécanismes de protection de ce patrimoine contre les risques de disparition et de dégradation.
Cheklat Meriem
