Par Kheireddine B.
Au cours des onze premiers mois de l’année 2023, l’Agence nationale des ressources hydrauliques (ANRH) a joué un rôle crucial en délivrant plus de 13 000 avis favorables pour le forage de puits à travers le territoire national.

Ces forages, principalement destinés à l’irrigation agricole et à l’usage industriel, ont été initiés en attente des autorisations définitives délivrées par les wilayas concernées, a affirmé le Directeur de cette instance, Hocine Ben Moufouk, qui a souligné l’importance de ces puits comme alternative pour faire face à la pénurie d’eau.
En effet, dans une déclaration à l’APS, M. Ben Moufouk a indiqué que, durant la période allant du 1er janvier au 30 novembre 2023, 13 501 dossiers ont obtenu un avis favorable pour l’autorisation de forage de puits, sur un total de 18 000 dossiers examinés. Ces approbations ont été accordées après une vérification minutieuse de la disponibilité des ressources hydrauliques nécessaires dans la région à exploiter. Les dossiers restants ont été rejetés soit en raison de l’insuffisance de ressources hydriques, soit dans le souci de préserver les zones protégées.
Par ailleurs, depuis la création du guichet unique à la fin de l’année 2021, regroupant l’ANRH, l’Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau (Agire) ainsi que des représentants des secteurs de l’environnement, de l’agriculture, du développement rural et de l’irrigation, plus de 60 000 dossiers ont été validés. Ce guichet unique, responsable de l’examen et de l’évaluation préalable des dossiers, transmet ensuite les dossiers validés aux wilayas concernées qui délivreront les autorisations définitives de forage dans un délai d’un mois. Cette démarche vise à simplifier et accélérer le processus d’obtention des autorisations, tout en assurant une gestion équilibrée des ressources hydrauliques à l’échelle nationale.
Le responsable a, en outre, mis en avant l’importance de ces puits en tant que “stratégie alternative face aux ressources hydrauliques limitées et à la pénurie d’eau”, rappelant le recensement général “toujours en cours” de tous les puits à l’échelle nationale.
Selon M. Ben Moufouk, cette opération permettra “une meilleure maîtrise sur cette ressource et d’avoir une vision claire des quantités exploitées annuellement, tout en mettant en place un plan efficace pour une exploitation rationnelle à même d’assurer son renouvellement et sa préservation pour les générations futures”.
En ce qui concerne les foggaras, classées au patrimoine matériel national en tant que “système traditionnel de partage d’eau dans les oasis des wilayas du Sud-Ouest”, M. Ben Moufouk a fait savoir qu’”il existe au total 2 364 foggaras à travers le pays, qui ont été numérotées afin de les protéger et de les préserver en tant que patrimoine hydraulique”.
11 milliards de mètres cubes d’eau pour la consommation, l’agriculture et l’industrie
En abordant la consommation nationale des ressources en eau, M. Ben Moufouk a dévoilé des chiffres significatifs. Le volume d’eau potable consommé à l’échelle nationale a dépassé les 3 milliards de mètres cubes au cours de la période s’étendant de janvier à novembre 2023, avec une remarquable proportion de 50% provenant de sources souterraines.
Quant à la production nationale de l’eau, estimée à près de 11 milliards de mètres cubes par an, elle se répartit de manière équilibrée. Environ 3,4 milliards de mètres cubes sont dédiés à l’eau potable, 600 millions de mètres cubes sont destinés à un usage industriel, et près de 7 milliards de mètres cubes sont à des fins agricoles, soulignant ainsi l’importance cruciale de l’eau dans ces divers secteurs.
Dans le cadre de la prévention des inondations, le responsable a souligné l’initiation d’études spécifiques pour les zones les plus exposées à de telles catastrophes naturelles, en collaboration étroite avec l’Agence spatiale algérienne (Asal) et l’Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau.
Cette démarche témoigne de l’engagement à anticiper et à gérer efficacement les défis liés aux phénomènes météorologiques extrêmes. Ces études visent “à mesurer le volume des pertes prévisionnelles en cas d’inondations au niveau de ces sites, et en fonction des résultats obtenus, il sera procédé à l’élaboration de cartes à soumettre aux responsables locaux pour l’élaboration du plan urbanistique, l’objectif étant d’éviter de construire au niveau de ces sites grandement exposés à ce risque naturel”.
Les études en question ont concerné 16 wilayas, en attendant leur généralisation progressive, à l’avenir, aux autres sites classés dans la liste des sites extrêmement dangereux, estimés à 856 à l’échelle nationale, selon la même source. L’Agence a procédé également “à l’élaboration d’un cahier de charges, en prévision du lancement des études pour 14 autres sites, prévu début 2024”.
Pour rappel, les réseaux nationaux de mesure hydroclimatique, de contrôle de la qualité des eaux ainsi que des couches d’eaux souterraines, et les sept laboratoires d’analyse d’eau et du sol, ainsi qu’une base de données, relèvent de la tutelle de l’Agire.
Les professionnels de cette agence sont engagés dans divers domaines d’application, notamment les programmes de recensement des ressources hydriques et leur suivi périodique. Ils participent également à la réalisation d’études hydrologiques et hydroclimatiques, à la prospection, à l’exploration, et à l’élaboration de cartes des eaux souterraines, dans le but primordial de préserver ces ressources contre toute forme d’altération.
