Par Chahid Lakeb
L’inertie du Conseil de sécurité de l’ONU a entrainé le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à réitérer, par la voix du représentant permanent de l’Algérie, Ammar Bendjama, lors de la longue réunion du mercredi 31 janvier, sa demande immédiate de cessez-le-feu humanitaire à Ghaza.

L’Algérie nouvelle joue un rôle de plus en plus important sur la scène internationale et la preuve en est sa large élection au Conseil de sécurité de l’ONU pour un mandat de deux ans avec 184 voix sur les 192 États membres de l’organisation.
Cette élection est une étape symbolique au sein des Nations unies et c’est l’occasion pour le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, après une présidence réussie du Sommet de la Ligue arabe, d’être le garant du maintien de la paix et de la sécurité internationales en donnant la priorité au dialogue, au règlement pacifique des crises et au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, dans le but de poursuivre son approche du maintien de la paix et de la sécurité internationales, de l’appui à la coopération internationale et du renforcement du rôle de l’ONU.
Parmi les priorités de l’Algérie dans ce contexte figurent “la promotion de solutions pacifiques aux crises, la consolidation des partenariats, le soutien au rôle des organisations régionales et l’amélioration de l’efficacité de la lutte internationale contre le terrorisme”.
L’Algérie est aujourd’hui à la table des grands et elle compte bien en profiter pour être plus offensive. Pour preuves, les dernières instructions du président Tebboune demandant à la mission permanente de la commission algérienne auprès des Nations unies qu’une réunion du Conseil de sécurité se tienne en extrême urgence afin de donner un effet contraignant à la décision de la Cour internationale de justice sur les mesures imposées l’occupation israélienne. Et la demande expresse du président de la République a été accueillie favorablement. Mercredi 31 janvier, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni pour donner suite à la décision de la CIJ contre Israël. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de par sa décision, atteste du fait qu’il est le premier chef d’Etat à appeler à une saisine massive de la juridiction internationale de la multiplicité des crimes punissables par le droit international humanitaire perpétrés par les forces d’occupation israéliennes à Ghaza.
une petite victoire pour le peuple palestinien
Pour information, cette décision de la Cour internationale de justice, basée à La Haye (Pays-Bas), est une petite victoire pour le peuple palestinien, car les États-Unis devraient exercer leur action la plus importante du Conseil de sécurité de l’ONU contre Israël. Et la CIJ a tenu Israël pour responsable de ne pas avoir empêché les actes génocidaires en Palestine, de sorte que la Cour a survécu à sa pertinence en tant qu’organe suprême des voies juridiques mondiales.
Le plus important dans cette décision réside dans le fait que la CIJ soupçonne qu’il existe des preuves plausibles qu’Israël est en train de commettre un génocide contre un peuple. Il ne s’agit donc pas seulement de crimes de guerre ou d’éviter les victimes civiles.
Le plus dur dans cette guerre, c’est que plus de 27 000 Palestiniens, principalement des femmes et des enfants, ont été tués à Ghaza par les bombardements israéliens depuis le 7 octobre 2023 et pas moins de 60 000 personnes auraient été blessées, selon le ministère de la Santé de Ghaza. L’offensive israélienne a laissé 85% de la population de Ghaza déplacée à l’intérieur du pays dans un contexte de graves pénuries de nourriture, d’eau potable et de médicaments, tandis que 60% des infrastructures de l’enclave ont été endommagées ou détruites, selon l’ONU.
Seules cinq des 24 livraisons humanitaires prévues ont été effectuées dans le nord de Ghaza au cours des 11 premiers jours de 2024, a déclaré vendredi dernier le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) dans la bande de Gaza assiégée. Les autorités israéliennes ont rejeté plusieurs livraisons prévues pour reconstituer des médicaments et des fournitures dans la ville de Gaza, a indiqué le bureau de l’ONU.
D’autres convois, destinés à livrer de la nourriture, de l’eau potable et autres fournitures vitales ainsi que des médicaments n’ont pas réussi à passer. Ils ont été retenus trop longtemps aux postes de contrôle israéliens ou parce que les itinéraires convenus ne pouvaient pas être utilisés. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires, les hôpitaux du Nord n’ont pas assez de matériel pour soigner les malades et les blessés.
Crise humanitaire
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 300 000 à 400 000 personnes vivent encore dans le nord de Ghaza, après que la majeure partie de la population a fui vers le sud après le début de la campagne militaire israélienne.
La crise humanitaire à Ghaza a atteint des niveaux catastrophiques et toute nouvelle restriction de l’aide entraînera davantage de morts et de souffrances, un fardeau pour des millions de Palestiniens à Ghaza et dans la région environnante. La bande de Ghaza est au bord de l’effondrement, tandis que chaque jour le risque d’épidémies et de famine atteint des niveaux alarmants. Pendant ce temps, les bombardements et les raids terrestres des forces israéliennes se poursuivent sans relâche sur la bande de Ghaza. L’inertie du Conseil de sécurité de l’ONU a entrainé le président de la République Abdelmadjid Tebboune a réitéré par la voix du représentant permanent de l’Algérie, Ammar Bendjama, lors de la longue réunion de mercredi 31 janvier, sa demande immédiate de cessez-le-feu humanitaire à Ghaza. Et encore une fois, l’influence et l’initiative du président Tebboune ont été fructueuses et un nouveau projet de résolution de cessez-le-feu a été adopté au Conseil de sécurité avec une large majorité de 153 voix pour 10 contre et 23 abstentions. La résolution cherche à ventiler la récente décision de la Cour internationale de justice imposant des mesures provisoires sur la conduite militaire israélienne dans son offensive criminel contre le Hamas et d’autres groupes militants à Ghaza qui a vu un nombre massif de civils tués.
Les négociations sur le nouveau projet n’en sont qu’à leurs débuts. Le projet exige non seulement un cessez-le-feu immédiat, mais réaffirme que toutes les parties respectent scrupuleusement leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, en particulier en ce qui concerne la protection des civils et des biens de caractère civil.
Ammar Bendjama, le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, a interprété cette décision comme un signal clair que l’ère de l’impunité touche à sa fin. Sa déclaration reflète un sentiment plus large parmi certains États membres de l’ONU concernant la nécessité de rendre des comptes et de respecter le droit international dans des conflits tels que ceux de Ghaza. Il rejette également le déplacement forcé des Palestiniens et réitère son appel en faveur d’un accès humanitaire complet et sans entrave dans l’ensemble de la bande de Ghaza.
L’influence algérienne au sein du Conseil de sécurité grandit de jour en jour de par son envergure internationale. Et qu’on se le tienne pour dit : le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a bien l’intention d’affirmer la posture inaltérable de l’Algérie sur la cause palestinienne au Conseil de sécurité de l’ONU pendant ses deux ans de mandat.
