Le maroc, spécialiste des informations biaisées à outrance

En septembre 2021, l’ancien ambassadeur d’Algérie au Chili, Mohamed Sofiane Berrah, a adressé une mise au point dans un média chilien suite aux informations « biaisées et inexactes » concernant les raisons ayant poussé l’Algérie à rompre les relations diplomatiques avec le royaume du Maroc.


« Divers articles parus ces derniers jours dans certains journaux chiliens ont diffusé des informations biaisées et inexactes sur les raisons ayant motivé la décision de l’Algérie de rompre les relations diplomatiques avec le royaume du Maroc », a-t-il affirmé dans son droit de réponse relayé par Diario y Radio Universidad de Chile.
« Loin d’essayer d’alimenter une polémique inutile (…) mon propos et mon seul objectif à travers cette contribution est de clarifier auprès de l’opinion publique chilienne le contexte et l’arrière-plan qui ont justifié que mon pays ait eu recours à cette mesure », explique-t-il.
L’ambassadeur d’Algérie a abordé les mesures ayant conduit à la rupture des liens avec le Maroc, en faisant référence à la note officielle qui exprimait le soutien présumé du royaume à la revendication d’autodétermination de la Kabylie. Cette note, distribuée par le représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU le 14 juillet dernier lors d’une réunion du Mouvement des pays non-alignés, sera évoquée. Cette note « visait à mettre dans le même sac le Sahara Occidental – territoire occupé illégalement par le Maroc depuis 1975 – qui relève d’une décolonisation dûment reconnue comme telle par la communauté internationale et par le droit international, et une région, historiquement et sociologiquement, partie intégrante du territoire algérien », a ajouté Mohamed Sofiane Berrah.
En réponse à cet acte provocateur, l’Algérie a sollicité des autorités marocaines une clarification concernant la position du royaume sur cette question. Cette requête est restée sans réponse, forçant ainsi l’Algérie à rappeler son ambassadeur au Maroc pour des consultations, étant donné la gravité des événements.
La deuxième manifestation d’hostilité du Maroc concerne le scandale révélé le 18 juillet dernier, impliquant le logiciel espion Pegasus développé par la société israélienne NSO. L’enquête menée par le Consortium Forbidden Stories et Amnesty International a mis en évidence l’utilisation généralisée de ce logiciel par le Maroc pour espionner 6 000 personnalités algériennes, notamment des journalistes et des membres de la société civile.
Parmi les actes provocateurs dont ont été coupables les autorités marocaines vis-à-vis de l’Algérie, « on citera également la déclaration faite le 12 août 2021 par un haut responsable israélien lors de sa visite au Maroc. A cette occasion, Rabat a réussi à guider de manière biaisée la déclaration israélienne faite lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue marocain, concernant l’opposition de l’Algérie à l’octroi du statut d’observateur de l’Union africaine à Israël ».
« Le ton menaçant de la réponse du responsable israélien qui a critiqué l’Algérie alors que sa position est partagée par une vingtaine d’autres pays africains désireux de préserver la cohésion et l’unité de l’organisation panafricaine concernant la question palestinienne, représente une provocation qui rend compte de la déloyauté du Maroc et de sa volonté manifeste d’impliquer son nouvel allié moyen-oriental dans une aventure hasardeuse dirigée contre l’Algérie », a-t-il soutenu.
La plus récente provocation est le soutien du Maroc aux « agents séparatistes » après les incendies criminels qui ont dévasté plusieurs régions d’Algérie en août 2021, entraînant la destruction de milliers d’hectares et la perte de 90 vies, dont 33 militaires.
M. Berrah a assuré que l’implication de Rabat dans les incendies a été confirmée par les enquêtes de la police judiciaire algérienne, ainsi que par l’arrestation d’individus liés à deux organisations désignées par l’Algérie comme terroristes, qui tentaient de fuir vers le territoire marocain.
L’ambassadeur a évoqué, par ailleurs, des « antécédents sérieux » rappelant que « la première action belliqueuse du Maroc contre l’Algérie a eu lieu en 1963, après l’indépendance de l’Algérie ».
« Plusieurs années plus tard, le 27 août 1994, le Maroc a décidé unilatéralement d’imposer un visa d’entrée sur son territoire, tant pour les citoyens algériens que pour les citoyens d’autres nationalités d’origine algérienne ».
Le diplomate rappelle que cette décision survient alors que le Maroc a porté de fausses accusations contre l’Algérie concernant sa prétendue implication dans les attentats de Marrakech, accusations qui ont été réfutées par l’enquête internationale sur ces événements.
« L’année 2013 marque une nouvelle étape dans la stratégie de pression du Maroc envers mon pays. A la veille de la célébration du 1er novembre, fête nationale à forte charge symbolique pour tous les Algériens, un citoyen marocain qui a participé à une manifestation scandant des slogans hostiles à l’Algérie, a pénétré dans les locaux du consulat général d’Algérie à Casablanca et a profané le drapeau national sous le regard passif de la police marocaine », rappelle encore l’ancien ambassadeur. A. Ryad/APS

ALGER 16 DZ

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