Par Kheireddine B.
Les perspectives économiques de l’Algérie au cours de l’année 2024 sont positives, et ce, en dépit de plusieurs facteurs et contraintes. C’est ce qu’a révélé le Fonds monétaire international dans son dernier rapport, publié vendredi dernier. Le FMI a également souligné l’engagement de l’Algérie en faveur des réformes économiques et de la viabilité budgétaire.

En effet, dans son rapport final sur les consultations de 2023 avec l’Algérie au titre de l’article IV des statuts du Fonds monétaire international, publié sur son site web, le conseil d’administration du FMI a validé l’évaluation de la mission menée en décembre dernier. Les responsables de cette institution internationale ont salué l’engagement des autorités algériennes en faveur des réformes, notamment en matière de stimulation de l’investissement, d’amélioration de la transparence budgétaire et de lutte contre la corruption.
Dans ce contexte, le FMI souligne l’importance de poursuivre les réformes structurelles afin d’améliorer le climat des affaires, de soutenir l’insertion des jeunes et des femmes sur le marché du travail, et de promouvoir une croissance diversifiée, écologique et portée par le secteur privé.
L’institution de Bretton Woods a également salué l’engagement des autorités du pays en faveur de la viabilité budgétaire à moyen terme, tout en soulignant l’importance de maintenir l’équité sociale.
Le FMI a mis en avant les progrès dynamiques dans la politique monétaire, se félicitant de l’adoption de la loi monétaire et bancaire visant à moderniser les marchés financiers et à améliorer la gouvernance des banques.
Il a également salué la résilience du système bancaire, tout en encourageant les autorités à renforcer la surveillance bancaire, à contrôler les prêts improductifs et à améliorer la gouvernance des banques et des entreprises publiques.
“Performance robuste” en 2023
En langage de chiffres, le FMI considère que la croissance de 4,2% en 2023 de l’économie algérienne représente “une performance robuste”, attribuée à un rebond de la production d’hydrocarbures et à des performances solides dans les secteurs de l’industrie, de la construction et des services.
Par conséquent, le FMI prévoit une croissance du PIB de 3,8% en 2024 et de 3,1% en 2025.
Dans le détail, le secteur des hydrocarbures a enregistré une croissance de 4,5% en 2023 et devrait maintenir cette tendance avec une hausse de 2,7% en 2024, selon les prévisions du FMI. Quant au secteur hors hydrocarbures, il a enregistré une croissance de 4,1% en 2023 et devrait s’établir à 4,0% en 2024.
De plus, le Fonds souligne la solidité du commerce extérieur algérien, avec un “excédent de la balance commerciale pour la deuxième année consécutive”.
“Les perspectives à court terme sont globalement positives pour l’économie algérienne”, selon le FMI, qui estime que “la croissance réelle devrait rester forte en 2024, soutenue en partie par d’importantes dépenses budgétaires.
Quant à l’inflation, elle devrait ralentir, notamment grâce à la baisse des prix des produits alimentaires frais. Le FMI prévoit que l’inflation amorcera sa descente à partir de 2024, atteignant 7,6% avant de progressivement diminuer pour se situer à 5,5% en 2027.
Pour ce qui est des perspectives économiques à moyen terme, le FMI souligne leur dépendance aux efforts de diversification de l’économie et à la capacité à attirer les investissements privés. Il ajoute que “des réformes structurelles soutenues, audacieuses et profondes, ainsi que des efforts résolus pour diversifier l’économie, améliorer le climat des affaires, attirer les investissements et exploiter de nouveaux marchés d’exportation seront nécessaires pour stimuler davantage la croissance et la création d’emplois”.
