Par G. Salah Eddine
Jeudi dernier à Alger, le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, a mis en exergue l’impératif d’expansion et de consolidation des investissements européens en Algérie. La délégation européenne en Algérie a organisé, jeudi à Alger, une conférence en collaboration avec l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), sous le thème: « Explorer les nouvelles opportunités d’investissement et de Nearshoring en Algérie ».

Parmi les participants figuraient le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, l’ambassadeur Thomas Eckert, chef de la Délégation de l’UE en Algérie, ainsi que des représentants de haut niveau tels qu’Amel Abdelatif, directrice générale des impôts, le Général major Abdelhafid Bakhouche, directeur général des Douanes. En plus d’Ahmed Belayat, directeur de la Banque nationale de l’habitat, et Kamel Moula, président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), accompagnés de délégués de divers départements ministériels et de dirigeants d’organismes publics et d’entreprises privés. Lors de cette conférence, le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, a mis en avant l’importance des investissements européens directs en Algérie qui demeurent largement concentrés sur le secteur des hydrocarbures, d’où la nécessité de les élargir et de les renforcer pour réduire la disparité qui caractérise les échanges commerciaux entre les deux parties.
Le ministre a déclaré : «L’Algérie a toujours été un partenaire fiable et sûr pour les pays européens, notamment dans le domaine de l’approvisionnement en gaz naturel», il a ajouté que l’Algérie aspire à «établir des relations de coopération et de partenariat qui répondent à nos aspirations mutuelles en matière de développement».
M. Aoun a fait savoir que le thème de cette rencontre entre dans le cadre de «la nouvelle vision économique de l’Algérie». Selon lui, cette rencontre constitue «une opportunité pour formuler une approche commune, en vue de renforcer la coopération entre l’Algérie et l’UE».
Le même intervenant a assuré que «le nouveau départ ne peut se réaliser qu’avec la participation de tous les acteurs, notamment les investisseurs et les hommes d’affaires des deux parties».
Il a en outre indiqué que «la coopération ne saurait être fructueuse, que dans le contexte d’un environnement sûr et stable qui renforce la confiance des acteurs économiques et leur octroie les garanties et les mesures incitatives». Il a rappelé dans le même sillage que l’Algérie, sous la conduite du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a initié «la concrétisation d’un saut qualitatif en matière de réformes économiques, notamment le cadre juridique relatif aux hydrocarbures, aux finances et à l’investissement». Sur le plan régional, le ministre a réitéré l’engagement de l’Algérie dans la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), mettant en avant la volonté de l’Algérie de devenir un pivot entre les continents africain et européen, notamment grâce à son positionnement stratégique et les investissements conséquents dans les infrastructures telles que les routes, les zones industrielles et les ports, visant à faciliter les échanges commerciaux et à ouvrir l’accès des investisseurs aux marchés africains.
Ces efforts se révèlent être «un catalyseur supplémentaire pour promouvoir les investissements conjoints dans des secteurs clés tels que l’industrie, l’agriculture, le commerce et les services», confie le ministre.
De ce fait, le ministre a précisé que l’Algérie entame «une nouvelle ère» et est résolue à renforcer les liens de coopération avec l’Union européenne (UE), «un partenariat historique pour le pays». Il a rappelé que l’accord de partenariat a placé l’UE en tant que premier partenaire de l’Algérie pendant de nombreuses années et que le volume des échanges commerciaux entre les deux entités a atteint 46,5 milliards de dollars US au cours des 11 premiers mois de l’année 2023. De son côté, le président du Conseil de renouveau économique algérien (CREA) a précisé que l’Algérie se positionne comme «une force économique régionale stable, grâce à une transformation profonde et globale de son système économique». Il a mis en avant le passage d’une économie basée sur les revenus pétroliers à «une économie axée sur l’initiative et l’innovation, ainsi que la stabilité du système juridique et l’équité envers tous les investisseurs». Selon lui, ces éléments sont essentiels pour améliorer le climat des affaires dans le pays.
M. Dombrovskis, chef de cabinet du vice-président de la Commission européenne chargé du commerce et de l’investissement a, quant à lui estimé que l’Algérie «est un pays attractif pour les investissements étrangers». Il a assuré la mise en place d’un plan visant à identifier les secteurs d’activités propices aux investissements, dans le but de collaborer avec les investisseurs étrangers et de les encourager à investir en Algérie.
Cette conférence a permis aux acteurs publics et privés de discuter du climat des affaires et des investissements en Algérie, ainsi que du partenariat entre l’Europe et l’Algérie dans le domaine de l’investissement.
Dans le même ordre d’idées, les participants ont examiné de près les opportunités d’investissement en Algérie ainsi que celles offertes par le Nearshoring européen, visant à exploiter pleinement le potentiel économique algérien. Ils ont également abordé les perspectives d’intégration économique euro-algérienne et les stratégies d’expansion vers le continent africain.
Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de coopération entre le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger et l’Union européenne, à travers le projet du « Partenariat euro-algérien pour l’investissement durable », lancé en 2023. L’objectif de ce projet est de renforcer le partenariat économique entre les deux parties en favorisant les investissements étrangers directs et les projets de Nearshoring européen.
