A quelques jours de l’Aïd El-Adha, les familles algériennes s’apprêtent à célébrer le rituel sacré. Les prix ne sont pas à la portée de tous, et cela pour plusieurs raisons.
Le vice-président de la Fédération nationale des éleveurs de bétail, chargé du commerce et du financement, nous a accordé un entretien pour clarifier les hausses des prix du bétail et ainsi décortiquer les points essentiels du secteur de l’élevage.
Entretien réalisé par Ammour Ryad

Quels sont les défis rencontrés par l’industrie de l’élevage au moment présent ?
Parmi les défis auxquels nous faisons face, c’est bien le prix du fourrage qui est affecté par l’être humain a travers la spéculation. Les changements climatiques a l’instar de la sécheresse, le manque de pluie et la désertification entrainent un manque de production d’aliment du bétail. Les prix on connu une hausse de 560 DA le quintal cette année.
Il faut savoir aussi que de nombreux éleveurs se sont abstenus de l’élevage de bétail à cause des vols répétés.
Quelles initiatives mettez-vous en place pour améliorer l’élevage ?
Oui, il y a des initiatives chez les éleveurs pour améliorer les races de moutons afin que leur viande soit de qualité optimale pour les consommateurs. Le Centre national d’insémination artificielle relevant du ministère de l’Agriculture organise des sessions pour améliorer les races.
Aujourd’hui en Algérie, et c’est positif, il y a cinq races principales et deux races hybrides.
Nous avons constaté l’importation de bétail en provenance de pays européens. Le mouton sera-t-il disponible pour les citoyens pour sacrifice rituel?
Le bétail importé par l’État est destiné à l’abattage pour les boucheries et non pour le sacrifice de l’Aïd. L’institution qui a importé du bétail de Roumanie est l’Agence algérienne de la viande rouge (Alviar). Elle a procédé à l’abattage de ces bêtes.
Ces dernières importations ont-elles contribué à une baisse des prix ?
Je dirais que le marché en Algérie est franchement désorganisé et incontrôlé. Le seul contrôle réside dans la politique de l’offre et de la demande : si l’offre est abondante et la demande faible, les prix baissent, et vice versa.
Les prix sont en hausse par rapport à l’année dernière car l’élevage ovin connaît une baisse constante de popularité.
Et la solution…
Il est nécessaire de travailler ensemble pour mettre en place une méthodologie et une politique appropriée afin de reconstruire le secteur de l’élevage ovin. Il faut également prendre en considération les moindres variables qui font augmenter les prix, sinon nous resterons confrontés aux mêmes problèmes et les prix continueront d’augmenter.
Quelles sont les raisons de la hausse des prix du bétail, notamment à l’approche des occasions festives ?
Le marché du bétail en Algérie est désorganisé et non réglementé. Le seul facteur qui influe sur les prix est la politique de l’offre et de la demande. Si l’offre est faible et la demande est élevée, les prix augmentent, ce qui explique la hausse lors des fêtes et autres occasions.
L’année dernière, les prix n’étaient pas a la portée du citoyen de la classe moyenne. Assisterons-nous à une baisse des prix cette année ?
Comparé à l’année dernière, les prix continuent d’augmenter car le secteur de l’élevage du bétail est en déclin constant. Si les autorités compétentes n’interviennent pas, les prix augmenteront chaque année.
Les prix sont-ils réglementés par le ministère du Commerce ?
Pour les prix ne sont pas codifiés par le ministère du Commerce.
Le mot de la fin…
Les autorités, notamment le ministère de tutelle, doivent intervenir pour améliorer la situation de l’élevage ovin.
