Par G. Salah Eddine
Ce soir à 20h, tous les regards seront rivés sur l’Olympiastadion de Berlin où l’Espagne affrontera l’Angleterre dans la finale tant attendue de l’Euro 2024. Les deux équipes ont pris des chemins différents et ont eu des parcours tout aussi impressionnants pour atteindre ce stade ultime du tournoi européen.

Cette affiche est inédite en finale de l’Euro. La seule confrontation dans une compétition majeure entre les deux équipes remonte à l’Euro 1996. L’Angleterre pays hôte, s’était défait en quart de finale de l’Espagne aux tirs-aux buts 4-2.
Le poids de l’histoire penche vers l’Espagne. La Roja a remporté trois titres de champion d’Europe en quatre finales. Un record qu’elle partage avec l’Allemagne. Aujourd’hui, les Espagnols auront l’opportunité de décrocher leur quatrième titre et de devenir la nation la plus titré de cette compétition. Ce nouveau titre pourrait consolider l’idée que l’Espagne possède la meilleure sélection du XXIe siècle – trois titres européens et une Coupe du monde, en plus d’un Championnat des clubs – dominant ainsi la scène européenne.
De son côté, L’Angleterre joue sa seconde finale consécutive de l’Euro, après celle perdue il y a trois ans à Wembley contre l’Italie. « It’s coming home » résonne plus que jamais alors que les Anglais démontre depuis la Coupe du monde 2018 une constance dans leur résultats, malgré des prestations sur le terrain très peu convaincantes. Une victoire des Anglais pour le premier titre européen de leur histoire déclencherait une euphorie dans le pays de Sa Majesté, qui attend un titre depuis 1966.
Opposition de styles
Dans le paysage diversifié du football contemporain, l’Angleterre et l’Espagne se distinguent non seulement par leurs équipes nationales, mais aussi par les styles de jeu qu’elles pratiquent. Ces différences sont particulièrement visibles lorsque l’on examine les tactiques et les approches adoptées par les joueurs évoluant dans les deux nations.
La Premier League anglaise domine sans aucun doute le football mondial ces dernières années. L’Angleterre, représentée principalement par des joueurs de la Premier League, incarne un football fondé sur le réalisme et la prudence tactique. Les Three Lions sont à la fois reconnus et décriés pour leur jeu défensif et leur capacité à minimiser les risques. Ce style de jeu se manifeste par une approche directe, axée sur l’efficacité et la force physique. L’équipe impose cependant un grand volume athlétique sur l’adversaire. Une approche qui a néanmoins fait ses preuves, les résultats de l’Angleterre, lors des dernières échéances internationales, sont excellentes.
En revanche, l’équipe nationale espagnole et les joueurs de la Liga adoptent une approche distincte, basée sur le contrôle du ballon et la possession. Le style de jeu espagnol, influencé par l’ADN d’équipes comme le Barca, met l’accent sur la technique, la précision des passes et la capacité à conserver le ballon. Cette approche non seulement permet à l’Espagne de dicter le rythme du jeu, mais aussi d’user l’adversaire en le forçant à courir après le ballon. La tactique espagnole a porté ses fruits, mais peu également être défaite si l’équipe ne concrétise pas sa possesion.
En conférence de presse, le coach espagnol, Luis de la Fuente, a déclaré : « Nous avons des styles assez différents, mais l’Angleterre est une équipe physique, avec des joueurs qui aiment les espaces. Nous allons essayer d’imposer notre style, d’avoir la possession de balle, bien que nous ayons aussi la possibilité de jouer en contre-attaque. »
Southgate veut gagner
En demi-finale, les Anglais ont défait les Pays-Bas (2-1) à la 90e minute, grâce au remplaçant Ollie Watkins.
Garteh Southgate, le coach anglais, avait affirmé avant la finale : « Nous avons vécu des soirées incroyables au cours des 7 ou 8 dernières années. Ces matchs ont été dramatiques parce que les buts ont été marqués très tard. »
L’entraineur – qui a été prolongé de deux ans supplémentaires pour avoir atteint la finale – a en outre affirmé : « La seule raison pour laquelle j’ai accepté ce poste était d’essayer d’apporter le succès à l’Angleterre en tant que nation, et d’améliorer le football anglais. » Et d’ajouter : « Nous sommes venus ici pour gagner. »
De la Fuente promet « un match spectaculaire »
Les Espagnols de leur côté se sont défaits difficilement de l’Allemagne, le pays hote (2 buts à 1) en quart de finale. Ils ont ensuite éliminé les Français de Didier Deschamps en demi-finale sur le même score. Ils semblent favoris plus que jamais.
Le coach espagnol De la Fuente a affirmé en conférence de presse que ses joueurs sont excités par la finale car ils affronteront « un adversaire très important, avec de grands joueurs ». Il a ajouté que ces deux nations sont en très bonne forme et tout porte à croire que « ce sera un match spectaculaire pour les fans ».
Le coach espagnol a également assuré que son équipe fera tout pour faire honneur et plaisir au peuple espagnol.
Un match décisif pour certains Joueurs
Les enjeux de cette finale revêtent une importance particulière pour plusieurs joueurs. En plus de vouloir offrir le sacre à leur nation respective, ces footballeurs aspirent à décrocher des distinctions individuelles à travers ce trophée.
Jude Beelingham est l’un de ces joueurs. Sa saison exceptionnelle avec le Real Madrid l’a propulsé au sommet, ayant remporté à la fois la Liga et la Ligue des champions. Malgré sa prestation en demi-teinte lors de la finale de la Ligue des champions et les critiques sur ses performances à l’Euro, il demeure un pilier essentiel de l’équipe anglaise. Une victoire dans cette compétition avec sa nation ferait de lui un sérieux prétendant au Ballon d’Or, potentiel deuxième plus jeune lauréat de ce prestigieux trophée après le Brésilien Ronaldo (R9).
Harry Kane est également sous les feux des projecteurs. La fameuse « Kane Curse », cette malédiction qui semble le poursuivre, est une source d’inquiétude pour toute l’Angleterre. Capitaine de 31 ans, détenteur de nombreux records de buts, il n’a pourtant jamais remporté de trophée majeur dans sa carrière. Il aura à cœur de briser cette malédiction en décrochant son premier titre, un succès qui pourrait potentiellement s’accompagner du Soulier d’Or s’il trouve le chemin des filets en finale.
Lamine Yamal et Nico Williams, deux jeunes ailiers espagnols, ont brillé sur la scène européenne durant cette compétition. À seulement 17 ans, Yamal pourrait prétendre au titre de MVP du tournoi en cas de victoire de l’Espagne,établissant ainsi un record de précocité absolu. Il pourrait également figurer parmi les prétendants au Ballon d’Or après une saison individuelle impressionnante, couronnée par un possible titre international. De son côté, Williams pourrait voir sa cote sur le marché des transferts européens augmenter. Une performance en finale pourrait convaincre définitivement le FC Barcelone de s’attacher ses services, le club catalan montrant déjà un vif intérêt pour son profil.
À mesure que l’heure du coup d’envoi approche, l’excitation monte parmi les fans de football à travers le monde. Qui l’emportera ce soir ? L’Espagne ajoutera-t-elle un nouveau chapitre glorieux à son histoire footballistique ? L’Angleterre surmontera-t-elle les défis pour renouer avec la gloire européenne ?
Une chose est certaine : ce soir, l’Olympiastadion de Berlin sera le théâtre d’un spectacle inoubliable alors que l’Espagne et l’Angleterre s’affronteront pour le titre tant convoité de champion d’Europe.
