Par Ammour Ryad et Mokad Khadidja
En 2002, le MSP a remporté 7% des voix, obtenant 38 sièges au Parlement, et a fait partie de la coalition gouvernementale avec le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND). En 2012, le MSP quitte l’Alliance présidentielle et le gouvernement, devenant ainsi la principale force de l’opposition sous la direction de Abderrazak Makri, qui a dirigé le parti de mai 2013 à mars 2023, avec une interruption en 2017.

Le MSP a soutenu le projet de réconciliation nationale proposé par le président Bouteflika, qui incluait une amnistie pour les terroristes n’ayant pas commis de meurtres ou de viols. Le parti est également fortement opposé à toute modification du code de la famille algérien, largement inspiré des traditions islamiques.
Lors des élections législatives du 17 mai 2007, le MSP a obtenu 9,71% des voix et 52 sièges. En mai 2008, Abou Djerra Soltani a été réélu président du MSP face à Abdelmadjid Menasra, qui critiquait la participation du parti à l’alliance présidentielle, le recul électoral du parti et le poste de ministre sans portefeuille de Soltani. Le soutien de M. Soltani à Abdelaziz Bouteflika, notamment pour un troisième mandat présidentiel, a conduit à la démission de plusieurs membres du MSP, dont Abdelmadjid Menasra, et huit autres parlementaires, qui ont fondé, le 16 avril 2009, un nouveau parti islamiste, le Mouvement pour la prédication et le changement.
En 2017, Abdelmadjid Menasra a fusionné son parti, devenu le Front du changement en 2011, avec le MSP, sous la direction de Abderrazak Makri.
En mai 2020, le MSP, désireux de participer à la réforme constitutionnelle initiée par le président Abdelmadjid Tebboune, a proposé de « criminaliser l’usage de la langue française dans les institutions et les documents officiels » et de « considérer la charia comme l’une des sources de la législation ».
Le 8 avril 2021, El Hachemi Djaâboub, alors ministre du Travail et des Affaires sociales et cadre influent du Hamas, a qualifié la France d' »ennemi traditionnel et éternel » lors d’une question au Conseil de la nation. Cette déclaration a été perçue comme une tentative de susciter l’adhésion de l’opinion publique à deux mois des élections législatives.
En 2023, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) s’est présenté à l’élection présidentielle prévu le 7 septembre 2024, ce dernier est présidé depuis le 18 mars 2023 par le candidat présenté Abdelaali Hassani Cherif.
Programme du Mouvement de la société pour la paix
Le président du MSP et candidat à la présidentielle du 7 septembre,Abdelaali Hassani Cherif, a dévoilé son programme électoral dimanche dernier à Alger.
Lors d’une conférence de presse, M. Hassani Cherif a annoncé que son programme électoral pour la présidentielle du 7 septembre s’intitule « Opportunité » (Forsa). Il a expliqué que ce programme vise à valoriser les éléments de l’identité nationale et à élaborer une vision de développement global et durable. Cette vision entend mobiliser les ressources humaines et matérielles, atteindre l’autosuffisance, renforcer la cohésion sociale et associer tous les Algériens au progrès et à la prospérité du pays.
Après avoir mis en lumière son programme, qui s’inspire de la Déclaration du
1er Novembre et promeut la modération et l’équilibre, le candidat a précisé que tous ses engagements étaient accompagnés d’un plan d’action détaillé pour garantir leur mise en œuvre effective.
Le plan pour la réalisation de ce programme, a-t-il précisé, « comprend cinq priorités, notamment la réforme du système politique, l’établissement d’un partenariat politique, la réalisation d’une réforme constitutionnelle, législative et institutionnelle et l’adoption de l’administration électronique ».
Il a également indiqué que son programme vise à instaurer un passage progressif vers un régime parlementaire reposant sur la reddition des comptes et la séparation des pouvoirs, tout en favorisant une plus grande participation des femmes et des jeunes à la vie politique. De plus, il a ajouté que son programme cherche à établir un modèle économique et social basé sur la solidarité.
Parmi ses priorités, le candidat a mentionné la protection du front social, l’amélioration du pouvoir d’achat, le renforcement de la position de l’Algérie sur la scène internationale et régionale, ainsi que la défense résolue de ses causes fondamentales, notamment la cause palestinienne et celle du Sahara occidental.
