Par G. Salah Eddine
Dans une intervention diffusée dimanche dernier sur la chaîne de télévision Al24 News, Mehdi Ghezzar, entrepreneur algérien installé en France et figure médiatique connue pour ses prises de position tranchées, a livré une analyse percutante sur l’affaire Boualemn Sansal, une actualité en France.

Boualem Sansal, écrivain franco-algérien né en 1989 à Theniet El Had (Tiaret), est reconnu pour son style incisif et ses prises de position souvent polémiques. Il s’est distingué par ses critiques acerbes de l’indépendance algérienne, son intégrisme, le vif intérêt qu’il donne aux questions islamistes dans ses œuvres ainsi que par son opposition déclarée à la création d’un État palestinien. Ces prises de positions ont suscité de vives réactions dans les sphères politiques et intellectuelles.
Sansal a récemment été arrêté à l’aéroport d’Alger. Cette interpellation a été exploitée par certains médias d’extrême droite français pour alimenter une controverse qui n’a pas lieu d’être. Alger et Paris sont à nouveaux aux fers. Cette affaire relance le débat sur les libertés d’expression et les dérives médiatiques.
Intervenant dans l’émission «Hebdo Show Algeria», le célèbre chroniquer, Mehdi Ghezzar a pointé du doigt ce qu’il considère comme une manipulation médiatique autour de la couverture d’un individu « jusque-là méconnu, Boualem Sansal ». Il a établi un lien avec des enjeux géopolitiques internationaux, notamment le mandat d’arrêt lancé contre des responsables israéliens.
Une montée en épingle suspecte
Dès le début de son intervention, Mehdi Ghezzar a questionné la soudaine médiatisation de Boualem Sansal, une figure controversée mise en lumière par les médias français pro droite. « Il y a deux chiffres qui me taraudent l’esprit », a-t-il affirmé avec insistance. « Jusqu’à il y a quatre jours, 99,99 % des Français n’avaient jamais entendu parler de Boualem Sansal. Pourtant, il est soudainement présenté comme une sorte de martyr par les médias d’extrême droite. »
Ghezzar a souligné que, malgré le battage médiatique, Balem Sansal n’était, à ce jour, qu’en garde à vue, une procédure qui ne justifie pas, selon lui, une couverture aussi spectaculaire. Il a également fustigé l’utilisation du terme « disparition » pour décrire sa situation, affirmant qu’il s’agissait d’une exagération visant à manipuler l’opinion publique.
Les figures de l’islamophobie en soutien à Sansal
L’intervenant n’a pas mâché ses mots en évoquant les personnalités qui se sont mobilisées pour défendre Boualem Sansal. « 99,99 % des soutiens de Sansal sont des islamophobes notoires », a-t-il déclaré, en citant des figures controversées comme Éric Zemmour, Marine Le Pen, Sarah Knafo ou encore Caroline Forest. Pour Ghezzar, cette mobilisation inhabituelle s’inscrit dans une stratégie visant à détourner l’attention des véritables enjeux auquel fait face le régime francais.
Il a également rappelé que ces mêmes soutiens dénoncent les efforts internationaux pour poursuivre des figures accusées de crimes graves. « Les personnes qui défendent Boualem Sansal aujourd’hui sont les mêmes qui s’opposent au mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale contre un Premier ministre sioniste et son ministre de la Défense, accusés de crimes contre l’humanité », a-t-il martelé.
Un contrefeu médiatique orchestré
Selon Mehdi Ghezzar, cette affaire autour de Boualem Sansal n’est rien de moins qu’un écran de fumée destiné à détourner l’attention de dossiers bien plus importants. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « contrefeu médiatique orchestré », visant notamment à minimiser l’impact de la mise en accusation de Benyamin Netanyahou et d’autres responsables israéliens.
« Nous devons nous poser les bonnes questions », a-t-il insisté. « Pourquoi un écrivain inconnu devient-il soudainement une cause nationale, alors que des accusations graves contre des dirigeants internationaux sont éclipsées ? »
M. Ghezzar a invité le public et les médias à faire preuve de discernement face à ce qu’il considère comme des manipulations visant à détourner l’attention de l’opinion publique. Son intervention, bien que controversée, soulève des interrogations sur le rôle des médias dans la hiérarchisation des sujets et leur capacité à façonner les perceptions.
