
Lors d’interventions médiatiques diffusées lundi, sur la chaîne Al24 News, des experts ont affirmé que les manœuvres françaises visant à fragiliser les relations entre l’Algérie et les pays de l’Union Européenne se heurtent à l’ancrage historique et à la solidité des liens qu’Alger entretient avec ses partenaires européens.
Certaines sphères influentes en France tentent vainement de provoquer des crises entre l’Algérie et les États membres de l’Union européenne. Pour de nombreux observateurs, cette stratégie s’inscrit dans la continuité de l’échec des plans de Paris visant à faire de l’Algérie un bouc émissaire de ses propres difficultés internes. Dans cette optique, certaines élites françaises, souvent issue de l’extrême droite, cherchent à instrumentaliser leur position politique et institutionnelle afin de rallier l’opinion publique européenne contre Alger. Cela se fait en ignorant qu’Alger s’accorde avec la majorité de ses partenaires européens sur la nécessité de bâtir des relations stratégiques fondées sur une logique de bénéfice mutuel. Cependant, ces tentatives de Paris pour entraver le partenariat privilégié entre l’Algérie et l’Union européenne se heurtent à une dynamique inverse. En effet, de nombreux pays du bloc européen ont récemment exprimé leur volonté d’approfondir leur coopération bilatérale avec l’Algérie, confirmant ainsi la solidité de ces liens.
Une distinction nécessaire entre la France et l’UE
Tant du côté des élites algériennes qu’européennes, un consensus émerge sur l’importance de dissocier la politique française des orientations globales de l’Union européenne dans ses relations avec l’Algérie. Et ce, malgré les efforts des autorités françaises pour imposer une posture conflictuelle qui répond avant tout aux agendas internes de certains décideurs influents à Paris.
Le professeur Toufik Boukaada, spécialiste en sciences politiques, met en lumière le rôle joué par certaines élites françaises, notamment celles issues de l’extrême droite, qui cherchent activement à attiser les tensions entre l’Algérie et l’Europe. Il souligne également leurs tentatives de faire adopter, au sein des institutions européennes, des résolutions hostiles à l’Algérie. Cependant, il rappelle qu’«en contrepartie, d’autres cercles influents militent pour un renforcement des relations entre l’Algérie et l’Union européenne, en capitalisant sur les nombreux atouts géostratégiques que possède Alger».
Pour de nombreux analystes, la virulence des discours hostiles à l’Algérie, orchestrés par l’extrême droite française et ses soutiens, s’explique en grande partie par la volonté de Paris d’imposer une révision des accords de partenariat entre Alger et Bruxelles, afin de préserver ses propres intérêts économiques.
L’Algérie, un acteur incontournable pour l’Europe
Dans cette perspective, Slimane Aârradj, doyen de la faculté des sciences politiques à l’Université d’Alger 3, rappelle que le partenariat algéro-européen revêt une importance stratégique pour les deux parties. Selon lui, bien que les avis des experts et des analystes puissent éclairer le débat public, «il est essentiel de replacer cette campagne médiatique hostile dans son
contexte : une initiative essentiellement menée par certaines sphères politiques françaises, qui tentent de sortir de leur isolement en exploitant la question algérienne».
De son côté, Redouane Bouhidel, professeur de sciences politiques à l’Université d’Alger 3, met en garde contre les velléités françaises d’influencer la politique européenne dans une direction qui pourrait s’avérer préjudiciable aux intérêts du Vieux Continent.
Il estime que l’Algérie entretient «d’excellentes relations avec plusieurs pays européens et les manœuvres françaises visant à brouiller ces liens ne servent que des intérêts étroits et circonstanciels».
Ainsi, l’idée d’une nécessaire distinction entre la relation franco-algérienne et celle qu’entretient Alger avec l’Union européenne s’impose de plus en plus comme une évidence parmi les élites des deux rives de la Méditerranée. Et ce, malgré l’acharnement de certains cercles parisiens à enfermer l’Algérie dans une posture de confrontation dictée par des considérations purement politiques et électoralistes.
G. Salah Eddine
