
Comment avoir un cœur en bonne santé et réduire le risque de maladies cardiovasculaires ? De nombreux facteurs sont pointés du doigt, mais beaucoup d’idées reçus circulent à leur sujet. On entend tout et son contraire sur l’impact des hormones, du sommeil sur la santé cardiovasculaire…
Des cardiologues font le point.
Idée fausse n°1 : les femmes sont protégées par leurs hormones contre le risque cardiovasculaire
En réalité, cette protection est toute relative – elle n’est pas efficace chez une fumeuse – et elle s’arrête à la ménopause. Chez une femme jeune, les hormones féminines (les œstrogènes) favorisent la dilatation des artères. Plus les coronaires sont ouvertes, moins il y a de risque d’hypertension et de caillot. Une cardiologue souligne un deuxième mode d’action : «Les œstrogènes ont un impact positif sur l’équilibre du cholestérol, des triglycérides et de la glycémie.» Mais à la ménopause, ces effets favorables s’annulent car les ovaires cessent de sécréter des œstrogènes. Les femmes retrouvent un risque cardiovasculaire équivalent à celui des hommes.
Idée fausse n°2 : l’infarctus est une maladie de « vieux »
L’infarctus n’est plus une maladie de personnes âgées, même si la moyenne d’âge reste supérieure à 60 ans. Les quadras et les quinquagénaires sont de plus en plus touchés, la raison principale étant une mauvaise hygiène de vie, Le taux de femmes hospitalisées pour un infarctus augmente de près de 5% par an dans la tranche d’âge 45-54 ans.
Idée fausse n°3 : le symptômes de l’infarctus sont différents chez les femmes
Chez les femmes comme chez les hommes, l’infarctus se manifeste par une gêne dans la poitrine dans plus de 90% des cas. Dans une enquête menée auprès de femmes ayant fait un infarctus avant l’âge de 50 ans, 92% ont ressenti cette gêne. Ce résultat est corroboré par d’autres études internationales. Des nausées, des palpitations ou des douleurs dans le dos sont signalées par les femmes plus souvent que les hommes. Mais ces symptômes sont pratiquement toujours associés à une gêne thoracique.
Idée fausse n°4 : arrêter de fumer après 60 ans ne sert à rien pour réduire les risques de maladies
Il n’est jamais trop tard pour arrêter le tabac. Les bénéfices sont rapides, quel que soit son âge. Le Comité national contre le tabagisme souligne que la fréquence cardiaque et la tension artérielle baissent vingt minutes après avoir écrasé sa cigarette. Un an après l’arrêt, le risque de maladie coronarienne, donc d’infarctus, est divisé par deux par rapport à une personne qui fume encore.
Idée fausse n°4 : mal dormir n’a aucun rapport avec l’infarctus
Au contraire ! Il est démontré que les personnes qui ne dorment pas assez (moins de 6 heures par nuit) ont davantage de risque d’infarctus. Un mauvais sommeil perturbe l’équilibre hormonal avec des conséquences multiples : prise de poids, hypertension, syndrome métabolique, stress. ..
Autant de facteurs de risque cardiovasculaires. L’apnée du sommeil a elle aussi des conséquences importantes pour le cœur, comme l’explique un cardiologue : «Quand on arrête de respirer plusieurs fois dans la nuit, l’organisme manque d’oxygène. Le risque d’hypertension et de troubles du rythme cardiaque augmente.»
Idée fausse n°5 : la migraine n’est pas un facteur de risque cardiovasculaire
La migraine avec aura (troubles visuels et sensitifs qui s’ajoutent au mal de tête) est un facteur de risque d’infarctus peu connu, mais réel. Cette forme de migraine est liée à une anomalie de la paroi artérielle. Conséquence : les artères coronaires se spasment plus facilement.
La migraine avec aura est une contre-indication à la prescription d’une contraception œstroprogestative ou d’un traitement hormonal de la ménopause.
Idée fausse n°6 : les personnes minces ne risquent pas l’infarctus
On peut être mince et avoir un taux de cholestérol élevé, comme en cas d’hypercholestérolémie familiale. Les fumeuses, chez qui le risque d’infarctus est plus élevé, ne sont pas forcément obèses. Il existe par ailleurs une forme particulière d’infarctus, correspondant à une dissection de l’artère coronaire et qui touche davantage les femmes que les hommes. Cette forme d’infarctus est rare mais les patientes sont le plus souvent longilignes, actives et jeunes.
Idée fausse n°7 : il faut prendre de l’aspirine en prévention
L’aspirine est un antiagrégant plaquettaire. Son rôle est de fluidifier le sang. Mais ses effets secondaires peuvent être importants. Même à petite dose, il existe un risque hémorragique. Les dernières études montrent qu’il n’y a pas de bénéfice à prendre de l’aspirine en prévention primaire pour prévenir l’infarctus sauf, peut-être, chez des personnes qui cumulent les facteurs de risque. En revanche, après un infarctus (prévention secondaire), un antiagrégant plaquettaire est systématiquement prescrit, l’aspirine ou un autre médicament.
