
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a accordé une entrevue périodique aux représentants de la presse nationale, lors de laquelle il a abordé nombre de questions nationales et internationales. L’entrevue était diffusée samedi dernier sur les chaînes de la télévision et de la radio nationales.
Un progrès considérables en matière de sécurité alimentaire et hydrique
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que l’Algérie avait fait des progrès considérables dans la réalisation de la sécurité alimentaire et hydrique, du fait de l’augmentation de la production agricole et de la mise en oeuvre d’un programme ambitieux pour la réalisation de stations de dessalement de l’eau de mer, l’interconnexion des barrages et l’exploitation des eaux souterraines.
Il a souligné que l’Algérie atteindrait l’autosuffisance en plusieurs produits, «à l’instar du blé dur dont l’autosuffisance sera complètement réalisée au cours de cette année», a-t-il dit.
Le président de la République a également salué le progrès réalisé en matière d’exportation grâce à la qualité du produit local, notamment l’exportation des produits agricoles, et ce suite à « la débureaucratisation du secteur agricole et au recours à des techniques agricoles avancées grâce aux efforts des agriculteurs».
Il s’est dit, à ce propos, satisfait quant à la résolution du problème du foncier agricole «qui sera définitivement réglé cette année», en attendant le parachèvement des efforts devant «résoudre deux problèmes majeurs : la production de lait, notamment grâce à notre projet avec les Qataris à Adrar, et la production de viande. Je me suis entendu avec l’Union nationale des paysans algériens (UNPA) pour parvenir à une solution définitive à la filière ovine».
Le président de la République a en outre indiqué que l’économie algérienne devrait connaître un essor économique majeur avec l’entrée en production de plus de 11 000 projets d’investissement.
Après avoir salué les progrès réalisés par la numérisation dans différents secteurs, le président de la République a rappelé les efforts de l’Etat pour lutter contre la spéculation et dissuader les spéculateurs en instaurant des sanctions sévères, allant jusqu’à 30 ans de prison, qualifiant la spéculation de «résidus et de pratiques hérités d’une époque révolue» et affirmant que «la majorité des jeunes d’aujourd’hui sont loin de ces comportements».
Création d’une entreprise pour la réalisation et la gestion des stations de dessalement de l’eau de mer
Le chef de l’Etat a annoncé le projet de création d’une entreprise nationale spécialisée dans la réalisation et la gestion des stations de dessalement de l’eau de mer.
«Nous avons pris la décision de créer une entreprise nationale de réalisation et de gestion des stations de dessalement de l’eau de mer, en misant sur nos compétences humaines, notamment les jeunes ayant participé à la réalisation de différentes stations de dessalement de l’eau de mer», dont les entreprises relevant de Sonatrach.
Exprimant sa «fierté» quant à la contribution des entreprises nationales dans la concrétisation du programme des cinq usines de dessalement de l’eau de mer, dont quatre ont été inaugurées et mises en service, d’une capacité totale de 1,5 million m³ par jour, le président de la République a souligné que le rôle de ces entreprises a permis à l’Algérie «d’économiser des devises et de réduire les délais de réalisation d’environ 7 à 8 mois par rapport à ce que réalisent les entreprises internationales».
Grâce à ces infrastructures, la part du dessalement dans l’approvisionnement en eau potable des citoyens atteindra 72%, a précisé le président de la République, ajoutant que l’Algérie s’apprête à réaliser un nouveau programme comprenant 6 stations de dessalement aux capacités variables, qui ne seront pas nécessairement comme les cinq grandes stations précédentes (300 000 m³/jour).
Dans le cadre du nouveau programme, le président de la République a souligné que les travaux de réalisation d’une station dans la wilaya de Tizi Ouzou, d’une capacité de 60 000 m³/jour, ont déjà été lancés.
Généralisation de la numérisation avant fin 2025
Lors de son entrevue périodique avec des représentants des médias, diffusée samedi dernier, sur les chaînes de télévision et de radio nationales, le chef de l’Etat a précisé que «les Etats modernes reposent sur des données exactes, avec une faible marge d’erreur», soulignant, à cet égard, que l’Algérie «est à pied d’œuvre pour généraliser la numérisation avant la fin de l’année 2025».
Dans ce contexte, il a estimé que le recours à la numérisation et aux ordinateurs est de nature à conférer de la transparence à toutes les opérations, ce qui permettra, a-t-il dit, de «maîtriser les dépenses de l’Etat». Par ailleurs, le président de la République a réaffirmé le caractère social de l’Etat «par fidélité aux chouhada de la Révolution de libération et à la Déclaration du 1er Novembre», soulignant que l’Algérie «avance sur cette voie».
Augmentation progressive des salaires et de l’allocation chômage
Le président de la République a réitéré son engagement à poursuivre l’augmentation progressive des salaires et de l’allocation chômage, saluant le haut patriotisme de la jeune génération qui «est fière de son pays».
«L’augmentation de l’allocation chômage se poursuivra progressivement (…) que je m’y suis engagé, tout comme je me suis engagé à valoriser les salaires jusqu’à 100%».
Après avoir rappelé que «les salaires ont été augmentés de 47 %», le président de la République a souligné, dans ce cadre, que «la poursuite de la valorisation des salaires se fera selon la situation économique du pays et dans des proportions raisonnables, sans déséquilibrer le budget de l’Etat».
A cette occasion, le président de la République a salué «l’éveil de la jeunesse d’aujourd’hui, jalouse et fière de son pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur».
La jeunesse algérienne «est désormais fière des produits de son pays, reconnus pour leur haute qualité, une source de fierté et une preuve du patriotisme dont fait preuve la génération actuelle, n’en déplaise à certaines parties», a-t-il souligné.
«Nous vivons aujourd’hui dans une Algérie nouvelle», a soutenu le président de la République avant d’ajouter que «ce mérite revient non seulement au président de la République ou au gouvernement, mais aussi à toutes les Algériennes et à tous les Algériens».

Stabilité du pays : une ligne rouge
Le président Tebboune a affirmé que l’Etat sanctionnera quiconque touche à la stabilité du pays, à l’unité nationale et aux valeurs de la société algérienne sous couvert de «liberté d’expression».
Lors de son entrevue périodique avec les médias, diffusée samedi soir sur les chaînes de télévision et de radio nationales, le président de la République a réaffirmé que «la diffamation, les insultes et les injures à l’endroit des familles et des individus sous couvert de liberté d’expression ne sont pas permises», assurant que l’Etat sanctionnera quiconque «touche à la stabilité du pays, à l’unité nationale et aux valeurs et traditions de la société algérienne».
A ce propos, il a précisé que «la liberté d’expression par la critique n’a jamais été interdite en Algérie, mais cela n’autorise pas de porter atteinte aux traditions et à la culture authentique de notre société», insistant sur «le rejet catégorique de tout ce qui est susceptible de toucher à la spécificité des différentes régions du pays et à l’unité nationale».
En ce qui concerne les critiques adressées à l’Algérie sur la question de la liberté d’expression, le président de la République a affirmé que ces critiques visaient principalement à «déstabiliser le pays», soutenant que «quiconque emprunte cette voie est un agent et fait partie de la cinquième colonne».
Evoquant la notion de démocratie, le président de la République a expliqué que «privilégier une opinion par rapport à une autre en se basant sur des principes biaisés serait injuste et contraire aux fondements et valeurs de notre société».
L’Algérie «n’est pas un Etat totalitaire» comme certains tentent de le faire accroire sous couvert de «liberté d’expression», a insisté le président de la République, ajoutant que la société algérienne a «ses spécificités qu’il faut respecter».
Palestine, Ligue arabe, relations internationales…
Le président de la République a affirmé que l’Algérie ne renoncera pas à la Palestine et qu’elle continuera à la défendre, tout en exigeant que les responsables des crimes commis à Ghaza répondent de leurs actes.
«L’Algérie ne renoncera pas à la Palestine. Nous l’avons défendue et nous continuerons à le faire», mettant en avant la bataille que mène l’Algérie à cet égard au sein des Nations unies.
«Nous avons été les premiers à appeler à la poursuite en justice des responsables des massacres à Ghaza et nous le sommes toujours», a-t-il ajouté.
Le président Tebboune a rappelé que «la question palestinienne est une question fondamentale qui nécessite concertation et entente», s’interrogeant sur «ces réunions restreintes» qui ont eu lieu sur la situation en Palestine.
A cet égard, le président de la République est revenu sur la position de l’Algérie à l’égard de la Ligue arabe, en rappelant qu’elle réclame, depuis les années 1970, une réforme de cette organisation.
Concernant les relations avec l’Afrique, le président Tebboune a déclaré que l’objectif de l’Algérie est l’unité du continent et le rassemblement, tel que prôné par les anciens dirigeants.
Il a évoqué, à cet égard, les initiatives entreprises par l’Algérie, notamment l’accueil d’étudiants dans les universités algériennes, voire même dans les écoles relevant de l’Armée nationale populaire (ANP).
«Sur le plan économique, nous essayons autant que faire se peut d’avoir un libre-échange avec les pays du continent. Nous avons ouvert des banques et des lignes aériennes et maritimes avec le Sénégal et la Mauritanie.
Nous essayons autant que possible de renouer nos relations avec le continent après avoir tourné le dos à l’Afrique pendant longtemps», a poursuivi le président de la République.
Concernant le Sahel, le président Tebboune a déclaré que les Maliens «ont compris que l’Algérie est un pays frère et pas seulement un voisin, qui n’a jamais songé à imposer quoi que ce soit. il en est de même pour le Niger, toujours est-il qu’une tierce partie (sans la nommer) tente d’exercer une influence en diffusant de fausses informations».
S’agissant de l’accord de paix et de réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, le président de la République a précisé que les frères Maliens sont libres de le relancer et de l’appliquer, soulignant que cet accord n’avait pas vocation à s’immiscer dans les affaires internes du
Mali.
Le président de la République a également affirmé que l’Algérie «joue un rôle central dans le rapprochement entre les pays du Maghreb arabe, en menant des consultations quotidiennes avec la Tunisie et la Mauritanie et de manière circonstancielle avec la Libye».
Déplorant le «vide» qui caractérise le Maghreb arabe, le président de la République a relevé que les pays de cet espace agissent de manière unilatérale, alors que les pays du Sahel ont récemment formé une alliance avec laquelle il convient d’interagir, tout comme les Etats de l’Afrique de l’Ouest.
Le président de la République a souligné que l’Algérie œuvre autant que possible pour n’exclure aucune partie, l’objectif étant «le rassemblement dans un espace nécessitant un nouveau cadrage», rappelant, à cet égard, l’accord signé entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye concernant la nappe albienne.
Evoquant les relations de l’Algérie avec plusieurs pays, notamment l’Espagne et l’Allemagne, le président de la République a souligné le retour progressif à la normale des relations avec Madrid après une période de froid.
Concernant les relations avec l’Allemagne, Monsieur le Président a précisé qu’elles «demeurent privilégiées, les Allemands ayant toujours été des amis», soulignant que «l’Algérie n’a de problème avec aucun pays européen».
En ce qui concerne les Etats-Unis, le président de la République a affirmé que les relations bilatérales «s’améliorent de jour en jour et que des accords militaires ont été signés» avec Washington.
Le président de la République a tenu à préciser, à ce propos, que «ces accords signés récemment entre les deux pays ne remettront pas en cause les relations d’amitié avec la Russie, la Chine et d’autres pays comme l’Inde», réaffirmant «la position de l’Algérie en faveur du non-alignement».
Le président de la République a, dans ce sens, annoncé que les démarches sont en cours pour l’ouverture d’une ligne aérienne directe entre Alger et New York.

Algérie-France : «le contentieux a été créé de toutes pièces»
Le contentieux entre l’Algérie et la France «a été créé de toutes pièces», qualifiant ce qui se passe autour de cette question de «brouhaha» et de «capharnaüm politique».
«Il y a un brouhaha, un capharnaüm politique (en France) autour d’un contentieux créé de toutes pièces», a déclaré le président de la République lors de l’entrevue périodique avec les médias de la presse nationale, diffusée samedi soir sur les chaines de télévisions et de radios nationales.
«On garde comme unique point de repère, le président Macron. Nous travaillons ensemble. Il y a eu, c’est vrai, un moment d’incompréhension, mais il reste le Président de la république française, et personnellement, tous les problèmes doivent se régler soit avec lui ou avec la personne qu’il délègue, en l’occurrence son ministre des Affaires étrangères, à juste titre», a-t-il précisé.
«En ce qui me concerne, le dossier contentieux créé de toutes pièces, il est entre de bonnes mains, entre des mains de quelqu’un de très compétent qui a toute ma confiance, en l’occurrence le ministre des Affaires étrangères, M. Ahmed Attaf», a ajouté le président de la République.
Il a indiqué, en outre, que l’Algérie et la France «sont deux Etats indépendants : une puissance africaine et une puissance européenne et deux Présidents travaillant ensemble. Tout le reste ne nous concerne pas», a-t-il martelé.
Au sujet des visites des officiels français dans les territoires sahraouis occupés, il a fait remarquer que ces visites «ne sont pas une provocation».
«Le jour où je comprendrai, j’expliquerai. Nous ne sommes pas dupes. Nous savons que l’histoire de l’autonomie est française avant qu’elle ne soit défendue par nos voisins de l’Ouest. La France et le Maroc s’entendent bien et cela ne nous dérange pas. Cette manière ostentatoire pose un problème. Elle dérange l’ONU et la légalité internationale», a-t-il souligné.
Par ailleurs, le président de la République a relevé que «la France officielle a reconnu l’assassinat de Ben M’hidi. L’histoire nous la connaissons. On ne refait pas l’histoire. Cela nous ramène à la question de la mémoire».
«Quand on met la poussière sous le tapis, cela devient irrespirable (pour la France). Cela nous renvoie à la liberté d’expression», note le président de la République, citant Jean-Michel Apathie, les «Dreyfusards» et les OQTF (dont celui qui a dénoncé le génocide à Ghaza).
«Pour eux (les Français), la liberté est je dis ce que je veux et tu te la fermes : On ne se la ferme pas», a-t-il martelé, ajoutant qu’il «faut savoir raison garder. Il y a des Français qui nous aiment et qui nous ont aidés».
«Il y a des journalistes français honnêtes et courageux qui disent la vérité. On a beaucoup d’amis en France comme Audin, Maillot, Sartre, de Beauvoir, Simone Veil, Gisèle Halimi», a encore souligné le président de la République.
Un dialogue national fin 2025 ou début 2026
Le chef de l’Etat a réaffirmé son engagement à ouvrir un dialogue national fin 2025 ou début 2026, souhaitant que ce dialogue profite au pays.
«Je respecte toujours mes engagements, mais au moment opportun, j’ai annoncé précédemment l’ouverture d’un dialogue national sur l’avenir du pays fin 2025 ou début 2026».
Sur le choix de cette date, le président de la République a expliqué : «Je pense que d’ici là, nous aurons résolu presque tous les problèmes hérités et comblé toutes les lacunes, ce qui nous permettra de nous consacrer aux questions politiques inclusives», souhaitant que ce dialogue «profite au pays et non aux personnes».
Saluant «l’évolution significative» du niveau de conscience collective, le président de la République a relevé que la majorité des jeunes universitaires avaient «la capacité d’analyser les événements.
Il a, dans ce cadre, rappelé qu’il s’était engagé, lors de la campagne électorale pour son premier mandat présidentiel, à passer le flambeau aux jeunes, un engagement qui se concrétise actuellement en permettant à cette importante frange de la société de renforcer sa présence au sein des assemblées élues locales et nationales. Ces efforts visent, a-t-il dit, à «créer une nouvelle élite politique et économique, en misant sur les jeunes entrepreneurs».
Le président de la République a, une fois de plus, insisté sur le fait que «tous les Algériens sont égaux, où qu’ils se trouvent, et ont le droit d’investir dans leur mère patrie», faisant état de l’existence d’«un projet visant à rassembler tous les experts algériens au sein d’une structure qui constituera une force de proposition, une démarche qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de la cohésion nationale».
R. N.
