
Reconnue coupable lundi dernier de détournement de fonds publics par le tribunal correctionnel de Paris, la cheffe de l’extrême droite française, Marine Le Pen, doit désormais se prononcer sur une éventuelle peine d’inéligibilité pour la dirigeante, à deux ans de l’élection présidentielle en France.
La lecture de ce jugement tant attendu a commencé aux alentours de 08h20 GMT, dans une salle bondée de journalistes et de spectateurs.
L’accusation a requis fin novembre à l’encontre de Marine Le Pen, une peine de cinq ans d’inéligibilité «avec exécution provisoire», c’est-à-dire s’appliquant immédiatement, même en cas d’appel de l’intéressée. Si les juges donnent suite à ce réquisitoire, Marine Le Pen, âgée de 56 ans, ne devrait théoriquement pas être en mesure de participer à l’élection présidentielle de 2027. L’accusation demande également une peine de quatre ans de prison, dont deux ans ferme, pouvant être aménagés en travaux d’intérêt général, ainsi qu’une amende de 300.000 euros. Huit eurodéputés de son parti, le Rassemblement national (RN), ont aussi été jugés coupables de détournement de fonds publics.
Le tribunal a estimé que le préjudice total était de 2,9 millions d’euros, les eurodéputés RN ayant fait «prendre en charge par le Parlement européen des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti» d’extrême droite.
D’après l’accusation, le Front national aurait instauré un «système organisé, systématisé» permettant, entre 2004 et 2016, de transformer le Parlement européen en la «vache à lait» du parti, en utilisant les enveloppes mensuelles de 21 000 euros allouées aux députés européens pour payer des assistants parlementaires «fictifs». Le Parlement européen évalue le préjudice à 4,5 millions d’euros.
A. Ryad
