
Le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, M. Yacine El-Mahdi Oualid, a mis en garde contre les effets profonds des transformations technologiques accélérées, en particulier l’intelligence artificielle, sur le marché du travail. Il a souligné que ces mutations placent les pays d’Afrique du Nord face à des défis majeurs, nécessitant une révision complète des méthodes de préparation et de qualification des jeunes.
Le ministre a expliqué que «l’intelligence artificielle devrait contribuer directement au produit intérieur brut de la région. Cependant, elle menace également de faire disparaître environ 44% des compétences actuelles en Afrique dans les prochaines années, menant à ce qu’on appelle le « milieu perdu » du marché de l’emploi, où l’IA renforce les opportunités pour les travailleurs hautement qualifiés, tout en mettant en péril les emplois de qualification intermédiaire.»
Il a indiqué que «cette nouvelle réalité nous oblige à repenser en profondeur les systèmes de formation professionnelle, en mettant l’accent sur les compétences d’avenir que l’intelligence artificielle ne peut remplacer, telles que la pensée critique, la créativité, l’intelligence émotionnelle, l’esprit de collaboration, l’entrepreneuriat, ainsi que la capacité d’apprentissage tout au long de la vie.»
Le ministre a cité l’exemple d’une entreprise canadienne dans le domaine de la construction, qui a récemment annoncé l’un de ses projets à travers une affiche portant la mention : «Nous vivons dans un monde où l’intelligence artificielle est devenue une réalité», illustrant ainsi le changement profond qui touche tous les domaines professionnels.
Il a conclu en affirmant que l’Algérie a d’ores et déjà commencé à adopter un nouveau référentiel professionnel en phase avec les transformations numériques, plaçant la formation au cœur du combat pour un avenir professionnel sûr des jeunes, à l’ère de la quatrième révolution industrielle.
M. Hiddaoui : «la jeunesse, un acteur central du processus de renaissance nationale»

En outre, lors de sa participation au Forum international, le ministre de la Jeunesse, M. Mustapha Hiddaoui, a affirmé que l’Algérie accorde une grande importance à faire de la jeunesse un acteur central du processus de renaissance nationale, soulignant que l’autonomisation économique ne saurait être dissociée de l’autonomisation politique.
Le ministre a précisé que son intervention au cours de cet événement a mis en lumière la volonté politique suprême en Algérie, qui a fait de la jeunesse un partenaire clé dans la prise de décision et un pilier essentiel de la dynamique nationale que connaît le pays.
Dans ce contexte, M. Hidaoui a présenté les différentes mesures et dispositifs mis en place pour soutenir les jeunes et leur permettre de jouer un rôle actif dans l’économie nationale. Il a notamment mis en avant le bond qualitatif réalisé dans le domaine des startups, dont le nombre est passé de quelques-unes avant 2019 à plus de 10 000 en 2025, en plus de la mise à disposition de divers mécanismes de financement pour soutenir les petites et moyennes entreprises.
Le ministre a estimé que ce forum a constitué une occasion de présenter les efforts de l’Algérie dans ce domaine, tout en offrant une plateforme d’échange d’expériences avec divers pays du monde islamique, en vue de relever les défis communs entravant l’intégration des jeunes dans l’économie.
Pour conclure, M. Haidaoui a insisté sur l’importance de réfléchir à de nouveaux mécanismes de financement innovants en faveur des projets portés par les jeunes, appelant à tirer parti des institutions financières de renom, telles que la Banque islamique de développement, afin de contribuer à la réalisation de ces objectifs.
Pour rappel, cet événement incontournable a débuté hier au centre international de conférence, et se termine le 22 mai sous patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
A. Ryad
