
Lors d’une rencontre axée sur « la mise en valeur et la revalorisation du patrimoine matériel et des biens culturels de la région d’El-Atteuf (Ghardaïa), prenant pour exemple le mausolée de Cheikh Brahim Ben Menad Zenati », les participants ont insisté sur la nécessité de recenser, cataloguer et numériser l’ensemble du patrimoine matériel et immatériel de la région du M’zab. Ils ont souligné l’importance de recourir aux nouvelles technologies de l’information et à l’intelligence artificielle (IA) pour en assurer la sauvegarde et la valorisation, ont indiqué, samedi dernier, les organisateurs.
Ils ont également prôné une approche participative incluant tous les acteurs locaux impliqués dans la protection du patrimoine, qu’il soit matériel ou immatériel, ainsi que les monuments et autres biens culturels de la région du M’zab, classés patrimoine mondial par l’Unesco depuis 1982.
Les intervenants ont plaidé pour un inventaire complet des biens culturels, en intégrant les technologies modernes pour leur mise en valeur et leur promotion, afin d’en faire un levier de développement pour l’économie locale.
La conservation et la mise en valeur du patrimoine sont devenues, ces dernières années, une priorité pour les autorités algériennes, a déclaré à l’APS Omar Bakelli, architecte et directeur d’un bureau d’études à Ghardaïa. Il a expliqué que cette rencontre visait à favoriser l’échange d’expériences entre les divers intervenants, à évaluer les efforts de préservation et de restauration, à corriger les failles constatées, et à optimiser les processus grâce aux nouvelles technologies et à l’IA, qui facilitent les tâches et contournent les obstacles liés à la topographie.
Les participants ont aussi appelé à impliquer les citoyens dans la protection de cet héritage ancestral, un patrimoine exceptionnel qui se détériore progressivement en raison du temps, des conditions climatiques extrêmes et des moyens limités de certains habitants. Ils ont insisté sur l’adoption de solutions à la fois scientifiques et pratiques.
La rencontre, qui s’est clôturée vendredi soir par la visite de plusieurs chantiers de restauration dans la vallée du M’zab, a été une occasion de réunir responsables, chercheurs, société civile et citoyens, afin de coordonner leurs efforts pour élaborer des approches de préservation efficaces et définir une stratégie participative de valorisation.
Ghardaïa et ses ksour, chefs-d’œuvre d’architecture, construits en forme d’amphithéâtre dans un paysage rocailleux — qui a inspiré Le Corbusier — ainsi que ses ingénieux systèmes de partage de l’eau, continuent de susciter l’intérêt de nombreux spécialistes et chercheurs.
Organisée au siège de l’Office de protection et de promotion de la vallée du M’zab (OPVM), cette rencontre, qui coïncide avec le mois du patrimoine (18 avril – 18 mai), a rassemblé experts, universitaires et chercheurs venus de diverses régions du pays. Elle avait pour but de valoriser le patrimoine culturel et architectural du mausolée de Cheikh Brahim Ben Menad Zenati, figure spirituelle ayant œuvré pour les réformes sociales et religieuses à El-Atteuf, premier ksar construit dans le M’zab.
Une modélisation 3D virtuelle du mausolée a été dévoilée à cette occasion, présentant notamment l’espace dédié à la prière, salué par les organisateurs comme une œuvre architecturale d’exception.
Cheklat Meriem
