
Dans cet entretien, M’hamed Amine Boutalbi, directeur du Centre arabo-africain d’investissement et de développement (CAAID), qui a participé aux travaux de la Banque islamique de développement durable, nous expose les points essentiels de cet événement ainsi que les accords qui ont été signés.
Entretien réalisé par Ammour Ryad
Tout d’abord, pourriez-vous nous parler de cet événement majeur ?
Cette première édition en Algérie représente une occasion exceptionnelle pour renforcer les relations économiques entre l’Algérie et les pays islamiques, tout en soutenant la diversification de l’économie et en attirant davantage d’investissements dans les pays islamiques, notamment en Algérie.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste précisément cet accord signé entre le Centre arabo africain d’investissement et de développement et la Banque islamique de développement (BID) ?
Tout d’abord, le Centre arabo africain d’investissement et de développement a signé un accord, et je crois que c’est la seule organisation en Afrique et dans le monde arabe qui a conclu un accord avec la Banque lors de cette réunion annuelle. Cela renforce notre position et nous donne davantage de pouvoir pour travailler plus efficacement et accompagner les investisseurs du monde islamique et d’Afrique ainsi que du monde arabe. Aujourd’hui, cette signature représente un moment très important pour tous les investisseurs du secteur privé en Algérie. Parmi les points les plus significatifs que nous avons abordés, nous avons convenu d’encourager les institutions petites et moyennes, ainsi que les startups, à bénéficier de financements directs ou de partenariats avec le Groupe de la Banque islamique de développement.
À travers cet accord, le secteur privé bénéficiera également d’une meilleure compréhension de l’importance des institutions islamiques dans le financement de projets, ainsi que de la nature des projets que cette institution recherche dans le secteur privé , à savoir dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, des transports et du commerce .Toutes ces initiatives sont des leviers importants pour diversifier les sources de revenus et contribuer à la diversification de l’économie, comme l’a souligné le thème de l’assemblée générale du Groupe de la Banque islamique de développement. Un autre point clé de l’accord est l’accompagnement des investisseurs dans la promotion de leurs exportations à l’international, en particulier pour les entreprises algériennes et la mise en valeur de toutes les opportunités liées à leurs produits. Nous avons aussi vu la signature de Cagex avec la Banque islamique de développement pour garantir les investissements, ou plus précisément, pour assurer le commerce. Cette institution joue un rôle essentiel pour sécuriser nos exportations et renforcer la compétitivité des exportateurs en soutenant l’expansion de nos produits à l’étranger.
Quel est l’impact et la portée de cet accord en termes de bénéfices pour les parties prenantes ?
Pour nous, au Centre arabe, il ne s’agit pas d’un accord basé uniquement sur une valeur, mais plutôt d’un accord d’accompagnement. C’est l’aspect le plus important pour nous, car aujourd’hui, nous sommes capables de connecter toutes les entreprises, notamment grâce à vous et au différents médias, pour faire connaître les grandes opportunités au sein du Groupe de la Banque islamique de développement. Cela permet au Centre arabe de transmettre le message de manière optimale afin que ces institutions puissent tirer parti des ressources de cette banque. La banque compte 11 succursales, et ces 11 succursales sont à la disposition de toutes les entreprises, grandes ou petites, des entreprises familiales ou des petites entreprises artisanales, qui peuvent bénéficier de financements, de partenariats et d’autres accords, incluant des subventions de la banque. Environ 600 millions de dollars, représentant la moitié des accords, sont des subventions de la banque à différents pays.
Il est impératif que nous saisissions les opportunités dans les phases à venir et que nous tirions profit de chaque chance qui se présente, surtout pour les petites et moyennes entreprises. Ces entreprises doivent être informées des opportunités qui existent au sein de ce groupe. L’État doit aussi comprendre que ce groupe est une institution majeure , et qu’il est l’un des plus grands contributeurs au développement, avec un impact majeur pour la jeunesse, les femmes, les investisseurs, les commerçants, les exportateurs et les producteurs . Nous devons saisir ces opportunités de manière stratégique pour en bénéficier pleinement.
Que pensez-vous de de l’accord signé à la création d’un hôpital pour les malades du cancer en Palestine, en lien avec les déclarations du Premier ministre ?
Pour nous, les Algériens, toute aide à la Palestine est toujours motivante. Le Groupe de la Banque accompagne toujours de telles initiatives, et nous avons vu la signature d’un accord entre la banque et le ministre des Finances palestinien. La Palestine est toujours présente dans nos esprits et nos actions, et nous sommes heureux qu’elle ait bénéficié de ce soutien lors de cette assemblée générale, après n’avoir pas pu en profiter lors de la réunion précédente à Riyad. Cette signature représente un soutien important pour l’investissement en Palestine.
A. R.
