Vers un isolement de l’entité sioniste ? Jacques-Marie Bourget, Écrivain, journaliste-reporteur français, sur ALG24 : « C’est une fumisterie, c’est juste pour satisfaire les opinions publiques»

Lors de l’émission «L’Échiquier international», diffusée mercredi soir sur AL24 News, le journaliste Jacques-Marie Bourget a estimé que la réaction de l’Union européenne face aux crimes sionistes à Ghaza relève moins d’une volonté géopolitique que d’une réponse contrainte à la pression des opinions publiques européennes.
Pendant longtemps, le mutisme de l’Union européenne face aux exactions commises par l’entité sioniste en Palestine a été dénoncé comme un silence complice. Mais un frémissement semble poindre dans l’attitude européenne, que certains observateurs qualifient de “hausse de ton”, bien que tardive et mesurée. Parmi les voix qui s’élèvent pour décrypter cette inflexion, celle du journaliste et écrivain français Jacques-Marie Bourget, figure respectée du journalisme d’investigation, résonne avec gravité et lucidité.
Dans une déclaration sans concession, Bourget décrit une situation de plus en plus insoutenable dans les territoires palestiniens, où l’inhumanité atteint des sommets. Pour lui, l’indignation populaire qui enfle dans les rues semble forcer les chancelleries à sortir de leur réserve, fût-ce symboliquement. Pour le journaliste ce «frémissement diplomatique» n’est toutefois qu’une illusion passagère, une «comédie» de l’UE vouée à se dissiper sous la pression des intérêts établis.
Ce que dévoile finalement cette prise de parole, c’est la nécessité d’un sursaut éthique de la part des sociétés européennes. Car, comme le souligne Jacques-Marie Bourget, le drame palestinien n’est pas seulement une question de politique étrangère : il est le reflet d’un monde où la justice est soumise à des rapports de force, et où l’humanité est trop souvent sacrifiée sur l’autel des alliances.

Un génocide sous les yeux d’un monde tétanisé
Jacques-Marie Bourget, fort de son expérience dans les zones de conflit, ne mâche pas ses mots pour qualifier les actes en cours : «Des crimes contre l’humanité que nul n’ose dénoncer ou stopper.» Le ton est ferme, l’accusation directe. Il ne s’agit plus de dénoncer un simple “déséquilibre” dans le conflit israélo-palestinien, mais de mettre en lumière une politique systématique d’anéantissement qui, selon lui, relève du génocide.
Les faits sont implacables. Plus de 40 000 morts à Ghaza ont été recensés officiellement, sans compter les milliers de disparus ou de blessés gravement mutilés. À ce lourd tribut s’ajoutent des maisons rasées, des quartiers entiers réduits en poussière, et un blocus systématique visant à affamer la population palestinienne : «L’entité sioniste, après avoir tué plus de 152 Palestiniens et rasé leurs maisons, décide de procéder à la deuxième étape génocidaire, qui consiste à affamer la population», dénonce Bourget.
Pour l’orateur le monde est toujours « tétanisé» et cela bien que la cause palestinienne ait légèrement évolué depuis le début de cette crise sans précédent dans la région. La crise humanitaire doit été le premier des soucis des diplomaties internationales. Il faut sauver le peuple palestinien.

Une hypocrisie occidentale
Malgré l’ampleur des atrocités, la dénonciation politique tarde à se faire entendre. Ce silence est d’autant plus assourdissant en France, où Bourget pointe une atmosphère de répression idéologique. «En France, vous avez des gens comme monsieur Retailleau, qui font que si jamais vous manifestez votre dégoût du sionisme, vous allez en prison», accuse-t-il. La critique de la politique sioniste, confondue délibérément avec l’antisémitisme, est ainsi muselée par des dispositifs légaux et une pression communautaire puissante : «Il y a une communauté juive importante. Il y a le CRIF. Il y a tout un poids. Donc c’est un peu compliqué de manifester», confie-t-il.
Cela dit, dans d’autres pays européens, les manifestations de soutien à la cause palestinienne prennent une ampleur notable. L’Espagne, l’Irlande ou encore la Belgique voient leurs rues se remplir de citoyens réclamant justice, humanité et cohérence. Face à cette mobilisation populaire, certains gouvernements n’ont d’autre choix que de prendre position, même si ce n’est que du bout des lèvres.
«Les Espagnols et les Irlandais ont demandé à ce que, dans le cadre de l’article 95 qui régit les relations d’Israël avec l’Europe, on examine l’article 2», explique Bourget. Cet article stipule que les relations entre l’UE et ses partenaires doivent se fonder sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques. Or, cette condition fondamentale est aujourd’hui ouvertement piétinée par l’entité sioniste sans aucune conséquence tangible.
Pour Jacques-Marie Bourget, ce sursaut apparent ne constitue pas un tournant politique, mais un simple ajustement tactique. «Les dirigeants se sentent un petit peu gênés», admet-il. Mais cette gêne ne s’accompagne ni d’un changement structurel ni d’une volonté réelle de faire appliquer les normes internationales. Elle relève d’une posture de façade destinée à apaiser une opinion publique de plus en plus informée.

Ne plus parler, agir
La situation tragique à Ghaza agit comme un révélateur de l’hypocrisie occidentale et de l’impuissance volontaire de l’Union européenne. Si l’on perçoit ici et là un changement de ton, c’est moins par éthique que par nécessité politique face à une pression populaire croissante. Jacques-Marie Bourget, avec son ton direct et sans détour, a rappelé que tant que les mots ne seront pas suivis d’actes concrets, l’UE restera complice.
En effet, tant que l’indignation populaire ne se traduira pas en actes politiques concrets, l’Union européenne restera face à son miroir, celui d’une conscience embuée par ses compromissions, incapable de choisir clairement entre les principes de droit et les intérêts d’État. Le frémissement restera alors ce qu’il est : un soupir diplomatique, et non un tournant historique.
Il appartient donc à chacun, et à l’Union européenne en particulier, de choisir entre le confort du silence et l’honneur de la parole. Et si ce frémissement européen devait annoncer un changement de paradigme, il devra se traduire non pas seulement par des mots, mais par des actes concrets, à la hauteur des attentes des populations palestiniennes.
G. Salah Eddine

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