
À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’Afrique, dimanche dernier, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a déclaré dans un message que le continent « se construit lentement mais sûrement ». Il a également souligné que l’Afrique continue, aujourd’hui encore, à « consentir des sacrifices afin de se libérer des affres des conflits et du sous-développement ».
La Journée de l’Afrique est placée cette année sous le thème : «La justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers des réparations». À cette occasion, Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, a livré un message empreint de mémoire et d’espoir.
Selon lui, cette commémoration constitue «un moment de souvenir et de communion entre tous les Africains». Il a reconnu que «des souvenirs et une histoire, souvent douloureuse, ancienne et contemporaine, remontent à la surface».
Cependant, a-t-il poursuivi, «l’Afrique ne se morfond pas dans les blessures et les amertumes du passé. Elle continue à consentir des sacrifices encore et encore, afin de se libérer des affres des conflits, du sous-développement et des guerres».
Il a ajouté que «l’Afrique se construit depuis lors, lentement mais sûrement : ‘Rome ne s’est pas faite en un jour’, disait le célèbre adage».
Le président de la Commission a également souligné la place de plus en plus affirmée du continent sur la scène internationale : «À travers les aspirations de ses peuples traduites dans la Charte de l’OUA puis dans l’Acte constitutif de l’Union africaine, le continent se positionne avec force et détermination sur la scène internationale».
Il a réitéré les nombreux atouts de l’Afrique : «Avec plus de 2,5 milliards d’habitants en 2050 sur le continent, des millions d’hectares de terres arables, des ressources minières innombrables, des sources d’eau intarissables et un ensoleillement exceptionnel, le continent dispose de tous les atouts pour réaliser le rêve de tous les Africains à savoir l’Afrique que nous voulons : intégrée, pacifique et prospère».
Dans le même contexte, il a mis en évidence le rôle central de la population : «Les femmes et la jeunesse africaine prennent leur destin en main, s’organisent, revendiquent et agissent pour améliorer leur quotidien. Les gouvernements investissent dans les infrastructures, le développement des politiques réalistes et pragmatiques».
Et de continuer : «Notre continent ne peut plus être ignoré. Son adhésion au G20 est non seulement une participation méritée, mais aussi une reconnaissance mondiale de l’importance de l’Afrique. Il ne fait aucun doute que le potentiel de l’Afrique, ses ressources minérales, ses terres arables et sa capacité industrielle doivent être pris en compte».
Dans cette perspective, il a exhorté les Africains à «protéger ces ressources, pour le bien des générations présentes et futures», et invité les pays membres de l’Union africaine à «développer une chaîne de valeur viable sur le continent grâce à un processus de transformation à valeur ajoutée».
Il a aussi alerté sur le contexte international : «Nous savons tous que la géopolitique internationale est menée aux dépens de notre continent, les puissances mondiales influentes n’accordent pas l’attention qu’elles méritent aux ambitions de notre continent». D’où son appel appuyé : «Il nous appartient, à nous Africains, d’affirmer nos valeurs, de réaffirmer nos convictions et de gagner le respect de toutes les nations par notre capacité à peser sur la scène mondiale».
Mahmoud Ali Youssouf a conclu son message en affirmant l’héritage du panafricanisme : «Le panafricanisme a été construit par nos ancêtres non seulement sur la base des aspirations légitimes de nos peuples, mais plus largement sur un certain nombre d’objectifs stratégiques qui sont le reflet d’une pensée critique pour l’avenir de ce continent et de ses peuples».
A. Ryad
