
Comme chaque année, la fête de l’Aïd El-Adha, célébrée vendredi denier, donne lieu à une vaste opération de récupération des peaux de moutons. Un geste simple, mais porteur de valeur, qui permet de transformer un résidu en une ressource précieuse pour les filières du cuir et du textile, à condition que les citoyens s’y impliquent pleinement.
La réussite de cette campagne, déployée sur l’ensemble du pays, repose en grande partie sur la participation active de chacun. Les autorités invitent donc les citoyens à accompagner leurs efforts pour donner une seconde vie à ces peaux et soutenir des secteurs industriels qui en dépendent.
Au-delà de l’impact économique, récupérer ces peaux, c’est aussi préserver l’environnement. Plutôt que de les voir finir enfouies ou abandonnées, elles peuvent être réutilisées dans la fabrication de chaussures, maroquinerie ou vêtements, tout en évitant la pollution liée aux déchets organiques.
Pour cette édition 2025, les pouvoirs publics ont renforcé leur dispositif : logistique mieux organisée, large campagne de sensibilisation, et coordination étroite avec les acteurs associatifs pour inciter à manipuler correctement les peaux après le sacrifice et maintenir la propreté des lieux.
Des consignes claires ont été diffusées à travers les wilayas : ne pas laver les peaux, les saler côté chair pour les conserver, et les déposer dans les points de collecte prévus à cet effet. L’idéal reste de se rendre dans les abattoirs publics agréés.
Des points de collecte ont été mis en place dans les différentes communes, dans le cadre d’un effort coordonné par le ministère de l’Industrie et le groupe public Getex (spécialisé dans le textile et le cuir). L’objectif est d’assurer une collecte efficace, avec une qualité optimale pour le traitement industriel.
La filiale spécialisée Algérienne des cuirs et dérivés (ACED), rattachée à Getex, espère cette année dépasser le seuil des 500 000 peaux récoltées l’année dernière. Selon son PDG, Hamid Belkhiri, des partenariats ont été établis avec plusieurs centres d’enfouissement technique pour structurer le circuit de récupération dans les différentes régions.
Des abattoirs mobiles seront également déployés afin d’améliorer l’écorchage sur site et de préserver la qualité des peaux dès leur prélèvement.
Associations et bénévoles se mobiliseront aussi pour prêter main-forte au transport et à la logistique dans les différents points de collecte.
Pour rendre la démarche plus accessible, le ministère de l’Industrie a lancé deux applications. « Mriguel Hidora », une carte interactive qui localise les points de dépôt, et « Moustafid », qui permet de faire don de sa peau en ligne à travers un collecteur identifié.
Cette opération, pilotée localement par le ministère de l’Industrie et Getex, est soutenue par plusieurs ministères, associations et membres de la société civile.
Au final, au-delà de l’aspect purement économique, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de recyclage, de lutte contre le gaspillage, et de préservation de notre environnement. Et c’est avec l’élan collectif que ce projet pourra pleinement porter ses fruits.
Cheklat Meriem
