
L’Algérie franchit un cap technologique déterminant avec l’introduction officielle de la 5G, marquant une nouvelle étape dans son ambition de bâtir une économie numérique inclusive, souveraine, et compétitive. À travers l’attribution récente des licences d’exploitation à ses trois opérateurs majeurs – Mobilis, Djezzy, et Ooredoo – elle entre de plain-pied dans la cinquième génération des communications mobiles, considérée comme l’ossature des sociétés intelligentes du futur.
C’est dans ce contexte structurant que les enjeux et les perspectives de la technologie 5G en Algérie, dont les licences d’exploitation ont été récemment octroyées aux trois opérateurs de téléphonie mobile (Mobilis, Djezzy et Ooredoo), ont été évoqués, mardi, lors d’une journée de formation dédiée aux médias nationaux. Cette rencontre, à la fois pédagogique et stratégique, visait à sensibiliser les professionnels de l’information aux implications techniques, économiques, et sociales de ce déploiement.
Organisé sous le thème « Nouvelles technologies de l’information, notamment la 5G », l’événement a été ouvert par deux membres du gouvernement directement concernés par cette transition numérique : le ministre de la Communication, M. Mohamed Meziane, et le ministre de la Poste et des Télécommunications, M. Sid Ali Zerrouki. Tous deux ont souligné l’importance d’une couverture médiatique éclairée et précise à la hauteur des enjeux de souveraineté et d’innovation qu’implique la 5G.
Au cours des échanges, Mobilis a mis l’accent sur la rupture technologique qu’introduit la 5G. « Mobilis a présenté les techniques de la 5G, mettant en avant ses capacités en termes de haut débit, faible latence, et connexion ultra stable ». L’opérateur public a ainsi détaillé les avancées spectaculaires de cette technologie par rapport aux générations précédentes, mettant en lumière des cas d’usage concrets dans « la santé, le transport, l’éducation, et l’industrie », avec des « vitesses de connexion accrues pouvant atteindre plusieurs gigabits par seconde, une latence réduite, et une capacité de connexion massive ».
Il s’agit là d’un changement de paradigme, propice à l’émergence de services intelligents, d’objets connectés à très grande échelle, et d’environnements immersifs au service de l’usager.
Djezzy, pour sa part, a replacé le débat dans une perspective globale, illustrant l’accélération du déploiement mondial de la 5G et sa traduction sur le marché national. L’opérateur a partagé une photographie actualisée du paysage numérique algérien, en précisant que le pays « compte aujourd’hui 58,8 millions de connexions mobiles (taux de pénétration de 116%, en hausse de 5,8% par rapport à 2024), dont 91,4% en haut débit 4G ». Ces chiffres attestent d’une maturité numérique croissante, que la 5G viendra dynamiser de façon exponentielle. L’entreprise a également mis en avant les perspectives ouvertes par cette technologie dans des domaines comme « le divertissement, l’événementiel, les médias, l’éducation intelligente, et la digitalisation ».
Enfin, Ooredoo a réaffirmé son positionnement stratégique au sein de cette nouvelle dynamique, insistant sur le rôle catalyseur de la 5G pour l’ensemble des secteurs économiques. « Ooredoo a souligné, pour sa part, l’entrée de l’Algérie dans une nouvelle ère de transformation numérique, grâce à l’obtention récente des licences 5G ». L’opérateur entend « jouer un rôle clé dans le cadre du Plan Algérie 2030, en développant, notamment, des services couvrant les secteurs grand public et les entreprises ». Cette ambition vient répondre aux exigences d’un marché en mutation rapide, où la connectivité devient l’infrastructure invisible de la productivité, de la compétitivité, et de la modernisation des services publics.
À QUOI VA SERVIR LA 5G EN ALGÉRIE ?
Le lancement de la 5G en Algérie s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la vision stratégique du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à tracer les contours d’une Algérie numérique moderne, connectée à son environnement régional et international.
Au-delà de ses performances techniques spectaculaires, la 5G ouvre la voie à une refondation profonde de l’économie et des services publics en Algérie. Ses cas d’usage s’inscrivent au cœur des mutations que connaît le monde : santé connectée, éducation intelligente, agriculture de précision, villes durables, industrie 4.0 ou encore mobilité intelligente. Grâce à ses vitesses de transmission ultra-rapides, sa latence réduite à l’échelle de la milliseconde et sa capacité à connecter simultanément des millions d’appareils, la 5G devient l’épine dorsale de la société numérique de demain.
Dans le secteur de la santé, elle permettra l’essor de la télémédecine en temps réel, du diagnostic à distance assisté par intelligence artificielle, et de la chirurgie robotisée interconnectée, y compris dans les zones éloignées.
L’école, quant à elle, pourra se réinventer grâce aux classes immersives, aux contenus interactifs en réalité augmentée, et à l’égalité de l’accès au savoir, des grandes métropoles jusqu’aux confins sahariens.
L’industrie nationale, souvent freinée par l’obsolescence de ses infrastructures, pourra se moderniser par l’intégration de capteurs intelligents, de chaînes automatisées, et de systèmes de maintenance prédictive.
Le secteur agricole bénéficiera, lui aussi, de la surveillance en temps réel des sols et des cultures, optimisant les rendements et réduisant les pertes.
À travers ces usages concrets, c’est toute la chaîne de valeur nationale qui peut être reconfigurée. La 5G offre ainsi à l’Algérie une chance historique de combler ses retards structurels, de rendre ses territoires plus connectés, ses institutions plus efficaces, et ses entreprises plus compétitives.
Elle est, en somme, un outil de souveraineté, de réindustrialisation, et de justice territoriale.
Encore faut-il, pour en tirer pleinement profit, accompagner son déploiement d’une stratégie nationale de formation, d’innovation, et d’inclusion numérique à grande échelle.
Avec ce lancement prévu avant la fin de l’année 2025, l’Algérie entre dans un nouvel âge de sa transition digitale, où la technologie devient levier de souveraineté, accélérateur de croissance, et vecteur d’intégration régionale.
Encore faut-il que les usages suivent, que l’écosystème d’innovation s’étoffe, et que la formation accompagne cette révolution. Le cadre est désormais posé : reste à l’habiter avec intelligence, audace, et constance.
G. Salah Eddine
