
Dans un contexte national marqué par une volonté forte de rationaliser les dépenses publiques et d’optimiser l’efficacité de l’action gouvernementale, le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base intensifie sa stratégie de transformation numérique.
Une orientation affirmée par le ministre Lakhdar Rekhroukh, samedi dernier à Alger, à l’occasion d’une journée d’étude organisée par l’École supérieure de management des travaux publics (ESMTP), en coordination avec la Caisse nationale d’équipement pour le développement (CNED).
Citant les efforts en cours, le ministre a déclaré que « le secteur oeuvre à renforcer les mécanismes de numérisation en préparant la mise en place d’un portail numérique et d’un système d’information pour le suivi des différents projets et ce, afin d’améliorer et de garantir un suivi et un contrôle minutieux à chaque étape de leur réalisation. »
L’événement a rassemblé la haute-commissaire à la numérisation, Meriem Benmouloud, un représentant du ministère des Finances, Abdelkrim Bouzred, ainsi que de nombreux experts et cadres du secteur. Tous ont convergé sur un constat : la numérisation n’est plus un luxe technique, mais une condition sine qua non pour assurer une gouvernance efficiente, transparente, et performante des projets publics.
Dans son allocution, le ministre a souligné que « la numérisation a un rôle stratégique pour la modernisation de la gestion et des dépenses publiques », mettant en avant son potentiel en matière de « suivi des projets, d’analyse des données, et d’accélération de la cadence de réalisation. »
Il a également précisé que « plusieurs défis auxquels sont confrontés les projets, tels que la hausse des coûts et les dépassements de délais, peuvent être surmontés grâce à l’intégration de solutions numériques intelligentes qui permettent un suivi en temps réel, et fournissent des données précises pour une meilleure prise de décision à tous les niveaux. »
UN PORTAIL NUMÉRIQUE POUR LE SUIVI
C’est dans cette logique que le ministère s’oriente vers un déploiement généralisé du digital dans la gestion de ses programmes. « Le ministère oeuvre à généraliser l’usage du numérique dans la gestion des opérations enregistrées, en mettant en place un portail numérique et un système d’information pour le suivi des projets en cours dans le secteur, afin d’optimiser et de garantir un suivi et un contrôle minutieux de chaque phase de réalisation de ces projets tant au niveau central que local. »
Le système envisagé est pensé comme un véritable outil d’aide à la décision. « Ce système constituera un véritable tableau de bord facilitant la prise de décisions instantanées afin d’améliorer la performance dans la réalisation. Il permettra ainsi d’éviter les retards dans les travaux et la hausse des coûts des projets et de maîtriser le budget du secteur et, par conséquent, garantir l’efficacité des dépenses publiques», a déclaré le même orateur.
Le ministre a tenu à valoriser le rôle de l’ESMTP dans ce processus de mutation, en déclarant que « l’ESMTP a un rôle central, en tant qu’acteur académique et technique, qui veille à la formation et à la qualification des compétences humaines capables de piloter des projets numériques, à travers des programmes spécialisés répondant aux besoins des différents intervenants dans la chaîne de réalisation des projets ».
Quant à la journée d’étude, elle est perçue comme un moment clé dans l’approfondissement des synergies intersectorielles. M. Rekhroukh a informé que cette journée est importante pour explorer les véritables potentialités offertes par la numérisation, notamment en matière de renforcement de la coordination entre les secteurs concernés.
Pour sa part, le directeur général de la Caisse nationale d’équipement pour le développement (CNED), Mohamed Salim Telidji, relevant du ministère des Finances, a souligné que la numérisation constitue désormais une orientation stratégique majeure. Elle s’impose comme un levier essentiel pour améliorer la mise en œuvre des projets d’investissement public et optimiser l’efficience des dépenses de l’État.
Dans cette optique, il a rappelé que le ministère des Finances a amorcé le développement de plateformes numériques dédiées au suivi des grands projets financés par le Trésor public. Ces outils permettent de lier les engagements financiers à l’état d’avancement réel des travaux, tout en fournissant des instruments d’évaluation fondés sur des indicateurs de performance rigoureux et objectivables.
Le CNED a ainsi conçu une plateforme numérique intégrée, spécifiquement dédiée au pilotage des projets publics. Cette solution technologique assure la numérisation centralisée des données, le suivi en temps réel de l’évolution des chantiers, ainsi que la génération de rapports standardisés. Elle garantit ainsi une visibilité complète et transparente sur les différentes phases d’exécution, tout en consolidant la gouvernance financière et la maîtrise budgétaire.
Enfin, la journée d’étude a été enrichie par de nombreuses contributions techniques présentées par des experts du domaine. Ces échanges ont permis d’explorer en profondeur les moyens d’intégrer efficacement la numérisation dans la gestion des projets publics, ainsi que les mécanismes de modernisation de la gouvernance des dépenses publiques à travers l’usage d’outils numériques de nouvelle génération.
G. Salah Eddine
