
Depuis près de 15 mois, Jannik Sinner règne sans partage sur le classement ATP. Mais ce règne pourrait s’achever après l’US Open 2025. Carlos Alcaraz est en embuscade et l’Italien devra obtenir un meilleur résultat que lui à Flushing Meadows s’il veut conserver son trône. L’Espagnol, pour sa part, tente de mettre de côté cette bataille pour se concentrer uniquement sur son tennis.
Le titre new-yorkais reste évidemment l’objectif majeur, mais pour ces deux prodiges, l’enjeu est aussi une lutte de pouvoir. Depuis plusieurs mois, la place de numéro un n’était plus vraiment un sujet entre eux, mais cette fois la donne a changé. Contrairement à l’Open d’Australie, Roland-Garros ou Wimbledon, la première place mondiale est bel et bien en jeu à New York. Mieux encore, Alcaraz débute virtuellement en tête, une situation qui ne s’était plus produite depuis longtemps.
Sur le papier, Sinner conserve encore une belle avance : 11 480 points contre 9 590 pour Alcaraz. Mais l’Italien défend son titre et donc 2 000 points, tandis que son rival, éliminé au 2e tour l’an dernier, n’en remet que 50 en jeu. Une fois ces retraits mécaniques effectués, c’est l’Espagnol qui devance de justesse son concurrent (9 540 contre 9 490). Autrement dit, celui qui ira le plus loin à l’US Open terminera numéro un mondial. En cas d’élimination au même stade, Alcaraz récupérera la première place, Sinner n’ayant d’autre choix que de faire mieux que lui pour la conserver.
Cette situation met-elle une pression supplémentaire sur les épaules de l’actuel numéro un ? D’autant qu’Alcaraz disputera toujours ses matches avec une journée d’avance, lui permettant de mettre indirectement la pression. Mais le Murcien balaie l’idée : «Je ne pense pas lui mettre de pression en gagnant, a-t-il assuré après son succès contre Reilly Opelka. Je suis certain qu’il reste concentré sur son premier tour, comme je l’étais moi-même aujourd’hui.»
Alcaraz préfère éviter toute distraction : «J’essaie de ne pas penser à la place de numéro un. Mon objectif est d’aller le plus loin possible, de jouer mon meilleur tennis, et on verra bien à la fin. Celui qui sera le plus fort méritera la place de numéro un.»
La situation est limpide, ce qui n’est pas toujours le cas avant un Grand Chelem. D’ailleurs, lorsque Sinner avait conquis pour la première fois la première place, c’était après une demi-finale perdue à Roland-Garros face à… Alcaraz, vainqueur du tournoi.
Cette fois, il n’y aura pas de calcul compliqué. Alcaraz pourrait profiter du contrecoup des trois mois d’absence de Sinner plus tôt dans la saison. L’Italien, revenu en mai, avait alors retrouvé son trône, mais son rival avait entre-temps engrangé de précieux points avec ses titres à Rotterdam, Monte-Carlo et Rome. C’est peut-être maintenant que cette coupure forcée de Sinner pèsera réellement dans la balance.
A.Amine
