Dédouanement des Véhicules importés par les particuliers : Les délais et coûts réduits

Dans un contexte marqué par une hausse des importations individuelles et une saturation chronique des infrastructures portuaires, les Douanes algériennes ont annoncé, jeudi dernier dans un communiqué, une série de mesures destinées à faciliter et accélérer les procédures de dédouanement des véhicules importés par les particuliers.

L’objectif est double : alléger la facture supportée par les citoyens et désengorger les zones portuaires.
Sous l’autorité directe du premier responsable des Douanes algériennes, une réunion de coordination a été organisée le 1er octobre afin d’identifier les difficultés rencontrées par les importateurs particuliers et d’adopter des solutions concrètes. Ce rendez-vous de haut niveau a rassemblé des représentants de plusieurs ministères – Intérieur, Collectivités locales et Transports, Énergie et Mines, Commerce intérieur et Régulation du marché national –, la Direction générale des impôts, le groupe Serport, l’entreprise portuaire d’Alger, la société DP World Djazair, ainsi que des représentants des organisations professionnelles (UNTCA, Apama, Translog et Snelp).
La présence simultanée de tous ces acteurs illustre le caractère transversal du problème : le dédouanement n’est pas qu’une question de procédure douanière, mais un enjeu logistique, fiscal et réglementaire à l’échelle nationale.
Les douanes rappellent que le dédouanement d’un véhicule importé comprend à la fois des frais fixes (droits de douane, TVA, honoraires de transitaire) et des frais variables liés aux délais : surestaries payées lorsque le navire reste en rade, coûts d’entreposage dans les zones sous douane. Selon les ports, un jour supplémentaire coûte entre 2 000 et 4 000 DA. Or, en moyenne, les véhicules débarqués passent plus de 30 jours dans ces zones, ce qui fait rapidement grimper la facture pour l’importateur particulier.
Pour beaucoup d’Algériens qui choisissent d’importer eux-mêmes leur voiture, le rêve d’économiser sur les marges des concessionnaires se heurte à une réalité de coûts additionnels difficilement prévisibles. C’est précisément ce cercle vicieux que la nouvelle stratégie entend briser. Cette réunion a justement traité de cela.

Des décisions immédiates pour améliorer la chaîne logistique
À l’issue de cette réunion de coordination, la Direction générale des douanes a annoncé une série de mesures d’application immédiate, traduisant une volonté politique claire d’agir sur tous les maillons de la chaîne logistique. Ces mesures s’articulent autour d’un renforcement de la coordination entre les différents acteurs – douanes, opérateurs portuaires, transitaires et services fiscaux – pour réduire les délais de traitement et supprimer les goulots d’étranglement administratifs. Elles visent également une réorganisation logistique des zones portuaires et extra-portuaires, afin de fluidifier les flux de véhicules et de libérer un espace d’entreposage devenu critique. Dans ce cadre, l’exploitation du système d’information douanier Alces, dont le potentiel est jugé encore largement sous-utilisé, apparaît comme un levier essentiel de modernisation et de performance.
Parallèlement, la mise en place d’une interconnexion numérique entre l’ensemble des intervenants constitue un axe stratégique pour rendre le processus plus transparent et plus prévisible, réduisant ainsi l’incertitude financière et temporelle pour les importateurs particuliers. Selon le communiqué de la DGD, tous les participants à la réunion ont «adhéré à l’initiative et se sont engagés à mobiliser tous les moyens nécessaires pour mettre fin aux difficultés actuelles ».
L’une des réformes les plus significatives introduites concerne le lieu de dédouanement. Jusque-là, les véhicules importés par des particuliers étaient systématiquement dédouanés dans les ports maritimes, accentuant la saturation. Désormais, les véhicules transportés dans des conteneurs pourront être transférés vers des ports secs pour y être dédouanés. Cette mesure devrait non seulement désengorger les infrastructures maritimes, mais aussi réduire les délais et les coûts supportés par les particuliers.
Ce transfert du centre de gravité logistique vers l’intérieur du territoire répond à une logique d’optimisation déjà expérimentée dans d’autres secteurs (importations de marchandises diverses) et pourrait devenir un modèle pour d’autres filières.

Une stratégie plus large
Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre des instructions données par le président de la République, qui insiste sur la nécessité d’une administration « sur le terrain et au service du citoyen ». L’amélioration du dédouanement des véhicules particuliers ne constitue donc pas seulement une mesure technique, mais un signal politique : celui d’un État qui cherche à rapprocher ses services des attentes de la population et à restaurer la confiance dans les institutions.
En toile de fond, cette réforme rejoint les efforts plus larges de modernisation et de digitalisation de l’administration algérienne. La mise en réseau des intervenants, l’exploitation des systèmes d’information et le recours aux ports secs s’inscrivent dans une logique de « douane intelligente », où la fluidité des opérations devient un levier de compétitivité économique.
Pour les particuliers, cette évolution signifie potentiellement des délais raccourcis, des frais réduits et une meilleure prévisibilité financière. Pour l’État, c’est l’assurance d’un contrôle plus efficace et d’une image modernisée des douanes. Pour les opérateurs portuaires, c’est une opportunité de désengorger des infrastructures souvent saturées et de redistribuer les flux vers des espaces logistiques mieux adaptés.
À terme, si ces réformes sont pleinement appliquées, elles pourraient contribuer à faire du marché de l’importation automobile par les particuliers un secteur plus transparent et plus compétitif, tout en améliorant le climat de confiance entre l’administration et les citoyens. En tout cas, dans un pays où l’accès à un véhicule reste un investissement majeur pour les ménages, cette réforme, si elle est menée à terme, pourrait devenir un modèle de gestion publique pragmatique et orientée vers le citoyen.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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