Démission du premier ministre Sébastien Lecornu : La politique française en crise

C’est un nouveau séisme politique qui secoue Paris. Victime d’un remaniement raté et d’un climat politique devenu irrespirable, Sébastien Lecornu a remis, hier, et moins d’un mois après sa nomination, sa démission de Premier ministre au Président français, Emmanuel Macron. Dans un communiqué lapidaire, l’Élysée a confirmé l’information, plongeant la scène politique française dans une nouvelle zone de turbulence.
Quelques heures avant, les signaux étaient déjà mauvais. Dimanche soir, la présentation de la liste des ministres pressentis a suscité une incompréhension rare jusque dans les rangs de la majorité présidentielle.
Le casting est en effet quasi inchangé : Bruno Retailleau conserve l’Intérieur, Gérald Darmanin la Justice, Catherine Vautrin la Santé, Manuel Valls reste aux Outre-mer, Rachida Dati à la Culture, Annie Genevard à l’Agriculture et Élisabeth Borne à l’Éducation. Seul Bercy connaît un changement, avec Roland Lescure qui remplace Éric Lombard à l’Économie. Pour beaucoup, cette timide recomposition sonne comme un aveu d’impuissance. Aujourd’hui, c’est devenu un gouvernement de fin de cycle, pas de nouveau départ.
Car derrière Lecornu, c’est toute la stratégie macronienne qui semble vaciller. La France traverse une période d’inflation persistante, de grèves à répétition et de colère sociale latente. L’exécutif, fragilisé par la perte de cohésion interne et le rejet croissant de l’opinion, peine à donner un cap.
L’image est saisissante : le quinquennat, censé être celui du sursaut, ressemble désormais à une fuite en avant. La démission de Lecornu n’est plus seulement un accident de parcours ; elle devient le symbole d’un pouvoir exécutif en crise.

Une crise qui dépasse les personnes
À l’Élysée, les noms de ses successeurs circulent déjà. Bruno Le Maire, Gabriel Attal, Gérald Darmanin figurent en bonne place, mais aucun ne semble en mesure d’incarner une véritable rupture. Ce défi est immense : réconcilier une France fracturée, relancer une action gouvernementale à bout de souffle et faire face à une opinion publique lassée. La mission du prochain locataire de Matignon ressemble à une gageure dans un contexte de tension politique et sociale sans précédent depuis le début du mandat.
L’épisode Lecornu agit comme un révélateur. Il montre un exécutif au bord de l’essoufflement, une majorité divisée et une opposition revigorée.
Alors que l’Élysée cherche un successeur en urgence, le malaise est palpable. La France, déjà confrontée à des fractures sociales et territoriales profondes, risque de voir s’aggraver la défiance envers ses institutions. La crise actuelle n’est pas qu’un accident politique : elle pourrait bien être le symptôme d’une République en tension permanente.
G. S. E.

ALGER 16 DZ

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