
Cinquante ans après la proclamation de son unité nationale, le peuple sahraoui célèbre un anniversaire à la fois symbolique et historique, où mémoire, fidélité et lutte se conjuguent dans un même élan. Samedi dernier, au cœur du camp des réfugiés sahraouis, le secrétaire général du ministère sahraoui de la Défense nationale, Mohamed Lamine Mohamed Ahmed, a livré un message fort : celui d’un peuple qui, malgré les décennies d’exil et de résistance, demeure uni dans sa quête de liberté et de souveraineté.
« La présence de symboles de la révolution et de familles de martyrs à la célébration du 50e anniversaire de l’unité nationale sahraouie témoigne du haut degré de fraternité et reflète la synergie entre le peuple et la révolution », a déclaré M. Lamine Mohamed Ahmed dans une allocution vibrante, empreinte d’émotion et de détermination.
L’officier sahraoui a rappelé que l’unité nationale, proclamée le 12 octobre 1975 lors de la rencontre de Ben Telli, constitue le pilier central de la cause sahraouie. À cette époque, le peuple du Sahara occidental, confronté à l’avancée coloniale et aux manœuvres expansionnistes, avait décidé de se regrouper sous une seule bannière : celle du Front Polisario, reconnu depuis lors comme son représentant unique et légitime.
« Le peuple sahraoui a choisi de mourir uni plutôt que de vivre divisé», a martelé le secrétaire général, soulignant que cette unité reste la « soupape de sécurité » et la « force de la révolution ».
Dans son discours, il a ravivé le souvenir du chahid El-Ouali Mustapha Sayed, premier président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), et de ses compagnons fondateurs. Leur vision, nourrie par le sacrifice et la foi en un destin commun, continue d’inspirer les générations actuelles de combattants et de militants.
Une célébration du lien entre peuple et armée
L’anniversaire du 50e anniversaire de l’unité nationale sahraouie n’a pas seulement été un moment de commémoration, il a également constitué, selon M. Lamine Mohamed Ahmed, « une halte de méditation et de fidélité à la lutte nationale ». À travers cette célébration, les combattants de l’Armée de libération populaire sahraouie (ALPS) ont réaffirmé leur engagement à défendre l’unité sacrée et à poursuivre la lutte pour le recouvrement total de la souveraineté nationale.
Le secrétaire général a souligné que cette unité demeure « le socle sur lequel repose la résistance sahraouie », un espace de convergence entre les différentes générations du mouvement de libération et un vecteur d’espérance pour les populations vivant dans les camps, les territoires occupés ou la diaspora.
L’événement a également mis en lumière la dimension panafricaine et solidaire de la lutte sahraouie. La présence, à Chahid El-Hafedh, d’amis et de délégations venus d’Algérie, pays frère et soutien historique du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, a été saluée comme un symbole fort de fraternité révolutionnaire.
« Cette présence reflète la profondeur des liens de solidarité entre les peuples combattants et montre les dénominateurs communs entre les Révolutions du 20 Mai et du 1er Novembre », a affirmé le responsable sahraoui, établissant un parallèle entre les trajectoires d’émancipation du peuple algérien et du peuple sahraoui.
Mémoire et continuité
En conclusion de son intervention, M. Lamine Mohamed Ahmed a rendu un hommage appuyé aux martyrs de la révolution sahraouie, exprimant sa solidarité indéfectible avec les combattants des lignes de front, les détenus politiques dans les prisons marocaines, ainsi que les réfugiés et exilés qui continuent de porter la flamme de la cause.
Les festivités ont été marquées par un défilé militaire et civil, symbole d’une nation en résistance, organisée et résolument tournée vers l’avenir.
Cinquante ans après la naissance de l’unité nationale, le message demeure inchangé : le Sahara occidental reste un peuple debout, fidèle à ses principes, attaché à son unité, et déterminé à transformer la mémoire de la lutte en horizon de liberté.
G. Salah Eddine
