
Sous l’impulsion du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le gouvernement poursuit la concrétisation de sa stratégie de redéploiement industriel. En visite de travail à Chlef, le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a affirmé, jeudi dernier, que «l’Algérie a commencé à poser les bases de l’industrie mécanique», marquant ainsi une nouvelle étape dans la construction d’un tissu industriel national intégré et durable.
Cette visite, qui s’inscrit dans la continuité des orientations présidentielles, illustre la volonté du gouvernement de donner un contenu concret au projet de réindustrialisation du pays. Pour M. Ghrieb, il ne s’agit plus seulement de relancer des usines, mais de refonder tout un modèle productif autour de la sous-traitance, de l’innovation, et de la souveraineté économique.
« Le gouvernement tient à lancer une véritable industrie mettant à contribution l’ensemble des acteurs de la sous-traitance », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « les instructions du président de la République constitueront le point de départ de tout programme gouvernemental ».
À travers cette déclaration, le Premier ministre trace les grandes lignes d’une politique industrielle fondée sur la rigueur, la planification, et la mesure des résultats. « Ses services s’attèlent à programmer d’autres étapes économiques pour traduire les efforts du gouvernement en chiffres », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité d’une approche pragmatique et chiffrée des politiques publiques.
Cette vision répond à un double impératif : relancer la production nationale tout en assurant une meilleure intégration des chaînes industrielles locales. L’objectif est clair : sortir du modèle importateur pour construire un écosystème productif capable d’exporter et de créer de la valeur ajoutée.
Chlef, laboratoire d’un nouveau modèle industriel
La visite du Premier ministre dans la wilaya de Chlef a été jalonnée de trois étapes clés, symbolisant chacune un pan stratégique de la politique industrielle nationale.
La première étape a conduit M. Ghrieb au complexe industriel CAPTEN de Ténès, spécialisé dans la fabrication de conserves de produits de la pêche. Cette unité, relevant du groupe public AGRODIV, a été récupérée dans le cadre du processus de réhabilitation des biens confisqués par décision de justice. Cette démarche illustre la transformation d’actifs jadis en déshérence en leviers de relance économique.
Sur place, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’« accélérer le processus de relance de cette unité industrielle et de mise en œuvre de ses projets d’extension », estimant que le site de Ténès pouvait devenir un pôle d’emploi et de développement local. Il a également exigé l’élaboration, « d’ici la semaine prochaine, d’une feuille de route précisant les délais d’extension, les enveloppes budgétaires allouées, et les perspectives de partenariat envisageables ».
L’industrie mécanique au cœur de la relance nationale
Le deuxième temps fort de la visite fut l’inauguration, à Oum Drou, d’une unité de fabrication de bus, camions, et pièces détachées au sein de l’usine PENG-PU. Ce site incarne le virage mécanique que souhaite opérer l’État algérien : produire localement, assembler intelligemment, et viser un haut niveau d’intégration industrielle.
Le Premier ministre a insisté sur la rigueur de ce processus : « Les services du gouvernement suivront rigoureusement toutes les démarches visant à augmenter le taux d’intégration, afin d’éviter de reproduire les expériences antérieures. » Cette phrase sonne comme une mise en garde contre les modèles d’assemblage superficiels du passé, qui avaient échoué à créer un véritable tissu industriel.
Dans la même logique, M. Ghrieb a invité les industriels à « dresser une liste des composants actuellement importés, en vue de les produire localement par des entreprises nationales », soulignant que cette orientation favoriserait la main-d’œuvre algérienne et réduirait la dépendance vis-à-vis de l’étranger.
Le Premier ministre a également présidé la signature de conventions pour l’importation de 10.000 bus dans le cadre d’un cahier des charges élaboré conjointement par les ministères de l’Industrie et de l’Intérieur. Cette opération vise à moderniser le parc de transport national, notamment public, tout en soutenant la montée en compétence du secteur mécanique local.
La verrerie, symbole de la diversification productive
La troisième et dernière étape de la visite s’est déroulée à Oued Sly, où le Premier ministre a inspecté l’unité de réhabilitation et d’extension de la Nouvelle verrerie de Chlef (NOVER), filiale du groupe public ENAVA. Ce projet, consacré à la production de verre de table, s’inscrit dans une logique d’économie circulaire et de substitution aux importations.
M. Ghrieb a souligné la nécessité «d’accélérer l’intégration de cette unité dans la démarche de renforcement de la production nationale et de réduction de l’importation de ces produits », insistant sur la place de l’industrie verrière dans la chaîne des matériaux de construction, de l’agroalimentaire, et de la restauration.
Le devoir de mémoire et l’unité nationale
Au-delà de son volet économique, la visite du Premier ministre a coïncidé avec la Journée nationale de l’émigration, célébrant le 64e anniversaire des manifestations du 17 Octobre 1961. À cette occasion, M. Ghrieb a observé une minute de silence en hommage aux martyrs, rappelant que « le peuple algérien a prouvé sa cohésion tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger » et que « le message des martyrs se perpétue aujourd’hui à travers l’édification d’une Algérie nouvelle victorieuse ».
Ce lien entre mémoire et développement traduit la philosophie du gouvernement : bâtir l’avenir sans oublier les sacrifices du passé.
En se rendant à Chlef, M. Sifi Ghrieb a voulu donner un signal fort : la politique industrielle de l’Algérie entre dans une phase d’action. Les orientations présidentielles se traduisent désormais par des projets concrets, par une gouvernance mesurable, et une volonté affirmée de créer une industrie nationale complète, compétitive, et exportatrice.
Accompagné du ministre de l’Intérieur, M. Saïd Sayoud, et du ministre de l’Industrie, M. Yahia Bachir, le Premier ministre a démontré que la coordination interministérielle est devenue la clé de voûte du modèle économique nouveau que l’Algérie entend bâtir.
Entre mécanique, agro-industrie, et verrerie, Chlef symbolise la renaissance industrielle nationale. Et au-delà des chiffres et des usines, c’est bien une vision d’avenir qui se dessine : celle d’une Algérie souveraine dans sa production, forte de ses compétences, et fidèle à l’esprit de ses martyrs.
G. Salah Eddine
