Coopération sanitaire algéro-américaine : L’innovation pharmaceutique au cœur d’un partenariat stratégique

Plusieurs entreprises pharmaceutiques américaines ont affiché, lors d’un forum organisé
à Alger, leur intérêt à coopérer avec des opérateurs locaux afin de soutenir l’innovation dans le domaine de la santé en Algérie.

Les intervenants au forum de haut niveau, organisé par la Chambre de commerce américaine en Algérie sous le thème « Stimuler l’innovation à travers la coopération stratégique entre l’Algérie et les États-Unis », ont affirmé la disposition des entreprises pharmaceutiques américaines à contribuer au développement d’un système de santé innovant et durable dans un contexte marqué par l’accélération des technologies médicales.
Au-delà des formules convenues, l’enjeu est clair : la santé est devenue un levier stratégique de souveraineté, de compétitivité industrielle et de projection technologique. L’Algérie, engagée dans un processus de modernisation de son système sanitaire et de consolidation de sa production pharmaceutique nationale, représente un terrain d’expansion naturel pour des acteurs mondiaux en quête de nouveaux partenariats structurants.
Dans ce cadre, le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis en Algérie, M. Ryan Palsrok, a mis en avant « la capacité des entreprises américaines à transférer des sciences et des technologies de pointe en Algérie, à travers une coopération étroite avec les professionnels, les institutions et les ministères, en vue de stimuler la croissance du secteur des soins de santé ».
Il a également souligné que « les relations économiques bilatérales, de longue date et multidimensionnelles, connaissent un développement dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, l’agriculture et la technologie », ajoutant que ce forum « contribuera à poursuivre cette dynamique et à renforcer la coopération dans le domaine vital des soins de santé ».
Le message diplomatique est limpide : Washington voit dans la santé un nouveau pilier de la relation économique avec Alger, aux côtés des secteurs traditionnels comme l’énergie. Une diversification qui reflète autant l’évolution des priorités algériennes que la recomposition des chaînes de valeur mondiales dans le domaine pharmaceutique.
À cette occasion, le diplomate américain a réaffirmé le soutien de son pays aux initiatives visant à renforcer les relations économiques bilatérales et à encourager l’innovation.
De son côté, le président de la Chambre de commerce américaine en Algérie, M. Warren Murdoch, a indiqué que « la tenue de ce forum reflète une ambition commune de renforcer le système de santé en Algérie à travers une innovation pharmaceutique responsable, durable et de niveau mondial ».
Il a également souligné que « l’innovation n’est plus seulement un moteur de croissance, mais un pilier de la résilience sanitaire nationale et un outil essentiel pour renforcer la compétitivité industrielle, sur lequel s’appuient les systèmes de santé modernes grâce à leur capacité d’adaptation et à l’intégration des avancées scientifiques et technologiques ».
Derrière ces propos se dessine une réalité incontournable : les systèmes de santé ne sont plus uniquement évalués à l’aune de leur couverture sociale, mais aussi à leur capacité d’absorber l’innovation, de produire localement et de participer aux circuits internationaux de recherche.
Après avoir évoqué la transformation profonde que connaît l’industrie pharmaceutique dans le monde, notamment à travers la recherche et le développement appuyés par l’intelligence artificielle, la santé numérique et l’industrialisation intelligente, le président de la Chambre a salué « les réformes initiées par l’Algérie et les investissements dédiés à la modernisation du système de santé ». Il a estimé qu’ils « offrent des bases prometteuses pour accélérer le progrès scientifique, renforcer les capacités locales et ouvrir la voie à un développement durable des compétences, ainsi qu’au renforcement de l’intégration dans les chaînes de valeur internationales ».
Ce point est central. L’Algérie ne cherche plus seulement à importer des médicaments, mais à structurer un écosystème complet intégrant production, recherche clinique, formation et innovation. L’intégration dans les chaînes de valeur internationales implique des exigences élevées en matière de normes, de propriété intellectuelle et de gouvernance scientifique.
La vice-présidente de la Chambre et directrice d’un laboratoire américain en Algérie, Mme Doria Oughlis, a, quant à elle, affirmé que la participation des firmes pharmaceutiques américaines à ce forum traduit leur volonté de promouvoir l’action commune afin d’accélérer l’accès efficace à l’innovation au profit des patients. Elle a souligné que la coopération algéro-américaine dans le domaine de la santé et de l’innovation sanitaire est « stratégique », d’autant plus qu’elle permet de fournir des traitements innovants.
L’accent mis sur l’accès des patients rappelle que l’innovation ne saurait rester un concept abstrait. Elle doit se traduire par une disponibilité accrue des traitements, une réduction des délais d’enregistrement, une amélioration des essais cliniques et une montée en gamme des capacités locales.
Au cours de cette rencontre, les intervenants ont mis en avant le rôle des entreprises pharmaceutiques dans le renforcement de l’innovation en tant que valeur socio-économique, ainsi que les moyens de mettre en place un environnement durable propice à l’innovation, y compris la protection des brevets d’invention et la consolidation des capacités nationales en matière de recherches cliniques.
La question de la propriété intellectuelle, souvent sensible, apparaît ici comme un levier incontournable pour attirer des investissements technologiques de long terme. Elle conditionne la confiance des acteurs internationaux tout en posant la nécessité d’un équilibre avec les impératifs d’accessibilité des soins.
À noter que ce forum a été marqué par la présence de représentants de plusieurs secteurs ministériels, du recteur de l’Université des sciences médicales, M. Merzak Ghernaout, du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), M. Kamel Moula, du représentant de la direction générale des Douanes, de représentants d’organisations professionnelles, ainsi que de plusieurs experts et enseignants-chercheurs.
En clair, la santé devient un terrain stratégique où diplomatie économique, innovation technologique et souveraineté nationale se croisent. Reste désormais à transformer l’intention affichée en partenariats concrets, en transferts effectifs de technologie et en valeur ajoutée locale. Parce que dans ce domaine, les déclarations ne soignent personne. Les investissements, si.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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