
Entre voisinage géographique et intérêts stratégiques partagés, l’Algérie et le Niger entretiennent depuis plusieurs décennies une relation bilatérale dense, structurée autour de la sécurité, de l’énergie et du développement. Malgré des tensions ponctuelles liées aux recompositions politiques au Sahel, les deux pays affichent aujourd’hui leur volonté de consolider un partenariat jugé essentiel pour la stabilité régionale.
Une relation ancrée dans le voisinage saharien
Frontaliers sur près de 1 000 kilomètres, Alger et Niamey partagent une préoccupation commune : la sécurisation de la bande sahélo-saharienne, confrontée aux trafics transfrontaliers et aux groupes armés. La coopération sécuritaire constitue ainsi l’un des piliers historiques de leurs relations, avec des mécanismes de coordination militaire et des échanges réguliers entre responsables des deux pays.
Dans un contexte marqué par les bouleversements politiques au Sahel et la redéfinition des alliances régionales, l’Algérie a réaffirmé son attachement au dialogue et à la stabilité du Niger, privilégiant une approche diplomatique et concertée.
L’énergie, moteur du partenariat
Au cœur de la coopération économique figure le projet du gazoduc transsaharien (TSGP), destiné à relier les ressources gazières nigérianes à l’Europe via le Niger et l’Algérie. Ce mégaprojet énergétique, régulièrement relancé lors de rencontres ministérielles tripartites, symbolise l’ambition d’intégration régionale et le rôle stratégique des deux pays dans l’approvisionnement énergétique du continent européen.
Au-delà du gaz, les discussions portent également sur l’exploration et l’exploitation de blocs pétroliers au Niger, avec la participation d’entreprises algériennes du secteur des hydrocarbures. L’objectif affiché : renforcer les capacités de production nigériennes tout en consolidant la présence économique algérienne au Sahel.
Coopération économique et solidarité
La relation bilatérale ne se limite pas aux hydrocarbures. Alger et Niamey développent des partenariats dans les domaines du commerce, des transports et de la formation. L’Algérie accorde régulièrement des bourses d’études à des étudiants nigériens et apporte un appui technique dans plusieurs secteurs.
Sur le plan humanitaire, Alger a également manifesté sa solidarité à travers des aides alimentaires et médicales lors de périodes de crise, illustrant une dimension sociale souvent moins médiatisée de la coopération.
Un dialogue politique relancé
Après une phase de refroidissement diplomatique liée aux évolutions politiques au Niger et aux dynamiques régionales, les deux capitales ont récemment multiplié les signaux d’apaisement. Le retour des ambassadeurs et la reprise des échanges officiels témoignent d’une volonté commune de tourner la page des tensions et de relancer les projets en suspens.
Pour les observateurs, la consolidation de l’axe Alger–Niamey demeure stratégique : elle conditionne en partie la stabilité du flanc sud algérien et l’ouverture du Niger vers la Méditerranée.
Perspectives
À moyen terme, les défis restent nombreux : sécurisation des frontières, financement des grands projets énergétiques, adaptation aux nouvelles alliances sahéliennes. Mais les autorités des deux pays semblent déterminées à préserver un partenariat fondé sur le bon voisinage et les intérêts mutuels.
Dans un Sahel en recomposition, la coopération entre l’Algérie et le Niger apparaît ainsi comme un levier diplomatique et économique majeur, appelé à jouer un rôle croissant dans l’équilibre régional.
Alger16
