
À l’occasion du mois sacré de Ramadan, le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA) déploie un programme artistique dense et éclectique, du 23 février au 16 mars, avec des spectacles programmés chaque soir à partir de 21h30. Théâtre, musique et comédie musicale rythmeront ces veillées que l’institution entend placer sous le signe du partage, de l’exigence artistique et de la célébration du patrimoine.
Présentée lors d’une conférence de presse animée par le directeur artistique Djamel Guermi, accompagné du chef du service de la programmation et de la distribution, Sofiane Boukemouche, cette édition spéciale ambitionne de faire du TNA « une destination culturelle tout au long du mois béni ». L’affiche conjugue œuvres confirmées et nouvelles créations, réunissant signatures prestigieuses et jeunes talents dans un esprit où le divertissement ne se dissocie pas du propos et de la réflexion.
Théâtre : reconnaissance nationale
Le coup d’envoi sera donné avec quatre représentations consécutives, du 23 au 26 février, de « Djanazet Ayoub », la plus récente production du TNA, écrite et mise en scène par Ahmed Rezzak. Portée par une vingtaine de comédiens, la pièce s’est distinguée en décembre dernier en remportant le Grand Prix du Festival national du théâtre professionnel d’Alger (FNTP).
À travers l’histoire d’Ayoub et de sa famille, cette comédie burlesque déploie, entre ironie et lucidité, un regard critique sur certaines dérives sociales. Le rire y devient révélateur, esquissant des personnages fragiles et profondément humains dans une mise en scène qui préfère éclairer plutôt que condamner.
Une scène musicale aux couleurs multiples
La musique occupera également une place de choix dans cette programmation. Plusieurs figures reconnues de la scène nationale se succéderont sur les planches du TNA : Abbas Righi (27 février), Lila Borsali (5 mars), Manel Gherbi (7 mars), le groupe Tikoubaouine (10 mars), Abdelkader Chaou (13 mars) et Zakia Kara Terki (16 mars).
Le 12 mars, la comédie musicale « Khatem Dzair », signée par la troupe Ahl El Fen, sera de nouveau présentée, prolongeant le dialogue entre tradition et modernité.
Hommage à une figure engagée du théâtre
La seconde moitié du mois de février sera par ailleurs dédiée à la mémoire de Mohamed Boudia, né le 24 février 1932 et assassiné le 28 juin 1973. Homme de théâtre engagé, militant pour l’indépendance nationale et la cause palestinienne, il demeure une figure marquante de la scène culturelle algérienne. Cet hommage s’inscrit dans la continuité des initiatives du TNA visant à célébrer les grandes figures du théâtre, après la mise à l’honneur de Azzedine Medjoubi lors de la première moitié du mois.
L’AARC investit les planches
De son côté, l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) investira également la scène du TNA à partir du 28 février avec une série de concerts. La grande voix du hawzi Hamidou ouvrira ces soirées le 28 février.
Le 4 mars, le spectacle « De Gharnata à Mezghenna », conçu par Sid Ali Dris, proposera un voyage musical retraçant la naissance et l’évolution de la musique traditionnelle algérienne. La programmation se poursuivra le 9 mars avec Chazyl, jeune voix montante du raï, avant de s’achever le 14 mars avec Meriem Benallal.
À travers cette programmation ramadanesque, le TNA confirme son ambition : conjuguer exigence artistique et transmission patrimoniale, et faire de ses nuits un espace de rencontre, de mémoire et de création.
R. C.
