


L’entreprise publique économique Magros, spécialisée dans la réalisation et la gestion des marchés de gros, s’emploie à assurer la disponibilité des produits agricoles et leur commercialisation à des prix compétitifs au profit des consommateurs, notamment durant le mois de Ramadan. C’est ce qu’a indiqué mardi dernier Mahboub Betaher, directeur général de cette société publique.
Dans un communiqué publié en marge de l’événement « Ramadan au Palais », organisé du 12 au 14 mars prochain au Palais des expositions des Pin-Maritimes à Alger, M. Betaher a précisé que l’entreprise sera présente, tout au long du mois sacré, dans plusieurs régions du pays à travers des points de vente dédiés aux produits agricoles, notamment au niveau des marchés de proximité. Cette démarche permettra aux agriculteurs et aux producteurs de commercialiser directement leurs produits, en coordination avec les grossistes, contribuant ainsi à la stabilité du marché et à la disponibilité continue des marchandises. Le même responsable a rassuré les consommateurs quant au maintien de prix abordables, évoquant même une éventuelle baisse dans les prochains jours avec le début de la saison des récoltes et l’abondance attendue de certains produits.
Il a également souligné que Magros, en tant qu’entité publique économique, veille à garantir la distribution régulière des produits agricoles sur les différents marchés tout au long de la semaine durant le mois de Ramadan, conformément aux orientations du ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national.
Pour sa part, Houcine Moumen, directeur régional du commerce pour la région d’Alger, a affirmé que l’événement «Ramadan au Palais » reflète l’abondance et la diversité des produits disponibles, ainsi que la continuité de l’approvisionnement. Il a mis en avant le rôle des marchés de proximité ouverts durant le Ramadan, qui assurent un approvisionnement constant, proposent des prix accessibles et réduisent le nombre d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs.
À travers le déploiement de ces dispositifs et la coordination avec les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement, Magros confirme ainsi son rôle stratégique dans la régulation du marché national, contribuant à la préservation du pouvoir d’achat des citoyens et au renforcement de la sécurité alimentaire du pays.
Abir Menasria

Un plan logistique renforcé pour éviter les pénuries
Le mois sacré arrivé, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a activé un dispositif exceptionnel pour sécuriser le marché national. Conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, une série de mesures organisationnelles et logistiques a été mise en place afin de garantir la disponibilité des produits agricoles de base et de préserver la stabilité des prix.
L’objectif est clair : éviter les tensions sur les denrées les plus consommées durant le Ramadan et empêcher toute spéculation. Le ministère a ainsi assuré la disponibilité des matières premières essentielles à la production alimentaire, notamment les céréales et le lait en poudre. Parallèlement, un déstockage stratégique de produits tels que la pomme de terre, l’oignon et l’ail a été engagé, tandis que l’approvisionnement en viandes rouge et blanche a été intensifié.
Face à la forte demande en semoule et en farine durant le mois sacré, des volumes supplémentaires de blé dur et tendre ont été distribués aux minoteries à travers plusieurs wilayas. Les stocks de légumineuses – pois chiches, lentilles, haricots et pois secs – ont également été consolidés. Des points de vente directs ont été réactivés pour rapprocher ces produits des consommateurs et limiter les intermédiaires. Concernant le lait pasteurisé, dont la consommation connaît un pic pendant le Ramadan, le comité ministériel conjoint a accordé des quotas supplémentaires de lait en poudre afin d’assurer une distribution fluide et continue sur l’ensemble du territoire national. Du côté des fruits et légumes, les productions de saison issues des serres et des cultures précoces, notamment dans les wilayas du Sud, contribuent à renforcer l’offre. En parallèle, la mise sur le marché progressive des volumes stockés dans le cadre du système de régulation des produits agricoles de grande consommation participe à contenir les fluctuations des prix.
Pour les viandes rouges, les importations ont atteint, entre janvier 2026 et aujourd’hui, 8 288,59 tonnes. Elles comprennent 1 643,99 tonnes de viande bovine fraîche en carcasse, 5 812,90 tonnes de viande bovine conditionnée sous vide et 831,70 tonnes de viande ovine fraîche. Dans cette dynamique, l’entreprise publique l’Algérienne des viandes rouges (ALVIAR), relevant du groupe AGROLOG, a lancé un programme spécial d’importation de bétail portant sur 62 594 ovins et 7 063 bovins. L’arrivée de 21 689 moutons supplémentaires et de 3 982 bovins est prévue prochainement afin de renforcer l’offre sur le marché.
En parallèle, le secteur agricole poursuit la mise en œuvre du programme national d’expansion de l’engraissement local et de promotion de l’élevage dans les wilayas des Hauts-Plateaux et du Sud. La réhabilitation des abattoirs régionaux et l’amélioration des infrastructures de conservation et de transport frigorifique viennent soutenir cette stratégie, avec un objectif à long terme : consolider durablement l’équilibre entre offre et demande. Pour les viandes blanches, l’ONAB a été chargé de centraliser les stocks nationaux dans ses chambres froides. Une réserve stratégique de 10 000 tonnes de viande blanche congelée a été constituée et le déstockage a débuté le 9 février. Quant aux œufs, la production nationale atteint environ 468 millions d’unités par mois, avec une légère baisse des prix observée récemment.
À travers ce dispositif global, les autorités cherchent à éviter le scénario classique des tensions saisonnières : ruptures, spéculation et envolée des prix. La stratégie repose sur l’anticipation, le renforcement des stocks et une logistique mieux coordonnée. Reste désormais l’épreuve du terrain : la réussite de ces mesures dépendra de leur application effective et de la capacité à contenir les pratiques spéculatives. Pour le Ramadan 2026, le pari est lancé : stabilité et disponibilité plutôt que pénurie et inflation.
Amira Benhizia
