Fruits et légumes pour le Ramadan 2026 : Une mercuriale stable !

Comme chaque année, à l’approche du mois sacré de Ramadan, le parfum de la bénédiction se répand partout et les familles se préparent à accueillir le plus grand mois de l’année, en rénovant et décorant leurs maisons ou en déménageant vers un nouveau logement, sans oublier l’achat de nouveaux ustensiles pour la table. À l’extérieur, l’ambiance n’est pas moins animée, les marchés étant bondés de clients prêts à acheter tout ce qu’il y a de plus savoureux pour garnir la table au moment de l’iftar. Une équipe de journalistes du quotidien Alger16 s’est rendue aux marchés pour partager avec le peuple algérien l’ambiance des achats, ainsi que pour s’informer sur les prix des fruits et légumes.

Reportage réalisé par Amira Benhizia et Abir Menasria

À quelques pas, un marchand de fruits explique la hausse des prix : « Nous achetons les produits à des prix élevés auprès des grossistes. Tout a augmenté : le transport, les engrais et même l’électricité nécessaire aux chambres froides. »
À l’approche du Ramadan, cette effervescence prend une dimension particulière. Les marchés algériens plongent dans un véritable ballet de négociations entre vendeurs aux prix parfois exorbitants et acheteurs déterminés à marchander. Sur les places, ou « marchi » comme les appellent les habitants, la disparité des prix des légumes frappe immédiatement.
Notre micro a capté les réactions des citoyens, préoccupés par la hausse des pommes de terre, aliment de base des tables ramadanesques. Leur prix est passé de 60 à 100 DA, voire jusqu’à 130 DA. Un passant nous confie : « Nous n’avons pas le choix, il faut bien les acheter, quel que soit le prix, car elles sont indispensables dans tous les plats. »
D’autres produits font également l’objet d’observations : les oignons sont vendus à 90 DA le kilo, l’ail à 1 200 DA, jugé raisonnable, et les tomates à 140 DA. Pour les légumineuses, les pois chiches atteignent 500 DA, les petits pois 350 DA, tandis que les carottes, la laitue et les betteraves se situent entre 120 et 260 DA. Selon aâmi Youcef, en train de choisir ses tomates : « Les prix sont un peu élevés, surtout pour les produits très consommés, mais restent abordables. »

Les fruits chers comme chaque année
Après avoir arpenté les allées des légumes, notre attention s’est portée sur le marché des fruits, où la réalité frappe immédiatement : les prix sont élevés, faisant de ces produits un véritable luxe pour beaucoup. La hausse a commencé bien avant le Ramadan, provoquant de nombreuses protestations parmi les consommateurs.
Les citrons, par exemple, fluctuent entre 140 et 200 DA, tandis que les bananes atteignent jusqu’à 480 DA. Un acheteur s’exprime avec un brin de nostalgie : «Ces fruits ne se trouvent plus sur nos tables aujourd’hui. Avant, on les achetait sans se soucier du prix. »
Les pommes, quant à elles, voient leurs prix varier selon la qualité, pouvant atteindre 700 DA. Les dattes, incontournables de l’iftar, oscillent entre 500 et 900 DA.

Epices et fruits secs
Les épices, elles, restent stables. Nous avons interrogé Mme Hayat, venue acheter les épices pour préparer l’iftar : «Honnêtement, les prix des épices n’ont jamais changé, et c’est une bonne chose.» Le cumin est à 2 500 DA, Ras Al-Hanout à 2 000 DA, le curcuma à 2 000 DA, le carvi également à 2 000 DA et le paprika à 1 800 DA.
En tout cas, en ce qui concerne les légumes et les épices, importants dans la cuisine, on a noté que contrairement aux années précédentes, nous avons constaté sur le marché des légumes qu’aucune plainte n’avait été formulée concernant les prix. On remarque une sorte de stabilité du marché par rapport aux hausses qu’on pouvait voir les années précédentes. Mais ce sont les fruits secs qui suscitent le plus de discussions. Indispensables au Tajine lahlou, ils affichent des prix vertigineux : les pruneaux secs à 2 000 DA, les abricots à 3 200 DA, les amandes décortiquées à 2 900 DA et les noix de cajou à 4 000 DA. Un client les qualifie d’«atout charme pour la table » : « Ces fruits, que nous appelons « Chbah Al-Safra » (la décoration de table), embellissent la table avec leurs couleurs. Il est bien connu que pendant le Ramadan, on mange d’abord avec les yeux. » Du côté des vendeurs, on justifie ces tarifs par la disponibilité limitée et la demande accrue : « Ces fruits secs sont chers, c’est pourquoi on les trouve en grande quantité en début de saison. Pendant le Ramadan, leur offre est limitée selon la demande pour garantir leur qualité et éviter les invendus. »
Contrairement aux légumes, les fruits connaissent donc une augmentation significative cette année, renforçant l’impression d’une rupture entre les produits essentiels et les produits de luxe.

La volaille et la viande rouge entre luxe et nécessité
En nous approchant des rayons des viandes rouge et blanche, sources de protéines, la situation n’est pas plus simple. Les œufs « Super protéines » restent attractifs à 18 DA l’unité (540 DA le plateau) et très prisés par les familles. Mais le poulet, aliment de base du Ramadan, affiche un prix au kilo en forte hausse : 450 DA contre environ 290 DA auparavant. Certains vendeurs minimisent cette augmentation : « Le prix du poulet n’a augmenté que relativement, entre 30 et 40 DA maximum. » Malgré cette explication, les consommateurs restent attentifs à chaque fluctuation, la volaille étant un pilier des repas ramadanesques. Néanmoins, il semble que le poulet continuera d’être largement présent sur les tables algériennes durant ce mois sacré.
Concernant la viande rouge, le mécontentement est général. Les prix ont atteint des niveaux difficiles d’accès pour le citoyen moyen : l’agneau se vend désormais entre 3 500 et 3 600 DA, tandis que le bœuf frôle les 2 800 DA. Les vendeurs expliquent que cette hausse est temporaire et qu’elle ne dépend pas d’eux, mais du marché principal de moutons.
Du côté des consommateurs, le constat est amer : « On n’achète que lorsqu’on a besoin d’une petite quantité pour le mois », confie un acheteur. Les abats atteignent 2 400 DA et les merguez 1 200 DA, accentuant la sensation d’inaccessibilité.
Face à cette flambée qui perdure depuis plusieurs années, le gouvernement est intervenu en renforçant la disponibilité de la viande importée dans les commerces et sur les marchés locaux, afin de contenir les prix et garantir l’approvisionnement en produits essentiels durant le mois sacré.

L’esprit du Ramadan demeure inchangé
Bien que les prix augmentent et que les contraintes économiques se fassent sentir, les familles s’adaptent, jonglant entre rigueur budgétaire et traditions bien ancrées. Cela a été clairement visible lors de notre périple.
Entre la nécessité de se nourrir et les difficultés financières, le citoyen algérien reste fidèle à ses traditions, s’efforçant toujours de concilier les exigences de la table et les besoins essentiels de la vie.
Mais au-delà des chiffres et des dépenses, une autre réalité a émergé dans nos esprits : l’essence même du Ramadan demeure inchangée. Ce mois sacré va au-delà des préoccupations matérielles pour rappeler à chacun l’importance du partage, de la solidarité et du renouveau spirituel.
Dans chaque foyer, la préparation du ftour devient un moment convivial où parents, enfants et grands-parents se retrouvent autour de plats faits avec amour. Chaque repas partagé, chaque main tendue vers un voisin dans le besoin, vers un démuni, chaque sourire échangé renforcent ces liens qui font la richesse de ce mois béni.
Car, même si les temps sont difficiles, c’est ensemble que les familles trouvent la force de continuer, préservant l’esprit de générosité qui fait la grandeur du Ramadan.
A. B. et A. M.

ALGER 16 DZ

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