
Au lendemain de la rentrée professionnelle marquée par l’accueil de plus de 285.000 stagiaires et apprentis, la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nacima Arhab, a réaffirmé la priorité accordée à l’adaptation du secteur aux besoins de l’économie nationale.
Le lancement officiel du nouveau cycle de formation depuis Tindouf n’a rien d’anodin : il s’inscrit dans la dynamique d’accompagnement du projet stratégique de Gara Djebilet.
Le secteur a ainsi enrichi son offre avec une trentaine de spécialités de haut niveau, destinées à soutenir la montée en puissance de la mine de fer. Ces nouvelles formations couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction au transport, jusqu’à la transformation du minerai. Intervenant sur les ondes de la Chaîne 3, la ministre a précisé que la rentrée du 15 février a vu l’introduction de « 30 nouvelles spécialités », dont sept qualifiantes et diplômantes en techniques minières, ainsi que quatre formations qualifiantes en techniques ferroviaires. Plus de 200 stagiaires suivent déjà ces cursus conçus pour répondre aux besoins spécifiques générés par le projet de Gara Djebilet, notamment pour les conducteurs d’engins lourds et les métiers techniques liés à l’extraction et à la transformation.
Concrètement, les établissements de formation, à l’image de l’Institut national spécialisé de formation professionnelle de Tindouf, ont adapté leurs programmes en concertation avec les opérateurs économiques et les spécialistes du secteur. « Nous nous sommes préparés bien avant le lancement officiel du projet minier », a souligné la ministre, rappelant que les contenus pédagogiques ont été révisés à l’échelle nationale et ajustés aux exigences spécifiques du site. Au-delà du secteur minier, le ministère entend répondre avec célérité aux besoins des différents segments de l’économie.
La relation avec les opérateurs publics et privés s’appuie désormais sur des « mécanismes permanents » de concertation. Cette démarche a favorisé l’émergence de centres d’excellence implantés au cœur des sites industriels. L’Algérie en compte aujourd’hui 18, dont 10 déjà opérationnels et huit autres en cours d’ouverture, notamment à Constantine dans le domaine de la production pharmaceutique.
Une ouverture renforcée vers l’Afrique
La modernisation du système de formation professionnelle attire également un nombre croissant d’étudiants étrangers.
Inauguré en décembre 2025 à Boumerdès, l’Institut africain de formation professionnelle accueille déjà 500 stagiaires africains. Les formations proposées sont définies en fonction des priorités économiques des pays partenaires. Dans ce cadre, l’Algérie a récemment reçu une délégation d’une vingtaine d’étudiants du Zimbabwe, orientés vers des formations en langue anglaise à l’institut de Tlemcen spécialisé dans les métiers du tourisme et de l’hôtellerie. Une seconde délégation est attendue pour suivre des cursus dans les énergies renouvelables, ainsi que dans les techniques de gestion et de contrôle de qualité. À travers cette stratégie, le secteur de la formation professionnelle affirme sa volonté de soutenir les grands projets structurants nationaux, tout en consolidant la coopération africaine, faisant de la qualification des ressources humaines un levier central du développement économique.
R. S.
