Algerie-Belgique : Actions pour intensifier la coopération

En visite officielle à Bruxelles, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a mis en avant, mardi, la nécessité de donner un nouvel élan aux relations entre l’Algérie et la Belgique, dans un contexte international où les partenariats économiques et politiques prennent une importance croissante.

Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, d’effectuer cette visite officielle, Ahmed Attaf a mené une série d’entretiens avec son homologue belge, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Royaume de Belgique, Maxime Prévot. Ces discussions ont permis de dresser un état des lieux des relations bilatérales, mais surtout d’identifier des perspectives concrètes pour leur développement.

À l’issue de ces entretiens, le chef de la diplomatie algérienne a indiqué que les discussions ont permis d’«identifier plusieurs axes d’action, afin d’élever notre coopération à la hauteur de nos ambitions communes». L’un des principaux axes évoqués concerne l’intensification des échanges commerciaux entre les deux pays. «Il s’agit, en premier lieu, d’accroître davantage le volume de nos échanges commerciaux, qui s’établissent actuellement à environ 1,5 milliard de dollars américains, mais qui recèlent un potentiel de croissance beaucoup plus important», a-t-il relevé.

Dans cette perspective, Ahmed Attaf a également mis l’accent sur la nécessité d’améliorer l’accès des produits algériens aux marchés européens. Il a ainsi indiqué avoir plaidé pour «une meilleure facilitation de l’accès des produits algériens aux marchés belge et européen, notamment les produits agricoles et agroalimentaires, les produits sidérurgiques, le ciment et ses dérivés, ainsi que les produits pharmaceutiques».

Au-delà des échanges commerciaux, la relance des mécanismes institutionnels de coopération a également été au cœur des discussions. «En deuxième lieu, il y a la nécessité de réactiver les mécanismes de coopération bilatérale, en particulier la Commission mixte de coopération économique et le Conseil d’affaires conjoint, afin de donner une impulsion renouvelée à notre partenariat», a insisté M. Attaf.

Le troisième axe identifié concerne la modernisation du cadre juridique régissant la coopération bilatérale. «En troisième et dernier lieu, nous avons souligné la nécessité de poursuivre la modernisation du cadre juridique régissant notre coopération, en actualisant les instruments existants et en concluant de nouveaux accords, à même d’ouvrir la voie à des domaines de coopération encore plus prometteurs», a-t-il mentionné.

Par ailleurs, Ahmed Attaf s’est «réjoui vivement de cette visite qui intervient à un moment particulièrement opportun pour appuyer la nouvelle dynamique qui caractérise les relations entre nos deux pays. Une dynamique qui se manifeste avec force à trois niveaux essentiels : le niveau politique, celui de la coopération sectorielle et, enfin, celui des échanges économiques».

Dans cette optique, le chef de la diplomatie algérienne a exprimé son optimisme quant aux perspectives d’avenir. «Je suis convaincu que la conjugaison de ces trois niveaux nous permettra de franchir ensemble un nouveau cap vers un partenariat renforcé entre l’Algérie et la Belgique», a dit M. Attaf.

Une dynamique politique en consolidation

Par ailleurs, M. Ahmed Attaf, a mis en avant l’importance de la continuité du dialogue politique entre Alger et Bruxelles. Il a ainsi souligné qu’au niveau politique, il s’est félicité que cette visite «intervienne seulement quelques mois après celle effectuée par mon ami Maxime Prévot en Algérie, en juillet dernier, elle-même précédée de la tenue de la cinquième session des consultations politiques entre nos deux pays amis». Il a ajouté : «Cette régularité dans le dialogue est un signe d’intérêt, de vitalité et de confiance mutuelle. Nous sommes d’ailleurs convenus aujourd’hui de poursuivre sur cette lancée, en convoquant la sixième session des consultations, à Bruxelles, dès le mois de septembre prochain».

Au-delà du dialogue politique, la coopération sectorielle entre les deux pays connaît également une évolution notable. L’Algérie et la Belgique semblent progressivement élargir le champ de leur collaboration à des domaines stratégiques, témoignant d’une relation qui s’inscrit désormais dans une logique multidimensionnelle.

Dans ce sens, M. Attaf a enregistré «avec satisfaction» que la coopération sectorielle «gagne progressivement en substance et en densité». Il a noté que «des résultats tangibles sont enregistrés dans plusieurs domaines, notamment le transport aérien et maritime, la maintenance et la construction navale, la santé, avec une coopération hospitalière renforcée, la justice, avec une bonne coopération en matière d’entraide judiciaire, l’environnement, ainsi que la gestion des questions migratoires».

Un regain d’intérêt

Notons de plus que l’Algérie, engagée dans une stratégie de diversification économique, attire de plus en plus l’attention des entreprises européennes, notamment belges, qui voient dans le marché algérien un potentiel de croissance important.

Dans ce contexte, Ahmed Attaf a tenu souligner qu’«au troisième niveau, celui des échanges économiques, nous saluons le regain d’intérêt des entreprises belges pour le marché algérien, qui s’est manifesté, notamment par l’ouverture d’une représentation économique belge à Alger, en octobre dernier».

Cette présence économique accrue constitue un indicateur significatif de l’intérêt croissant pour les opportunités offertes par l’économie algérienne, notamment dans un contexte où l’Algérie multiplie les réformes visant à améliorer l’environnement des affaires et à encourager l’investissement étranger. Le chef de la diplomatie algérienne a également saisi cette occasion pour « inviter les opérateurs économiques de ce grand pays ami à accroître leur présence en Algérie et à saisir les nombreuses opportunités d’investissement qui ne cessent d’émerger, notamment dans les secteurs de l’énergie (conventionnelle et renouvelable), des mines, de l’agriculture saharienne, de l’industrie, des transports et de l’innovation».

Les deux ministres ont évoqué, d’autre part, les principales questions de l’heure, tant à l’échelle régionale qu’internationale. Il s’agit, notamment de «la situation au Moyen-Orient, marquée par une escalade militaire préoccupante», a rappellé le ministre. «Notre vœu commun est que la raison l’emporte enfin et que les parties concernées retrouvent le chemin du dialogue et de la diplomatie, qui demeurent, le seul moyen viable pour résoudre durablement les conflits», a-t-il expliqué.

Dans ce contexte, l’Algérie appelle la communauté internationale à «ne pas perdre de vue la question palestinienne, dont le règlement définitif, juste et durable demeure essentiel pour la paix, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient».

Un partenariat renouvelé avec l’UE

Les discussions ont également porté sur les relations entre l’Algérie et l’Union européenne, dans un contexte marqué par la volonté d’adapter les partenariats aux nouvelles réalités économiques et géopolitiques.

«Nous avons également évoqué le partenariat entre l’Algérie et l’Union européenne, que mon pays appelle à inscrire dans une trajectoire renouvelée, fondée sur l’équilibre des intérêts et la prise en compte des préoccupations légitimes des deux parties», a fait savoir le ministre.

Enfin, Ahmed Attaf s’est félicité, par la même occasion, «des convergences entre nos deux pays sur toutes ces questions et tant d’autres», et a tenu à «réaffirmer notre volonté de hisser le partenariat algéro-belge à des niveaux toujours plus élevés».

«Il nous appartient désormais de transformer cet élan en réalisations concrètes, au bénéfice mutuel de nos deux nations. Je suis persuadé qu’avec l’engagement commun qui nous anime et la qualité du dialogue que nous avons instauré, nous saurons franchir ensemble de nouvelles étapes pour inscrire notre coopération dans une trajectoire ascendante et résolument tournée vers l’excellence», a-t-il conclu.

Une évolution qui pourrait, à terme, ouvrir la voie à de nouveaux projets structurants et à une présence économique plus affirmée entre les deux pays. Au-delà des annonces et des déclarations diplomatiques, cette visite à Bruxelles révèle surtout une évolution plus profonde dans la posture internationale de l’Algérie et dans l’approche européenne envers les partenaires du Sud de la Méditerranée.

G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

Next Post

Engouement diplomatique autour d’Alger : L’Algérie au cœur des équilibres mondiaux

jeu Avr 2 , 2026
L’Algérie suscite un engouement diplomatique remarquable. En l’espace de quelques semaines, le pays a vu défiler responsables européens, envoyés internationaux et partenaires régionaux, dans une séquence qui illustre une montée en puissance nette sur l’échiquier géopolitique. Sous la conduite du Président Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie confirme son retour au premier plan, […]

You May Like

Alger 16

Le quotidien du grand public

Édité par: Sarl bma.com

Adresse: 26 rue Mohamed El Ayachi Belouizdad

Adresse du journal: 5-7 Rue Sacré-coeur Alger Centre

E-mail:alger16bma@gmail.com

Numéro de téléphone: 021 64 69 37