
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a exprimé, dimanche, sa vive inquiétude face à la dégradation persistante de la situation humanitaire dans la bande de Ghaza. L’organisme onusien estime que l’escalade des tensions au Moyen-Orient risque de détourner l’attention de la communauté internationale d’une crise déjà qualifiée d’«extrêmement grave». S’exprimant depuis New York, la porte-parole d’OCHA, Olga Cherevko, a expliqué que les récents développements dans la région ont progressivement éclipsé la situation dramatique qui prévaut à Ghaza. Selon elle, malgré ce déplacement du regard international, les conditions sur le terrain restent extrêmement critiques pour la population.
Les bombardements menés par les forces de l’occupation sioniste se poursuivent de manière quasi quotidienne sur l’enclave palestinienne. Parallèlement, l’acheminement de l’aide humanitaire demeure fortement entravé. Des cargaisons contenant des denrées alimentaires, des médicaments, du matériel médical et des équipements destinés à la construction d’abris peinent à atteindre les populations civiles.
La bande de Ghaza compte environ 2,4 millions d’habitants, dont près de 1,5 million de personnes déplacées. Ces dernières vivent dans des conditions jugées catastrophiques par les organisations humanitaires. Beaucoup se réfugient dans des abris de fortune ou au milieu des ruines laissées par les bombardements, dans un climat d’insécurité permanent.
Olga Cherevko a décrit une situation marquée par des déplacements massifs de population et des conditions de vie «extrêmement difficiles». Les habitants, a-t-elle indiqué, continuent de vivre dans la crainte constante de nouvelles attaques, qui se répètent presque chaque jour. L’accès humanitaire reste également très limité. Plus de la moitié du territoire de l’enclave est actuellement inaccessible, en raison de la présence des forces d’occupation et des restrictions imposées à la circulation. Le secteur de la Santé est particulièrement touché par cette crise prolongée. Selon OCHA, seulement 42% des établissements de santé de la bande de Ghaza sont encore opérationnels, souvent de manière partielle. Le manque d’équipements, de médicaments et de matériaux nécessaires à la réparation des infrastructures médicales complique davantage la prise en charge des blessés et La porte-parole de l’agence onusienne a également averti que les limitations imposées à l’entrée des travailleurs humanitaires internationaux pourraient aggraver la situation. Toute nouvelle perturbation des opérations d’aide, a-t-elle souligné, risquerait d’avoir des conséquences dévastatrices pour la population civile déjà fortement éprouvée.
Cheklat Meriem
