
C’est un nouveau cycle qui démarre pour le CR Belouizdad. La société Madar Holding, actionnaire majoritaire du club, a acté, hier, une réorganisation profonde de la SSPA/CRB, avec la dissolution du conseil d’administration et la fin du mandat de son président, M. Badr Eddine Behloul.
C’est une décision lourde qui s’abat sur l’équipe de Laâquiba, mais pas vraiment surprenante. Deux saisons sans titre majeur, une finale de Coupe d’Algérie perdue face à l’USM Alger (2-1) et surtout un sentiment d’essoufflement sportif ont accéléré le changement. Dans les grands clubs, quand les résultats stagnent, la direction finit toujours par bouger. C’est la règle du jeu. Dans la foulée, un nouveau conseil d’administration a directement été installé. Il est composé de Arar Mohamed, Haddouche Houssein, Ben Salam Abdelkrim, Boukroucha Boualem et Taghout Yacine. Parmi ces noms, c’est bien celui de Arar Mohamed qui a été à la présidence du conseil. Un signal clair d’une volonté de repartir sur des bases neuves.
Autre mouvement important : la nomination de Djaber Namoun, ancien joueur de football, comme directeur sportif, avec des prérogatives élargies. Là aussi, le message est clair : remettre du sportif au centre, avec une chaîne de décision plus cohérente entre terrain, recrutement et vision globale.
Derrière ce remaniement, Madar Holding affiche une ambition simple mais exigeante : transformer la gestion du club pour retrouver un CRB compétitif, stable et structuré sur la durée. Plus question de vivre sur des coups d’éclat ou des saisons irrégulières. L’objectif est de construire un projet. Le vrai test commence ici. Cette nouvelle direction sera immédiatement jugée sur trois chantiers majeurs qui conditionnent l’avenir du CR Belouizdad : la stabilité sportive, d’abord, avec la nécessité d’en finir avec le cycle des alternances entre saisons réussies et saisons décevantes ; un recrutement plus intelligent ensuite, capable de rompre avec les empilements de joueurs pour bâtir une véritable identité d’effectif ; et, enfin, un projet continental ambitieux, qui doit replacer le club dans une logique de performance durable sur la scène africaine et pas uniquement sur le plan national. Parce que dans le football moderne, et encore plus dans le contexte algérien, les titres ne sont jamais le fruit du hasard. Ils se construisent dans la durée, à travers une vision claire, une continuité technique assumée et une gestion maîtrisée des moments clés. C’est précisément là que cette nouvelle équipe dirigeante sera attendue au tournant : transformer une réorganisation administrative en véritable projet sportif gagnant.
Le CRB a déjà montré qu’il pouvait dominer. Maintenant, le défi est plus dur : rester au sommet sans se perdre dans les changements permanents. Et cette nouvelle direction n’a plus vraiment le droit à l’erreur.
G. S. E.
