
Dimanche, une délégation de l’Académie de police rwandaise a effectué une visite d’étude au sein de l’École supérieure de police « Ali Tounsi » à Alger. Cette mission s’inscrit dans un programme de formation réunissant 47 cadres supérieurs issus de différents corps policiers africains, dans une logique de partage d’expériences et de renforcement des capacités à l’échelle continentale.
Le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), M. Ali Badaoui, a souligné à cette occasion que cette visite a pour but de « consolider la collaboration bilatérale entre les forces policières algérienne et rwandaise, tout en élargissant les horizons avec d’autres pays africains amis pour le partage d’expertises et l’élaboration d’initiatives variées de coopération ». Une dynamique qui s’inscrit dans une vision plus large de coopération sécuritaire africaine.
Il a également rappelé que l’Algérie « n’a jamais cessé de travailler avec acharnement pour renforcer la cohésion africaine et encourager le développement dans les pays du continent, en utilisant les ressources humaines et matérielles qu’elle possède », une démarche soutenue par « le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, grâce à ses mesures favorables aux pays africains dans divers secteurs ».
Dans un contexte international marqué par la montée de nouvelles menaces, notamment la cybersécurité et le crime organisé transnational, le DGSN a insisté sur le fait que ces défis « imposent aux pays africains de prioriser les stratégies de gouvernance, l’actualisation des systèmes juridiques, l’amélioration des compétences, la formation spécialisée ainsi que l’expansion de la collaboration en matière d’information et technique ».
Il a, dans le même sens, mis en avant la valeur stratégique de la formation, estimant que « chaque expérience, qu’elle soit au niveau national, régional ou continental, peut faire la différence et apporter une valeur ajoutée à un modèle plus inclusif ».
De son côté, l’ambassadeur du Rwanda en Algérie, Vincent Karega, a souligné l’importance de cette mission d’études, inscrite dans une dynamique de rapprochement entre Alger et Kigali. Il a réaffirmé la volonté commune des deux pays « à travailler ensemble pour intensifier la coopération bilatérale ainsi que les relations africaines dans leurs aspects sécuritaires, politiques, économiques et culturels ».
Au-delà des discours et des échanges institutionnels, cette rencontre illustre une tendance de fond : celle d’une Afrique qui mise de plus en plus sur ses propres expertises pour construire ses réponses sécuritaires, loin des dépendances extérieures et au plus près de ses réalités.
Amira Benhizia
