
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a souligné jeudi dernier à Oran l’importance d’une vision globale et de projets structurants visant à consolider la sécurité de l’approvisionnement en eau en Algérie et à garantir sa stabilité à long terme. Cette stratégie repose notamment sur la modernisation du réseau de barrages existant, ainsi que sur la réalisation de nouvelles infrastructures hydrauliques.
Au cours de sa tournée technique consacrée aux projets du secteur, le ministre a notamment visité le bâtiment intelligent de la Société de l’eau et de l’assainissement d’Oran (SEOR) à Aïn El Beïda. Il a indiqué que cinq nouveaux barrages sont actuellement en construction à l’échelle nationale, dont trois devraient être mis en service cette année à Annaba, El Tarf et Khenchela. Il a également évoqué la programmation de 24 autres barrages à l’étude, appelés à être réalisés dans des phases ultérieures dans le cadre de la stratégie de développement à long terme du secteur. S’agissant des ressources non conventionnelles, le ministre a mis en avant les progrès réalisés par l’Algérie dans le domaine du dessalement, avec 19 stations opérationnelles à travers le pays, capables de produire environ 3,6 millions de mètres cubes d’eau par jour, en plus d’une dizaine d’unités de plus petite capacité. Il a souligné que les efforts se poursuivent pour renforcer l’alimentation en eau des zones les plus éloignées, notamment dans 16 wilayas du Nord et 3 wilayas de l’intérieur, dont Blida, Sidi Bel- Abbès et Bouira. Plusieurs projets d’extension des réseaux de transfert sont également en cours, sur des distances pouvant atteindre 250 kilomètres, vers des wilayas comme Tiaret, El Bayadh, Naâma, Saïda et Aïn Defla. Des projets structurants sont, par ailleurs, engagés à Tlemcen, Mostaganem et Chlef afin d’assurer un meilleur équilibre hydrique à l’échelle nationale. Concernant la wilaya d’Oran, M. Bouzegza a affirmé qu’elle bénéficie d’un approvisionnement jugé satisfaisant, avec une production quotidienne dépassant 650 000 mètres cubes. La wilaya dépend à hauteur de 83 % de l’eau dessalée, grâce à quatre stations principales (El Mactaa, Cap Blanc, Chatt El Hilal et Kahrama), en complément du système traditionnel MAO et des ressources souterraines.
Le ministre a également salué les performances de la SEOR, devenue selon lui un modèle national en matière de gestion moderne et numérique du réseau hydraulique. Il a mis en avant l’utilisation des systèmes de télésurveillance, de pilotage à distance et d’analyse des données en temps réel, permettant une meilleure maîtrise des réseaux et une réduction progressive des fuites et des raccordements anarchiques.
Il a d’autre part relevé les efforts entrepris localement pour assurer une distribution équitable de l’eau entre les communes, notant que les citoyens ont traversé la période de l’Aïd El-Adha dans des conditions jugées satisfaisantes, sans perturbations majeures. Il a réaffirmé la volonté du secteur d’atteindre une stabilité durable dans la distribution de l’eau à l’échelle nationale.
Lors de sa visite dans la commune d’El Kerma, le ministre a inspecté les travaux de réhabilitation et d’extension de la station d’épuration des eaux usées, dont la capacité sera portée à 180 000 mètres cubes. Il a insisté sur l’importance de la valorisation des eaux usées traitées, notamment pour l’irrigation des espaces verts. Il a également procédé à l’inauguration et à la mise en service du dispositif d’alimentation en eau potable de la commune de Tafraoui, couvrant les zones résidentielles et industrielles, depuis la station d’El Mactaa jusqu’au système de transfert d’Araba dans la commune d’Oued Tlelat. Enfin, le ministre a inspecté le projet de station d’épuration des eaux usées d’Oued Tlelat, réalisé par l’Office national de l’assainissement (ONA). Cette infrastructure comprend une station de traitement destinée à 160 000 équivalents habitants à l’horizon 2035, un collecteur principal de 4 km, ainsi qu’une station de pompage à El Mahdia et une conduite de transfert de 7 km. Dans un contexte de pression croissante sur la ressource, l’enjeu ne se limite plus à produire davantage d’eau, mais à garantir une gestion plus fine, plus intelligente et surtout plus équitable sur l’ensemble du territoire.
Abir Menasria
