Le Chef de l’état marque la Fête de l’Indépendance par des inaugurations majeures et importantes : Des engagements concrets, des acquis durables

Dans l’émission Visions, diffusée hier sur la chaîne de télévision Canal Algérie, plusieurs experts sont revenus sur la journée particulièrement chargée du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à l’occasion du 64ᵉ anniversaire du recouvrement de l’indépendance. Marquée par l’inauguration et le lancement de plusieurs infrastructures stratégiques, cette journée a été analysée comme l’illustration d’une vision plaçant l’édification nationale au cœur de l’action publique.

Par G. Salah Eddine

Le 5 juillet n’est jamais une date comme les autres en Algérie. Chaque année, elle rappelle le prix de l’indépendance, le sacrifice de millions d’Algériens et la naissance d’un État souverain. Mais en ce 64e anniversaire du recouvrement de l’indépendance, la symbolique est allée bien au-delà du devoir de mémoire. Enchaînant les inaugurations de grandes infrastructures et le lancement de projets structurants, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné à cette journée une dimension particulière : celle d’un lien assumé entre le combat d’hier et celui de l’édification nationale.
Comme le veut la tradition républicaine, le chef de l’État a d’abord observé un moment de recueillement au Sanctuaire des Martyrs. Un geste hautement symbolique qui, selon plusieurs observateurs, rappelle que les grandes réalisations d’aujourd’hui trouvent leur origine dans le combat de Libération nationale.
Pour Hacen Kacimi, expert en questions sécuritaires et migratoires, cette séquence incarne le passage d’une étape historique à une autre. « Le recueillement du président de la République au mémorial des Martyrs a plusieurs significations. Le premier, c’est de mettre en liaison le combat libérateur pour accéder à notre indépendance et le passage vers une autre phase qui est celle de l’édification nationale et de l’Algérie des bâtisseurs », explique-t-il.
Cette lecture est également partagée par l’expert économique Mohamed Achir, qui rappelle que le 5 juillet ne célèbre pas uniquement la fin de la colonisation, mais aussi la Fête de la jeunesse. Un choix effectué dès les premières années de l’indépendance afin de rappeler que l’avenir du pays repose sur les nouvelles générations. « Aujourd’hui, il appartient à toutes les générations de continuer dans la construction et dans le développement du pays », souligne-t-il. Cette idée de continuité a constitué le véritable fil conducteur d’une journée particulièrement dense, au cours de laquelle le président Tebboune a procédé à l’inauguration ou au lancement de plusieurs infrastructures stratégiques touchant directement au quotidien des citoyens.

Le logement, pilier de la justice sociale
Parmi les temps forts de cette journée figure le lancement officiel de l’opération nationale de distribution de près de 180 000 logements, parallèlement à l’inauguration du nouveau siège du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville.
Bien plus qu’un simple programme immobilier, cette politique s’inscrit, selon les experts, dans la continuité du projet social porté par l’État algérien depuis l’indépendance.
Mohamed Achir rappelle que la Déclaration du 1er Novembre 1954 ne se limitait pas à l’objectif de libération nationale. Elle portait également l’ambition de bâtir une République démocratique et sociale. Dans cette perspective, le logement constitue l’un des principaux leviers du bien-être des citoyens.
« Le logement est l’élément fondamental du bien-être. On ne peut pas parler de bien-être sans accès au logement », insiste-t-il, rappelant que plusieurs millions d’habitations ont été construites depuis l’indépendance, avec une accélération notable au cours des dernières années.
La journaliste internationale Zine Cherfaoui voit, elle aussi, dans cette politique une illustration concrète de la vocation sociale de l’État. À ses yeux, offrir un logement dépasse largement la simple remise de clés.
« Donner un logement à quelqu’un, c’est sauver une famille, permettre à des enfants d’aller à l’école et améliorer la qualité de vie de toute une population », résume-t-elle.
Les chiffres témoignent d’ailleurs de l’ampleur de l’effort engagé. Entre 2020 et 2024, près de deux millions de logements ont été réalisés. En 2025, 400 000 nouvelles unités ont été lancées, tandis que plusieurs centaines de milliers d’autres sont programmées pour 2026. La distribution de près de 180 000 logements à l’occasion de la Fête de l’indépendance s’inscrit dans cette dynamique.
L’inauguration du nouveau siège du ministère de l’Habitat participe également de cette volonté de moderniser les institutions publiques. Pour Zine Cherfaoui, cet édifice de 25 étages équipé des dernières technologies constitue « une vitrine de la modernisation de l’État », tout en reflétant l’importance stratégique accordée à un secteur qui demeure au cœur des politiques publiques.
Au-delà des statistiques, cette politique traduit une approche où le développement économique est indissociable de la cohésion sociale. Dans un contexte international marqué par les tensions économiques et les inégalités croissantes, le maintien d’un vaste programme de logements publics apparaît comme un choix assumé visant à préserver la stabilité sociale et à garantir un droit fondamental à des centaines de milliers de familles.
Cette même logique se retrouve dans un autre secteur considéré comme prioritaire par les pouvoirs publics : la santé. Car, après avoir fait du logement un vecteur de justice sociale, l’État entend désormais renforcer une autre souveraineté, celle qui touche directement à la protection de la vie et à la qualité des soins.

Investir dans la souveraineté sanitaire
La même philosophie se retrouve dans le secteur de la santé, autre axe majeur de cette journée du 5 juillet. À travers l’inauguration de nouvelles structures spécialisées, le président de la République a mis en avant une stratégie qui ne consiste plus seulement à multiplier les établissements hospitaliers, mais à développer une médecine hautement spécialisée capable de répondre aux pathologies les plus complexes.
Pour Mohamed Achir, cette évolution traduit une montée en gamme du système de santé national. « La politique sanitaire de l’État est aujourd’hui orientée vers la construction d’hôpitaux modernes, dotés des dernières technologies et destinés à prendre en charge des pathologies particulièrement difficiles », explique-t-il.
L’expert rappelle également que cette modernisation s’accompagne d’une autre ambition : mobiliser les compétences algériennes établies à l’étranger grâce au Haut Conseil de la communauté scientifique. Selon lui, les médecins et chercheurs algériens ayant fait leurs preuves dans les plus grands centres hospitaliers internationaux pourront désormais contribuer à la formation des praticiens et au développement des nouvelles structures spécialisées.
Pour Hacen Kacimi, la véritable rupture réside dans la spécialisation des établissements. L’hôpital de chirurgie pédiatrique ou encore les futurs centres d’oncologie illustrent, selon lui, un changement profond dans la politique sanitaire nationale.
« L’Algérie est en train de rattraper de manière très importante les retards que nous avons connus dans le passé », estime-t-il, rappelant que le programme de réalisation d’un centre d’oncologie dans chaque wilaya représente un investissement colossal, évalué entre huit et dix milliards de dollars.
Au-delà de son coût, ce programme traduit une volonté de rapprocher les soins spécialisés des citoyens, quelle que soit leur région de résidence. Une démarche qui rejoint la vision d’un développement équilibré du territoire, où les infrastructures de santé deviennent un facteur d’égalité entre les différentes wilayas.

Le numérique en nouvel atout
Parmi les projets inaugurés figure également le Centre national des services numériques à Mohammadia, considéré comme l’un des piliers de la transformation numérique du pays.
Longtemps présentée comme un objectif, la numérisation prend désormais une dimension beaucoup plus concrète avec des infrastructures capables d’héberger et de sécuriser les données stratégiques de l’État.
Pour Zine Cherfaoui, l’enjeu dépasse largement la simple modernisation administrative. « On parle aujourd’hui de souveraineté numérique », souligne-t-elle. « Stocker nos données sur le territoire national, faciliter les démarches des citoyens et réduire la bureaucratie constituent des avancées majeures dans la modernisation de l’État. »
L’impact attendu est multiple : simplification des procédures administratives, amélioration des services publics, accélération des échanges entre administrations et renforcement de la sécurité des données.
Hacen Kacimi considère, lui aussi, cette infrastructure comme une étape déterminante. Selon lui, « ce centre de données est le pilier stratégique de la modernisation de l’État algérien». L’expert rappelle que le président Tebboune a, à plusieurs reprises, dénoncé les résistances rencontrées dans la mise en œuvre de la numérisation. L’entrée en service de ce « Data Center », conçu selon les standards internationaux en matière de cybersécurité et d’intelligence artificielle, permet désormais de franchir une nouvelle étape.
« L’Algérie est entrée de plain-pied dans la numérisation », affirme Hacen Kacimi, estimant que cette infrastructure offre désormais au pays les moyens de garantir sa souveraineté numérique tout en accélérant la transformation de son administration.

La culture en levier de développement
Cette journée du 5 juillet s’est également distinguée par la pose de la première pierre d’une grande salle de spectacles de 10 000 places à l’ouest d’Alger.
Au-delà de l’infrastructure elle-même, le projet traduit une vision du développement où la culture n’est plus considérée comme un secteur secondaire, mais comme un élément essentiel de la construction nationale.
Pour Zine Cherfaoui, une capitale moderne ne peut se limiter aux infrastructures économiques ou administratives.
« On ne fait jamais assez pour la culture. Nous avons un pays plusieurs fois millénaire, avec une histoire et une culture extrêmement riches », rappelle-t-elle, estimant que la multiplication des espaces culturels participe directement à la préservation de l’identité nationale.
Même analyse chez Mohamed Achir, qui place la culture parmi les investissements prioritaires aux côtés de l’éducation et de la santé.
« Ce sont les trois secteurs qu’il faut toujours prioriser. C’est cela, le véritable développement durable », affirme-t-il. À travers cette nouvelle salle de spectacles, c’est donc aussi une vision de l’Algérie qui s’exprime : celle d’un pays où le développement ne se mesure pas uniquement à l’aune des infrastructures économiques, mais également à sa capacité à promouvoir la création artistique, le patrimoine et le rayonnement culturel.

Une vision au service de l’édification
Pris séparément, chacun des projets inaugurés le 5 juillet répond à un besoin précis : loger, soigner, numériser ou développer les équipements culturels. Mais observés dans leur ensemble, ils dessinent une cohérence plus large.
Le fil conducteur de cette journée apparaît comme celui de la consolidation des différentes formes de souveraineté : sociale à travers le logement, sanitaire grâce aux hôpitaux spécialisés, numérique avec les nouvelles infrastructures technologiques, culturelle par le renforcement des équipements artistiques, mais aussi institutionnelle à travers la modernisation des administrations.
C’est sans doute ce qui donne au 64ᵉ anniversaire du recouvrement de l’indépendance une portée particulière. Soixante-quatre ans après avoir conquis sa liberté, l’Algérie poursuit un autre chantier, celui de la consolidation de ses capacités nationales dans des secteurs devenus déterminants pour son développement.
En ouvrant cette journée par un hommage aux martyrs avant d’enchaîner les inaugurations de projets structurants, le président de la République a esquissé une lecture de l’histoire où la mémoire n’est pas tournée vers le passé, mais sert de point d’appui pour construire l’avenir.
Une manière de rappeler que si la génération de Novembre a remporté la bataille de la souveraineté nationale, celle d’aujourd’hui est appelée à relever un autre défi : bâtir une Algérie plus moderne, plus résiliente et plus souveraine dans tous les domaines stratégiques.

G. Salah Eddine

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