
L’Algérie confirme son repositionnement économique sur la scène internationale. Selon la dernière classification des économies mondiales publiée par le Groupe de la Banque mondiale (BM), le pays conserve, pour la troisième année consécutive, son statut de pays à revenu intermédiaire supérieur, consolidant ainsi une trajectoire amorcée ces dernières années grâce à la progression de ses indicateurs macroéconomiques, à l’élargissement de l’investissement public et aux réformes engagées dans la gestion des finances publiques.
Cette nouvelle évaluation, fondée sur le revenu national brut (RNB) par habitant de 218 économies au titre de l’exercice 2025, confirme la place de l’Algérie parmi les économies africaines les plus performantes en matière de niveau de revenu. Sur l’ensemble du continent, seuls huit pays figurent dans cette catégorie, tandis qu’en Afrique du Nord, l’Algérie partage ce classement avec la Libye.
Selon les données publiées par la Banque mondiale, le revenu national brut par habitant de l’Algérie s’est établi à 5.850 dollars en 2025, contre 5.370 dollars une année auparavant. Cette progression permet au pays de demeurer largement au-dessus du seuil fixé par l’institution financière internationale pour appartenir à la catégorie des pays à revenu intermédiaire supérieur, laquelle regroupe les économies dont le RNB par habitant est compris entre 4.496 et 13.935 dollars.
À l’inverse, les économies dont le revenu par habitant est inférieur à 1.175 dollars sont considérées comme des pays à faible revenu, tandis que celles affichant un revenu compris entre 1.176 et 4.635 dollars relèvent de la catégorie des pays à revenu intermédiaire inférieur. Au-delà de 13.935 dollars par habitant, les pays accèdent au groupe des économies à revenu élevé.
Cette évolution est une amélioration progressive du niveau moyen de richesse créée par habitant en Algérie, même si cette classification ne constitue pas, à elle seule, un indicateur du niveau de vie ou de la répartition des revenus au sein d’un pays.
Une trajectoire engagée depuis 2024
Le maintien de ce classement s’inscrit dans le prolongement du changement de catégorie enregistré par l’Algérie en 2024. Cette année-là, la Banque mondiale avait reclassé le pays parmi les économies à revenu intermédiaire supérieur, après plusieurs années passées dans la tranche inférieure.
À l’époque, le ministère des Finances avait expliqué que cette évolution résultait d’un ensemble de facteurs économiques et méthodologiques. Outre l’opération de rebasage du produit intérieur brut (PIB), qui avait conduit à une réévaluation de la taille réelle de l’économie nationale, plusieurs indicateurs avaient contribué à cette progression.
Parmi eux figuraient notamment l’accélération de la croissance économique, le renforcement de l’investissement public, la consolidation des secteurs productifs, ainsi que les efforts engagés pour améliorer la gouvernance des finances publiques.
Au-delà des chiffres, cette confirmation témoigne également de la capacité de l’économie nationale à maintenir une certaine résilience dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, le ralentissement de la croissance mondiale et la volatilité persistante des marchés énergétiques.
Ces dernières années, les pouvoirs publics ont engagé plusieurs réformes visant à diversifier les sources de croissance, à encourager l’investissement, à améliorer le climat des affaires et à renforcer la soutenabilité des finances publiques.
Parallèlement, l’État poursuit une politique d’investissements structurants touchant de nombreux secteurs, notamment les infrastructures, l’industrie, l’agriculture, l’énergie, les transports, les technologies numériques, ainsi que les services publics, avec l’objectif d’élargir progressivement la base productive de l’économie.
Un indicateur suivi de près par les investisseurs
Le classement établi chaque année par la Banque mondiale constitue une référence largement utilisée par les investisseurs internationaux, les agences de développement et les institutions financières pour apprécier le niveau de développement économique des États.
S’il ne reflète pas à lui seul la qualité de vie des populations ou les performances sociales d’un pays, il offre néanmoins une photographie de sa capacité à générer des revenus et constitue un indicateur de confiance pour les partenaires économiques internationaux.
Le maintien de l’Algérie dans cette catégorie contribue ainsi à conforter son image auprès des investisseurs, tout en renforçant sa crédibilité économique sur les marchés internationaux.
Pour autant, les défis restent nombreux. La consolidation de cette position passera par la poursuite des réformes économiques, l’accélération de la diversification hors hydrocarbures, le développement des exportations, le renforcement du secteur privé, ainsi que la montée en puissance de nouveaux moteurs de croissance, notamment dans les domaines de l’industrie, de l’agriculture, du numérique, des services à forte valeur ajoutée et de l’économie de la connaissance.
L’amélioration continue du revenu national brut par habitant dépendra également de la capacité de l’économie à créer davantage de richesses, à accroître la productivité, à attirer les investissements et à favoriser l’innovation.
La confirmation du classement de l’Algérie parmi les pays à revenu intermédiaire supérieur traduit ainsi une évolution favorable des principaux agrégats économiques et conforte la trajectoire engagée ces dernières années.
G. Salah Eddine
