
Une grande nouvelle pour tous les voyageurs algériens. Suite à la décision annoncée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres, la Banque d’Algérie a publié, lundi après-midi, l’instruction fixant les nouvelles modalités d’attribution du droit de change pour voyage à l’étranger. Désormais, l’allocation touristique sera versée, à titre provisoire, par le biais d’une carte bancaire internationale, mettant fin au paiement en espèces.
À travers cette mesure, les autorités entendent sécuriser le dispositif, améliorer sa traçabilité et mettre un terme aux pratiques frauduleuses qui ont entraîné, selon les pouvoirs publics, d’importantes pertes en devises. Le passage à la carte bancaire constitue ainsi l’une des principales évolutions introduites dans la gestion du droit de change destiné aux voyageurs algériens.
L’instruction n°07-2026 de la Banque d’Algérie précise que le droit de change sera désormais mis à la disposition des bénéficiaires au moyen d’une carte de paiement internationale, ou d’une carte spécialement dédiée à cette allocation, émise par les banques intermédiaires agréées conformément à la réglementation en vigueur.
Cette décision intervient en application des orientations arrêtées lors du Conseil des ministres du dimanche 12 juillet 2026, où le président de la République avait dénoncé les «dépassements graves » ayant conduit à « une hémorragie de devises », sans que les véritables bénéficiaires ne profitent pleinement de cette allocation. L’objectif affiché est double : renforcer le contrôle des opérations et garantir que les devises soient effectivement utilisées par les voyageurs pour leurs dépenses à l’étranger. Le montant de l’allocation reste le même que celui décidé en 2025. Les citoyens âgés de 19 ans et plus pourront bénéficier d’un droit de change de 750 euros, ou de son équivalent dans une autre devise librement convertible.
Pour les jeunes âgés de plus de 12 ans et de moins de 19 ans, l’allocation est fixée à 300 euros dans la limite de deux enfants par famille.
La Banque d’Algérie rappelle que ce droit de change est accordé une seule fois par année civile. A partir du 20 juillet de chaque année et jusqu’au 19 juillet de l’année qui suit.
Une carte nominative de 3 ans
Le nouveau dispositif repose sur une carte strictement personnelle. L’instruction insiste sur son caractère nominatif et stipule clairement que cette carte ‘ »ne peut être utilisée que par son titulaire et ne peut faire l’objet d’aucune cession, mise à disposition ou utilisation par un tiers ».
Le voyageur devra introduire sa demande «suffisamment à l’avance » auprès de sa banque afin que celle-ci puisse procéder à l’émission de la carte. La durée de validité de cette carte est fixée à trois ans minimum, ce qui permettra aux bénéficiaires de la réutiliser lors de futurs voyages sans avoir à en demander une nouvelle. Autre précision importante : le droit de change crédité sur cette carte ne pourra être utilisé qu’à l’étranger et uniquement dans le cadre du voyage ayant motivé son attribution.
La réforme introduit également de nouvelles conditions d’accès. Pour bénéficier de l’allocation touristique, le demandeur devra disposer à la fois d’un compte bancaire en dinars et d’un compte devises ouvert auprès d’une banque intermédiaire agréée. L’émission de la carte internationale sera directement adossée à ce compte devises. Les établissements bancaires devront, par ailleurs, délivrer les cartes indépendamment de la demande d’allocation. En d’autres termes, un client pourra obtenir sa carte à l’avance, puis solliciter ultérieurement le bénéfice du droit de change lorsqu’il préparera un déplacement à l’étranger.
Une assistance bancaire à l’étranger
L’instruction renforce également les mécanismes de suivi des opérations. Les banques devront inscrire sur le passeport du bénéficiaire le montant attribué, la devise concernée, ainsi que la date de l’opération. Elles seront également tenues de déclarer chaque attribution sur la plateforme numérique dédiée de la Banque d’Algérie.
Autre nouveauté, les établissements bancaires devront mettre en place un véritable dispositif d’assistance destiné aux voyageurs. Des centres d’appels et des services numériques devront être accessibles depuis l’étranger, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, afin de traiter rapidement tout incident lié à l’utilisation de la carte, qu’il s’agisse d’un blocage, d’une perte, d’un problème de paiement ou d’une demande d’assistance technique. L’application de l’instruction débutera dans les prochains jours.
Au-delà de ses aspects techniques, cette réforme marque une évolution importante dans la gestion des allocations de voyage en Algérie. En substituant la carte bancaire au versement en espèces, les autorités cherchent à renforcer la transparence des opérations, à limiter les détournements et à accompagner la transition vers des moyens de paiement électroniques.
Cette mesure s’inscrit plus largement dans la stratégie de modernisation du système financier engagée ces dernières années, avec le développement des paiements électroniques, la numérisation des services bancaires et la volonté de mieux encadrer la circulation des devises, tout en offrant aux voyageurs un mode d’utilisation plus sécurisé et conforme aux standards internationaux.
G. S. E.
