
Les effets du changement climatique ne se limitent plus aux conséquences environnementales. Ils représentent désormais un coût économique majeur pour l’Algérie. Sécheresses récurrentes, vagues de chaleur, inondations soudaines ou encore incendies de forêt fragilisent les secteurs productifs et alourdissent les dépenses publiques.
Selon la Contribution déterminée au niveau national (CDN) de l’Algérie, déposée auprès de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, les pertes liées au changement climatique et à l’inefficience énergétique sont estimées à près de 5 milliards de dollars par an, soit 2,9% du Produit intérieur brut (PIB).
Ce constat illustre l’ampleur des défis auxquels le pays est confronté. Au-delà de leurs répercussions environnementales, les dérèglements climatiques pèsent désormais sur la croissance économique, les finances publiques et le développement social. Ils imposent des investissements de plus en plus importants pour protéger les infrastructures, sécuriser les ressources hydriques et préserver les capacités de production agricole et forestière.
La CDN souligne ainsi l’urgence d’accélérer les politiques d’adaptation et d’atténuation, rappelant que le coût de l’inaction est largement supérieur à celui des mesures de prévention. À cet égard, une étude préparatoire à l’élaboration du Plan national climat (PNC), réalisée pour le ministère de l’Environnement, estime que les dommages environnementaux causés chaque année par les activités humaines représentaient déjà 11,7 milliards de dollars en 2017, soit 6,9% du PIB.
Une agriculture particulièrement exposée
Les secteurs productifs figurent parmi les plus touchés. L’agriculture, pilier de la sécurité alimentaire, enregistre des pertes de rendement évaluées entre 20 et 30%, selon les cultures, sous l’effet conjugué de la sécheresse, de la désertification et de la dégradation des sols. Plus de 12 millions d’hectares sont aujourd’hui affectés par ces phénomènes.
Face à cette situation, l’Algérie a engagé une stratégie de développement de l’agriculture saharienne, afin de compenser les déficits enregistrés dans les régions du Nord, particulièrement frappées par le stress hydrique. Cette orientation vise, notamment à renforcer la production des filières stratégiques, à commencer par les céréales, avec des résultats jugés encourageants dans plusieurs wilayas du Grand Sud.
Accélérer l’adaptation
La réponse des pouvoirs publics s’articule également autour du renforcement de la sécurité hydrique. Le vaste programme de réalisation de stations de dessalement de l’eau de mer constitue l’un des principaux leviers mis en œuvre pour réduire la pression sur les ressources conventionnelles.
Parallèlement, l’État a renforcé son dispositif de prévention et de gestion des risques majeurs, notamment à travers le Fonds de calamités naturelles et de risques technologiques majeurs. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus globale comprenant le Programme national de transition énergétique et la Stratégie nationale d’efficacité énergétique, destinés à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à améliorer la performance énergétique.
À travers ces différentes initiatives, l’Algérie réaffirme sa volonté de renforcer sa résilience face aux effets du changement climatique. La CDN insiste, toutefois, sur la nécessité d’une solidarité internationale accrue, estimant que l’ampleur des pertes et préjudices dépasse les seules capacités nationales de prévention et d’adaptation.
R. S.
