
La transformation numérique s’impose progressivement comme l’un des grands chantiers de modernisation de l’État algérien. Au cœur de cette dynamique, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, accorde une importance particulière à la généralisation de la numérisation dans les différents secteurs, considérée comme un outil d’amélioration de la gestion publique, de modernisation des services et de renforcement de la transparence.
Cette orientation concerne également le secteur de l’Éducation nationale, appelé à poursuivre et à accélérer sa transformation numérique durant l’année scolaire 2026-2027. Le chef de l’État a régulièrement insisté sur la nécessité d’aller vers une administration davantage numérisée et fondée sur des données fiables, dans le cadre d’une transformation numérique globale du pays. En janvier dernier, il avait notamment salué le niveau atteint par la numérisation des informations et des données dans les différents secteurs.
Pour le président de la République, la numérisation ne doit pas se limiter à la création de plateformes ou à la dématérialisation de quelques procédures. Elle doit progressivement toucher l’ensemble des domaines de l’action publique et permettre une gestion plus précise, plus rapide et davantage fondée sur des données fiables. En juillet 2026, Abdelmadjid Tebboune avait ainsi souligné que l’entrée de l’Algérie dans l’ère de la numérisation devait nécessairement s’accompagner d’un système statistique de grande précision, afin de disposer d’indicateurs fiables pour la prise de décision.
Dans l’Éducation nationale, cette vision se traduit par la volonté de disposer d’un système d’information plus intégré, capable de suivre avec précision les effectifs, les personnels, les établissements et les différents besoins du secteur. La numérisation devient ainsi progressivement un instrument de pilotage du système éducatif, mais également un moyen de simplifier les démarches pour les élèves, les parents et les personnels.
Un chantier renforcé pour 2026-2027
Pour la nouvelle année scolaire, le ministère de l’Éducation nationale prévoit de poursuivre le projet de transformation numérique du secteur en coordination avec le Haut-Commissariat à la numérisation. Parmi les principales orientations figure l’achèvement du raccordement des bases de données et leur échange entre les différentes institutions et organismes concernés. L’objectif affiché est de renforcer la gouvernance du secteur et d’améliorer la qualité des services numériques destinés à l’ensemble de la famille éducative.
Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui, a d’ailleurs qualifié la transformation numérique de « choix stratégique irréversible », appelant à poursuivre la numérisation des différents domaines de gestion, à actualiser les bases de données et à assurer leur intégration avec l’écosystème numérique national.
Cette démarche doit également permettre de renforcer la qualité des statistiques scolaires et d’améliorer le suivi des élèves. La constitution de bases de données interconnectées doit, à terme, faciliter la planification des besoins en matière d’établissements, d’encadrement et de moyens pédagogiques, tout en permettant une meilleure anticipation des évolutions des effectifs scolaires.
La numérisation touche également directement les familles. L’espace dédié aux parents constitue désormais l’un des principaux points d’accès aux services numériques du secteur. L’intégration de cet espace au portail national des services numériques gouvernementaux s’inscrit dans la volonté de regrouper progressivement les prestations publiques dans un environnement numérique plus accessible. Cette évolution traduit la volonté de faire du numérique un outil quotidien dans la relation entre l’administration scolaire et les citoyens.
Le processus concerne aussi les documents et procédures administratifs.
Le recours croissant aux documents délivrés électroniquement participe à la dématérialisation des démarches et à la réduction progressive du recours au papier dans le prolongement de la politique nationale de transformation numérique.
Par ailleurs, la généralisation des équipements numériques dans les établissements scolaires constitue un autre volet important de cette stratégie. Le ministère avait annoncé la poursuite du projet de généralisation des tablettes électroniques dans les écoles primaires, avec l’objectif d’intégrer davantage les technologies de l’information et de la communication dans les apprentissages et de moderniser les moyens pédagogiques.
De la gestion numérique à l’école de demain
L’enjeu dépasse donc la seule informatisation des procédures administratives. À travers la numérisation, l’Éducation nationale cherche progressivement à moderniser son mode de fonctionnement, à améliorer la circulation de l’information et à rapprocher davantage les services publics des citoyens.
Cette orientation s’inscrit dans la vision plus large défendue par le président de la République pour l’ensemble du pays. L’objectif est de faire de la donnée numérique un instrument de gestion et de décision, tout en réduisant les lourdeurs administratives. Le lancement et la généralisation progressive des services numériques à l’échelle nationale participent de cette même démarche. Le portail national des services numériques doit notamment contribuer à améliorer la gestion publique et à réduire certaines dépenses.
Dans le secteur éducatif, cette transformation doit donc être accompagnée d’une amélioration des infrastructures, de la fiabilité des bases de données et de la formation des personnels à l’utilisation des nouveaux outils. La réussite de cette mutation dépendra également de la capacité à assurer une utilisation homogène des solutions numériques dans les différentes régions du pays.
Pour 2026-2027, le cap est ainsi clairement fixé : poursuivre l’interconnexion des données, développer les services numériques, renforcer le suivi informatisé de la scolarité et accélérer la modernisation des outils de gestion et d’apprentissage.
La numérisation apparaît désormais comme l’un des leviers de la réforme de l’école algérienne, conformément à l’orientation présidentielle visant à faire entrer progressivement l’ensemble des secteurs dans une nouvelle étape de transformation numérique.
À plus long terme, cette évolution doit également préparer les élèves aux mutations technologiques qui accompagnent l’économie et la société. À partir de 2027-2028, le ministère prévoit notamment l’introduction d’une filière « informatique » dans l’enseignement secondaire, en réponse aux transformations numériques et aux besoins de développement national.
L’école algérienne se trouve ainsi au cœur du chantier national de numérisation. Après avoir touché progressivement les services administratifs et les relations avec les usagers, le numérique est appelé à prendre une place croissante dans le fonctionnement de l’établissement scolaire, dans le suivi des élèves et, progressivement, dans les pratiques pédagogiques.
Une évolution qui traduit la volonté de faire de l’école un acteur à part entière de la transformation numérique engagée à l’échelle nationale.
Alger 16
