
La Confédération générale du travail (CGT) a appelé, dimanche dernier, à une mobilisation nationale pour ce mardi, aux côtés des lycéens, des étudiants et des personnels de l’éducation, sur fond de contestation sociale et de tensions autour du projet de budget pour 2027, a indiqué le syndicat dans un communiqué.
La centrale syndicale a fait savoir qu’elle se tiendrait « aux côtés des lycéens et des personnels de l’éducation, mobilisés le 6 octobre ». Elle invite également ses structures locales à rejoindre les cortèges organisés à travers l’Hexagone et à contribuer à structurer le mouvement, notamment par des appels à la grève là où des préavis ont été déposés.
Le syndicat a plus particulièrement exhorté les salariés de l’énergie à débrayer. Une démarche partagée par plusieurs organisations du secteur éducatif — parmi lesquelles la FSU, Solidaires et SUD-Éducation —, qui ont également lancé un mot d’ordre de grève et d’appel à manifester pour la même journée. Amorcée à la mi-septembre en région parisienne, la fronde lycéenne a progressivement gagné l’ensemble du territoire. Les contestataires protestent principalement contre la pénurie d’enseignants et de personnel d’encadrement, la surcharge des classes, la dégradation des conditions d’études, ainsi que la vétusté des infrastructures scolaires. Sur le plan sécuritaire, les bilans divergent. D’après les autorités françaises relayées par les médias, plus de 5.000 interpellations ont eu lieu, la semaine dernière, dont une large majorité (85 %) de mineurs, tandis que plus de 170 élèves et 65 membres du personnel auraient été blessés depuis le lancement du mouvement. De son côté, la CGT avance des chiffres moindres concernant les interpellations — près de 3.000 jeunes — tout en faisant état de 170 blessés parmi les lycéens et étudiants, auxquels s’ajoutent des membres du personnel.
Cet embrasement social coïncide avec les vives tensions générées par le projet de budget pour 2027, dévoilé jeudi dernier en Conseil des ministres. Pour redresser les comptes publics et ramener le déficit de 5,4 % du PIB en 2026 à 5 % l’année prochaine, l’exécutif a programmé un effort global de 54 milliards d’euros, dont 43 milliards reposant sur des mesures inédites. Pour sa part, le ministère de l’Économie précise que ce plan repose sur une maîtrise accrue des dépenses publiques, assortie de dispositions touchant directement les retraites, la santé, les prestations sociales et divers postes de dépenses de l’État.
Déjà engagée lors de la journée de mobilisation de la fonction publique du 29 septembre — qui avait rassemblé, selon ses estimations, plus de 300.000 agents à travers le pays —, la CGT qualifie le nouveau projet budgétaire d’incompatible avec les revendications portées lors des mouvements précédents.
La journée d’aujourd’hui s’annonce ainsi comme un moment fort de convergence des luttes, unissant les revendications de la jeunesse, les doléances des personnels de l’éducation et les mots d’ordre syndicaux face à la politique sociale et économique du gouvernement.
Sur fond d’inquiétudes croissantes au sein de l’opinion, la France traverse une crise socio-économique profonde, plombée par la dégradation des finances publiques et de vifs clivages politiques — au point de faire ressurgir le spectre d’une résurgence du mouvement des « Gilets jaunes ».Entre impératif de rigueur budgétaire et risque d’embrasement de la rue, la capacité du gouvernement à désamorcer cette contestation pluri-sectorielle s’annonce décisive pour les prochains mois.
Zineb Bouzid
