Pour la stabilité du marché gazier : Le GECF, une opportunité pour discuter sur des actions communes

Par Ammour Ryad

Le 7e Sommet du Forum des chefs d’État et de Gouvernement des pays exportateurs de gaz (GECF), qui se débute à Alger aujourd’hui et se poursuivra jusqu’à 2 mars, offrira une tribune pour discuter des évolutions récentes sur la scène énergétique mondiale, notamment au cours des années 2022 et 2023, selon l’expert russe en énergie, Igor Yushkov. Il n’écarte pas la possibilité d’une collaboration entre les pays participants pour stabiliser le marché gazier.

Dans une interview avec l’APS, M. Igor, universitaire et analyste à la Fondation russe de la sécurité énergétique, a souligné que le 7e sommet du GECF en Algérie offrira une tribune pour aborder les évolutions actuelles sur le marché mondial du gaz. Cela inclut notamment la question du climat et les efforts des pays occidentaux en faveur de la décarbonation et du développement des sources d’énergie renouvelable.

Dans ce cadre, l’expert russe a identifié les points essentiels qui seront étudiés lors du 7e sommet du GECF. Il a souligné que les participants devraient discuter de la demande mondiale de gaz dans les années à venir, en raison de l’intensification des politiques de décarbonation, en particulier celles de l’Union européenne, qui sont déjà préconisées depuis plusieurs années.

« L’UE est la plus active en matière de décarbonation et de développement des sources d’énergie renouvelable. Cela est logique, car les pays européens ne veulent pas accroître leur dépendance aux importations de produits énergétiques. Ils préfèrent miser sur les énergies renouvelables », a expliqué M. Igor, soutenant que « cette politique avait un impact significatif sur le marché mondial du gaz ».

En même temps, les entreprises des pays exportateurs de gaz, qui ont engagé des sommes considérables dans l’exploitation de nouveaux gisements ou la mise en place d’infrastructures de transport de gaz telles que les usines de GNL ou les gazoducs, pourraient se retrouver dans l’incapacité de rentabiliser leurs investissements. Cela pourrait résulter d’une diminution de la demande, d’un éventuel excès d’offre entraînant une chute des prix du gaz, du pétrole et du charbon.

De telles prévisions devraient être examinées lors de ce 7e sommet qui constitue également, selon le même expert, une occasion de revenir sur les changements survenus au niveau du marché gazier durant les années 2022-2023.

« Le principal défi de l’industrie gazière mondiale reste l’instabilité »,a-t-il encore soutenu en citant particulièrement les pénuries d’approvisionnement sur le marché mondial et la hausse des prix enregistrées dans le contexte de la crise ukrainienne.

« Bien que le marché mondial du gaz soit actuellement en train de se stabiliser, une nouvelle vague de changements est toujours possible dans un avenir proche. Des ruptures de livraisons gazières pourraient se produire, ce qui entraînerait une nouvelle hausse des prix, notamment en Europe. En Asie, surtout en Chine, il pourrait y avoir également une hausse de la consommation », a-t-il également expliqué.

« Cependant, entre 2026 et 2030, de nombreuses usines de GNL seront mises en service dans le monde, entre autres, aux Etats-Unis, au Qatar et en Australie. Cela entraînera une augmentation de l’offre sur le marché mondial et une baisse des prix. Et une période de prix bas réduira l’intérêt d’investir dans de nouveaux projets gaziers à travers le monde. Cela signifie qu’après 2030, il y aura à nouveau une pénurie. Ces problèmes peuvent être discutés et débattus lors du sommet du GECF à Alger », a avancé  M. Igor.

Tout en soulignant le caractère consultatif du Forum des pays exportateurs de gaz, l’expert russe n’écarte pas la possibilité que les membres du GECF discutent à Alger de la faisabilité d’entreprendre des actions concertées sur les marchés du gaz en vue de les stabiliser.

Concernant le rôle de l’Algérie sur le marché gazier, M. Igor a mis en avant les capacités et les vastes opportunités de développement énergétique d’un pays qui assure l’approvisionnement énergétique de l’Europe à travers une gamme complète de sources, incluant le gaz, le pétrole, les énergies renouvelables et l’hydrogène.

M. Igor a également souligné que l’Algérie peut offrir à l’Europe une coopération dans le domaine de l’électricité en développant des centrales solaires sur son territoire et en investissant dans la production d’hydrogène.

ALGER 16 DZ

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